L’entrave

 

etrav

Ce lundi 7 mars, j’étais bien décidé à bousculer mon égo, car le manque d’exercice physique me faisait perdre les forces dont j’avais expressément besoin. Je n’avais pas choisi le bon jour pour mettre le nez dehors, car il faisait frais, voir même froid lorsqu’un vent de l’est venait par vagues successives me fouetter le visage. Mon initiative ne m’apporta pas la satisfaction don j’avais escompté, j’eus donc tôt fait d’abandonner la partie.  

Je rentrai chez moi frustré de me sentir freiné par je ne sais quelle entrave. Était-ce un manque occasionnel de motivation ? Était-ce la fatigue cumulée depuis trop longtemps ? Étais-je tout simplement en train de faire le dos rond sous les coups de boutoirs d’un malin qui ne manquait pas une seule opportunité pour me rappeler sa supériorité au combat.     

Je ne pouvais pas remettre au lendemain ce que je n’avais pas pu faire ce jour, car un programme peu réjouissant m’attendait au CAC de l’espoir.

Ainsi donc je n’échappais pas à un nouveau contrôle médical, puisque mon 53ème scanner était programmé en ce début d’après-midi du 8 mars. Il n’y avait pas foule sur la nationale 249, à l’heure où nous mîmes le cap sur Nantes, la plupart des usagers de la route étaient encore installés devant leur déjeuner.

Ma grande expérience de ce genre de voyage ne me préservait pas, loin s’en faut, d’un stress qui se manifestait sans que je ne puisse faire autre chose que de tenter de le maîtriser. Lorsque nous atteignîmes notre but, la vision des bâtiments du centre ne firent qu’accentuer le phénomène.    

Plus la direction du CAC de l’espoir programmait la création de nouveaux parkings, et plus le nombre de voitures augmentait, cette fois encore nous dûmes nous résigner à garer notre véhicule beaucoup plus loin que prévu. 

L’entrée principale était bouclée, des flèches nous indiquaient la direction que nous devions prendre. Nous contournâmes donc le bâtiment sur la droite, et nous empruntâmes ensuite un dédale de couloirs qui nous conduisit là où nous étions attendus.

L’accès habituel avait été exceptionnellement condamné pour préserver l’intérieur de  l’édifice des très fréquents courants d’airs. L’immense hauteur du plafond, l’étendue des lieux conjugués avec l’ouverture quasi permanente des portes automatiques, faisaient qu’il était impossible d’y maintenir une température correcte.

Les architectes avaient conçu un hall d’accueil digne de celui d’une gare ultra moderne, en privilégiant la beauté, au détriment de la fonctionnalité. Depuis longtemps j’avais remarqué durant l’hiver que chaque box occupé pas le personnel de réception était équipé d’un radiateur électrique, et le plus souvent ce même personnel était chaudement couvert. Cette déperdition incommensurable de chaleur était un non-sens absolu, un budget énergétique abyssal dont je n’osais imaginer le montant. Je m’étonnais que ni le directeur général du centre, ni ses acolytes n’aient pas eu l’idée de prendre cette mesure plus tôt. Il était indéniable que le résultat en valait la chandelle, malades, accompagnants et personnel, tout le monde semblait s’y retrouver.   

Les démarches administratives étant faites, nous gagnâmes l’ascenseur pour accéder au second étage, service d’imagerie médicale. Je n’avais pas remis les pieds dans le secteur examens au scanner depuis plusieurs mois, mais j’avais l’impression d’y être déjà venu la veille. La salle d’attente était pleine, mais entre ambulanciers, accompagnants et patients, au final on n’était pas si nombreux à attendre que notre nom soit prononcé.

La porte de la cabine numéro trois s’ouvrit, et cette fois c’était mon tour. J’appréciais le lieu car il disposait d’une fenêtre ouverte vers l’extérieur, et donc d’une lumière naturelle, ce qui me paraissait moins lugubre que l’enfermement et l’éclairage aux néons des autres cabines.   

Le manipulateur en électroradiologie était nouveau au CAC de l’espoir, mais il avait débuté sa carrière à Angers. Indiscutablement le jeune homme aimait le contact avec ses malades. Même si je lui avais parlé de ma grande expérience en ce domaine, il me reprécisa point par point le déroulement de l’examen. La pose de cathéter fut un jeu d’enfant, manifestement les veines de mon bras droit se refaisaient une santé. Il me quitta quelques minutes puis revint me chercher pour passer dans la salle d’examen.

« Regardez monsieur la preuve que nous vous attendions ! »

Cette petite phrase sympathique avait été formulée pour que je constate par moi-même l’affiche électronique de mon nom sur l’imposante machine.



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