Ma vie de tous les jours

trésor

Le produit de contraste m’avait chauffé l’organisme plus que de coutume mais à présent je me sentais beaucoup mieux.  

« Est-ce que pour vous l’examen c’est bien passé monsieur Gautier? De mon côté je n’ai pas eu de problèmes ! »

Je répondis par l’affirmative, puis l’aimable jeune homme m’aida à me redresser de la table, avant de m’accompagner à la cabine. Il m’abandonna le temps que la perfusion fasse son travail, c’est-à-dire celui de me laver les veines, il revint ensuite ôter mon cathéter avant de me coller un pansement.

Toujours soucieux du bien-être de ses patients le manipulateur n’oubliait aucune miette de ce qu’il devait me dire, conformément à sa formation.

« N’oubliez pas de boire abondamment pour éliminer le produit ! »

Je lui répondis une fois encore par l’affirmative.

Je savais que je n’aurais pas les résultats du scanner avant mon rendez-vous chez l’oncologue  le mardi de la semaine suivante, mais je savais aussi qu’il allait m’inviter à patienter au côté des autres malades, afin que le médecin puisse vérifier la netteté des clichés.  

Je n’avais pas de bons souvenirs du précédent examen effectué en ce lieu. L’attente avait été très longue, et j’avais eu beaucoup de mal à contrôler mes réactions épidermiques. Pour ne pas faire subir mon anxiété à mon entourage, j’avais dû arpenter plusieurs fois en long et large les couloirs du service, avant d’entendre avec soulagement la phrase libératrice.

« Mon Gautier ? Vous pouvez partir ! »

Cette fois je me promettais de ne pas me laisser dicter par mes sentiments. Je prévoyais un bon quart d’heure de patience avant que l’une des portes ne s’ouvre et qu’apparaisse une silhouette blanche  venant  me donner le top de départ. Pour tuer le temps, j’entrepris donc de faire un peu de gymnastique d’esprit.

Remplir une grille de mots fléchés avait complètement accaparé mes pensées, mais à présent j’avais besoin de fermer les yeux pour juguler une indicible forme de lassitude. Je tentai par tous les moyens de ne penser à rien, pour faire barrière aux ondes négatives, vectrices d’instabilités émotionnelles. L’exercice était difficile, et je n’ignorais pas que ma résistance ne s’installerait pas dans la durée. Lorsque je me sentis faiblir, je m’efforçai de réagir en feuilletant une de ces revues on ne peut plus froissées, mise à la disposition du public.

Il y avait désormais bien plus d’un quart d’heure que j’étais sorti de la salle de préparation, et nous étions comme Anne, nous ne voyions rien venir.   

Cette fois je me sentais petit à petit débordé par l’anxiété, sans n’avoir aucune possibilité de stopper le processus en marche.  

La souffrance psychologique était aussi douloureuse, que les serres d’un rapace vous déchirant la chair, il fallait que je réagisse, aussi je pris la solution de sortir arpenter le couloir dans l’espoir de soulager ‘’ma peine’’.   

Si le médecin tardait tant à me laisser partir c’était sans doute qu’il avait trouvé quelque chose d’anormale, les idées noires me traversaient la tête à la vitesse du vent. Mon raisonnement était incohérent et sans fondement, mais compte-tenu de mon état de frayeur, je ne pouvais pas en être conscient.

Si l’attente était insupportable pour moi, Chantal commençait de son côté à manifester quelques signes d’impatience, il y avait à présent plus d’une demi-heure que j’étais sorti de la cabine de préparation et rien ne se passait, il fallait impérativement réagir.

Elle profita d’une nouvelle apparition du manipulateur en radiologie pour lui faire remarquer que nous étions toujours là. Il devait en parler au médecin, et allait nous tenir au courant.

Il fallut moins de cinq minutes pour qu’une jeune femme vienne nous donner l’autorisation de quitter les lieux, nous en conclûmes que nous avions tout simplement été oubliés, ce qui contribua à ma rassurer quelque-peu.

Pour l’heure j’étais plutôt pressé de m’engouffrer dans la voiture afin de quitter au plus vite le CAC de l’espoir, je voulais revenir à ma vie de tous les jours celle que l’on peut parfois trouver banale lorsque l’on est en bonne santé, mais qui vaut tout l’or du monde lorsque la faucheuse vous menace à chaque tournant de rue.

A l’heure où nous partions, les bouchons sur le périphérique nantais n’allaient sûrement pas manquer de retarder notre route, nous avions plus que l’habitude de ce genre d’inconvénient, aussi allions-nous devoir encore une fois prendre notre mal en patience.  



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