Un cadeau valant de l’or

investir-dans-l-or

Comme l’après-midi de la veille je fus soulagé de quitter les lieux, le plus dur restant à faire, revenir le mardi suivant pour entendre les résultats. Pour l’heure je ne souhaitais qu’une seule chose m’enfuir au plus vite, en laissant derrière moi tout ce qui ce qui  pouvait me rappeler l’angoisse de la maladie.

La voiture n’était pas garée tout prêt, il fallait descendre en contrebas, et l’exercice sans être insurmontable me donnait un peu de fil à retordre, d’autant qu’un vent violent venu du nord, me tétanisait les muscles du visage. Je fus soulagé de m’engouffrer dans l’habitacle de notre véhicule. Il nous restait encore à affronter les encombrements du périphérique nantais, avant de retrouver nos pénates.  

Même si mon esprit me donne la force d’avancer, mon organisme lui me dit au contraire de ne pas pousser le bouchon trop loin, et je sais qu’il faut parfois lui obéir. Ces deux jours consécutifs passés à Nantes ne faisaient confirmer la chose, car je me sentis totalement vidé de mon énergie lorsque beaucoup plus tard que prévu, nous arrivâmes enfin à notre domicile

Le hasard du calendrier voulait que le jeudi 10 mars j’avais rendez-vous cette fois avec mon généraliste. Là encore le praticien accusait un peu de retard, et je me disais que durant ces trois jours, nous avions poiroté en cumul deux heures trente au-delà des horaires convenus, être patient n’était pas un vain mot.

Le docteur C me trouvait une mine radieuse, mes battements cardiaques étaient dignes de ceux d’un cœur de jeune homme, de plus ma lésion était en passe de guérir définitivement. Fort de ses remarques, je sortis de son cabinet me voulant un peu plus confient, à quelques jours de me confronter à mes résultats d’examens.  

Nous approchions d’un week-end plutôt réjouissant, car nous allions fêter l’anniversaire de ma fille, en même temps que nous allions pendre la crémaillère de sa nouvelle maison.

J’étais assis devant mon ordinateur en ce vendredi du 11 mars, lorsque Chantal vint me chuchoter à l’oreille qu’il serait bon de prendre l’apéritif, je lui en demandai la raison.

L’oncologue avait pris soin de téléphoner pour nous rassurer quant aux résultats de mon scanner et de mon IRM.

« Je ne voulais pas que vous passiez un weekend à vous morfondre, sachez que le rapport des radiologues indiquent une parfaite stabilisation de la maladie. »

Ainsi donc au moment où je m’y attendais le moins, cet appel téléphonique venait me libérer d’un fardeau qui n’allait pas tarder à peser très lourd sur mes épaules. C’était le plus précieux des cadeaux que l’oncologue  pouvait m’offrir moins d’un mois avant la date de mon anniversaire.    

Il y allait avoir bientôt onze ans que je fréquentais le CAC de l’espoir et par conséquent le docteur R,  depuis lors nos rapports n’avaient eu de cesse d’évoluer. Nous avions d’abord appris à nous connaître, puis d’une relation distante, nous étions passés au stade d’une relation de confiance et de sympathie mutuelle. Cette fois j’avais le sentiment qu’une certaine forme d’amitié était en train de naître, le geste qu’il venait de faire à mon égard en était la preuve.  

Ainsi donc les trois jours qu’ils nous restaient à passer avant de retourner à Nantes furent marqués du sceau de la tranquillité d’esprit. 

En ce mardi 15 mars 2016, outre notre sérénité, nous eûmes aussi le soleil pour nous accompagner le temps de notre trajet vers le CAC de l’espoir. Nous fûmes encore une fois relégués vers le parking le plus éloigné, et il fallut encore une fois faire l’effort de grimper la côte pour parvenir à l’entrée du hall d’accueil.

Chantal prit un ticket d’ordre d’arrivée, et nous attendîmes très peu de temps avant d’être reçu. La femme chargée d’enregistrer ma présence sourit. J’eus l’impression d’avoir déjà eu à faire à elle, et je lui en fis la remarque. Elle aussi nous avait  reconnu, le hasard ayant voulu que nous nous présentions pour la troisième fois en huit jours à son guichet.  

Le service consultations du second étage foisonnait de monde, nous étions à l’heure mais comme souvent le docteur R accusait un retard important. Nous nous installâmes donc dans la salle d’attente munis de nos précieux passe-temps, livre et mots fléchés.

Lorsque nous nous assîmes à notre tour à proximité du cabinet du médecin, j’aperçus de suite que la vallée du Lison n’avait toujours pas regagné sa place. Le crochet restait sans son cadre sur un mur désespérément blanc, il avait également disparu du bureau de N ce qui me laissait penser que sa restauration ne se ferait pas.



La Moldau de Bedrich Smetana

images

 

Cette fois j’en étais sûr, mon tour était enfin arrivé, je me préparai donc à entendre prononcer mon nom incessamment sous peu.

J’avais rempli contentieusement le questionnaire que l’on m’avait envoyé avec le courrier de la convocation. Je tenais fermement entre mes mains ce même questionnaire, ma feuille de résultat de prise de sang, ainsi que la boîte contenant mon produit de contraste.

« Monsieur Gautier ? »

Une jeune femme souriante m’invita à m’installer dans la cabine, elle s’empara de mes encombrantes affaires, me conseilla pour plus de confort de me déshabiller un maximum, et enfin me quitta un bref instant, me laissant le temps de quitter mes vêtements et d’enfiler ma blouse d’examen, avant de me poser un cathéter.

Elle revint toujours avec le même sourire rassurant pour maltraiter bien involontairement mes veines, puis me tendit un plateau pour que j’y pose mes prothèses auditives.

« A partir de cet instant, il va falloir hausser le ton, sinon vous n’obtiendrez pas grand-chose de moi ! »

« Je suis habitué monsieur, je vais m’adapter ! »

Quelque minutes plus tard elle m’introduisit dans l’antre du loup, et m’aida à m’allonger sur la bête. Un de ses collègues arriva à sa rescousse pour l’aider à me fixer efficacement sur la table d’examen de manière à ce que je ne puisse pas bouger, puis il me plaça la tête dans une cage antenne capable de capter les signaux émis par l’organisme, afin de les transformer en images exploitables.

« Quelles musique préférez-vous monsieur ? »

« Principalement la musique classique, mais je suis capable de tout entendre à l’exception du RAP. »

Elle me posa délicatement le casque d’écoute sur les oreilles, puis m’introduisit dans la main droite la poire à actionner en cas d’urgence.

Le personnel médical ayant quitté la salle, j’eus la fausse impression d’être livré à moi-même. La table sur laquelle j’étais solidement rivé se mit à bouger, et je fus engagé en quelques secondes dans le tunnel.   

Instantanément une vague de chaleur incommodante me submergea, j’eus un bref instant de panique, puis je me mis à souffler pour contrôler mon état d’esprit.

Dans un premier temps la machine demeura silencieuse, puis elle commença à émettre des bruits métalliques, tels ceux d’un marteau piqueur, bruits qui couvraient même parfois le son musical diffusé par mon casque d’écoute. Je n’étais pas étonné d’entendre ce ‘’curieux bruitage‘’, car j’en étais à mon 4ème IRM et je connaissais parfaitement la sensation que l’on peut éprouver lorsque l’on est placé dans ces conditions. Mieux j’étais plutôt rassuré de l’entendre, alors que j’exécrais les moments où la machine restait silencieuse.

La Moldau de Bedrich Smetana berçait mes pensées, je connaissais ce morceau de musique par cœur, et je fredonnais dans ma tête les notes en même temps que l’orchestre jouait sa partition. Ceci avait pour avantage de me faire passer le temps sans perdre patience.     

« Je vais vous injecter le produit de contraste monsieur ! Il restera dix minutes avant d’en finir avec cet examen. »

« Dix minutes ? »

« Oui ! »

J’avais tenu les dix premières minutes sans trouver le temps trop long, il fallait que je cherche le moyen d’en faire autant durant cette seconde partie d’examen.

« Dix minutes cela fait six cent secondes, et si je me mettais à compter jusqu’à six cent ! »

L’idée qui venait de me germer dans l’esprit ne tarda pas à passer à la trappe, j’eus la flemme de compter au-delà des cent cinquante. 

J’en revins aussitôt à mes ‘’premières amours’’, écouter et me concentrer sur ce que j’entendais dans mon casque. Cette fois c’était la voix d’une cantatrice interprétant un extrait d’opéra qui était susceptible d’attirer mon attention. Je ne connaissais ni cette chanteuse, ni l’air qu’elle était en train d’interpréter, mais je passais un excellent moment. Je n’eus même pas le plaisir d’entendre la fin du morceau, je sentis ma table bouger, et mes yeux retrouvèrent subitement la lumière des néons.

« Vous allez bien monsieur ? »

« Ma fois oui ! J’ai bien fait de vous écouter en me débarrassant de me polo et de mon t-shirt, car la sensation de chaleur est parfois assez désagréable à supporter. J’avais l’impression que cette chaleur était accentuée lorsque j’entendais les vibrations de la machine ? »

« Oui c’est tout à fait normal »

Elle me délivra ensuite des accessoires qui entravaient mes mouvements, puis m’aida à me redresser, avant de m’accompagner jusqu’à la salle de préparation.

Elle me laissa un certain laps de temps pour que ma perfusion finisse de me laver les veines, puis elle vint me débarrasser de mon cathéter avant de me saluer, pour disparaître définitivement.



Le chemin parfois boueux de la vie

 

le chemin de la vie

Le chemin de la vie est parfois boueux, un jour le vent tournera direction: meilleur!
Alors accrochons-nous ! La chance de vivre, c’est d’abord la chance d’avoir existé, même pour un temps très court. Un concept tout simple qui rend le film si cher, et qui nous apprend que la mort n’est rien, que la vie est tout. Restez tous tels que vous êtes, généreux, sympathiques, et aussi avec tous vos défauts pour que nos échanges verbaux restent riches de tout ce que nous sommes. Continuons à nous préoccuper des uns et des autres, et peut être servirons nous d’exemple à d’autres pour que demain soit plus beau.
Aimer, ce n’est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C’est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu’il y a quelqu’un au bout qui dit d’une voix douce et calme : avance, continue d’avancer, n’aie pas peur, tu vas y arriver.

Philippe Besson.

Un corps qui n’en peut plus, mais c’est quand on a un genou à terre et que nos bras et notre cœur sont las de combattre qu’il faut puiser, au fond de notre âme, cette force pour se relever. Le souvenir des visages aimées, les sourires reçus et, même si le combat semble insurmontable rien n’est impossible. Je vous offre mon sourire et mes forces pour combattre et gagner ce combat et qu’importe le temps, vous ne ne serez jamais seules dans cette bataille.
L’amitié est la plus belle faveur, Que peut nous apporter notre existence. C’est une grande douceur dans ce monde de douleurs. Quand tout va mal, que tout est contre vous et que vous pensez ne pas pouvoir vous accrocher une minute de plus à la vie, ne renoncez jamais car c’est peut-être le moment et l’endroit où le vent va tourner.

Harriet Stowe

Merci à Butterfly 191 de m’avoir offert ce moment de méditation



Une longue attente

atta

En quittant notre domicile aux alentours de 13h15, pour un rendez-vous fixé 75 minutes plus tard, nous étions persuadés de rentrer à l’heure de la collation, au lieu de cela nous revînmes très peu de temps avant celle du diner.

Le contre temps que nous avions subi, m’avait mis dans un tel état de stress que j’avais épuisé toute mon énergie, pour tenter de le combattre. A présent je n’étais qu’une loque avec un seul désir, celui de rejoindre mon lit pour y trouver enfin le repos.

J’étais nauséeux, et mes intestins n’étaient pas loin eux non plus de reprendre les armes, les deux litres de sulfate de Baryum  que j’avais avalé pour moitié la veille de mon scanner, et pour l’autre moitié ce jour d’examen, n’arrangeaient rien à l’affaire, poutant mon état de fatigue l’emporta sur le reste, aussi je m’endormis plus rapidement qu’à l’accoutumé.

Au petit matin toutes les vilaines épreuves de la veille étaient effacées, pourtant dès le début d’après-midi nous dûmes reprendre le même chemin pour retrouver cette fois le service IRM, où mon dernier examen datait du 13 mai 2014, examen au terme duquel j’avais appris une bien triste nouvelle, celle de la présence d’une tumeur osseuse au niveau de mes cervicales.

Cette nouvelle IRM prescrite par le docteur R avait pour but de vérifier si les cinq séances de rayons subites entre le 16 et 21 mai 2014 avaient bien eut l’effet curatif escompté, car l’œdème tenace qui me déformait le cou l’intriguait au plus haut point. Il cherchait une explication, et j’espérais bien que cette explication ne soit pas la résurgence de la maladie. 

Quoiqu’un vent tenace exigeât de maintenir fermement le volant, le ciel était plus bleu que la veille, et la nationale 249 légèrement plus encombrée. Nous arrivâmes au CAC de l’espoir largement dans les temps, nous dûmes cependant nous résoudre à stationner bien loin de l’entrée principale du bâtiment. 

Les démarches administratives accomplies, nous rejoignîmes l’ascenseur pour atteindre le second étage. Traditionnellement le service IRM était moins peuplé que celui du scanner, car cette examen durait pas moins de 20 minutes, l’équipe médicale ne pouvait donc pas convoquer trop de malades dans la même journée. Dans ce contexte nous nous retrouvâmes en présence d’une femme apparemment non accompagnée, et d’un couple de personnes âgées.

Le voyant rouge des deux cabines indiquait qu’elles étaient occupées, il fallait s’asseoir et attendre comme nous étions condamnés à le faire bien plus qu’à notre tour, et depuis déjà bien trop longtemps.

La dame visiblement stressée n’en finissait pas de regarder dans ma direction, elle cherchait peut-être à travers moi le moyen de rompre sa solitude, ou peut-être attendait-elle un sourire de réconfort, que je lui accordai bien volontiers.     

J’entrepris comme la veille de feuilleter sans grand intérêt un magazine périmé et mainte fois manipulé par d’autres patients, nous avions dépassé l’heure de rendez-vous, mais mes nerfs ne semblaient pas en être affectés.  

Mon attention fut soudain attirée par le cliquetis d’une serrure qui s’ouvrait. Une jeune fille apparut dans l’encadrement de la porte et alla rejoindre celle que j’avais prise pour une patiente. Le visage déconfit de l’adolescente trahissait une forte angoisse, tandis que sa mère cachait la sienne en lui adressant de larges sourires et en lui chuchotant quelques petites phrases réconfortantes à l’oreille.   

La manipulatrice en radiologie pénétra dans la salle d’attente et appela la vieille dame qui abandonna son mari l’espace d’un moment, le laissant dans un état d’esprit que je n’avais pas beaucoup de peine à imaginer.

Cette fois le service accusait pas mal de retard, je sentais la tension monter en moi, tension qui agissait d’ailleurs sur ma vessie puisque je devais emprunter les toilettes à espaces réguliers.

Le CAC de l’espoir avait pour politique de ne pas révéler les résultats aux patients, seuls les médecins qui avaient prescrit l’examen était habilité à le faire. La mère et la fille avaient obtenu une dérogation car elles attendirent d’être reçues par le radiologue avant de quitter les lieux. Apparemment l’adolescente n’avait pas matière à s’inquiéter, car ce fut la mine épanouie qu’elles sortirent du cabinet, ne manquant pas d’envoyer des SMS à leurs parents et amis, avant de disparaître tout à fait. 

Nous n’étions plus que trois dans la salle d’attente, et je m’étonnai que personne ne soit arrivé après moi. J’en étais là de ma réflexion lorsque le cliquetis de la serrure me ramena sur le terrain. Un homme grand et baraqué sorti énergiquement de la cabine, emprunta les toilettes, et nous quitta à la vitesse d’un éclair, sans nous adresser le moindre sourire, ni même le moindre mot.  



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie