Une longue attente

atta

En quittant notre domicile aux alentours de 13h15, pour un rendez-vous fixé 75 minutes plus tard, nous étions persuadés de rentrer à l’heure de la collation, au lieu de cela nous revînmes très peu de temps avant celle du diner.

Le contre temps que nous avions subi, m’avait mis dans un tel état de stress que j’avais épuisé toute mon énergie, pour tenter de le combattre. A présent je n’étais qu’une loque avec un seul désir, celui de rejoindre mon lit pour y trouver enfin le repos.

J’étais nauséeux, et mes intestins n’étaient pas loin eux non plus de reprendre les armes, les deux litres de sulfate de Baryum  que j’avais avalé pour moitié la veille de mon scanner, et pour l’autre moitié ce jour d’examen, n’arrangeaient rien à l’affaire, poutant mon état de fatigue l’emporta sur le reste, aussi je m’endormis plus rapidement qu’à l’accoutumé.

Au petit matin toutes les vilaines épreuves de la veille étaient effacées, pourtant dès le début d’après-midi nous dûmes reprendre le même chemin pour retrouver cette fois le service IRM, où mon dernier examen datait du 13 mai 2014, examen au terme duquel j’avais appris une bien triste nouvelle, celle de la présence d’une tumeur osseuse au niveau de mes cervicales.

Cette nouvelle IRM prescrite par le docteur R avait pour but de vérifier si les cinq séances de rayons subites entre le 16 et 21 mai 2014 avaient bien eut l’effet curatif escompté, car l’œdème tenace qui me déformait le cou l’intriguait au plus haut point. Il cherchait une explication, et j’espérais bien que cette explication ne soit pas la résurgence de la maladie. 

Quoiqu’un vent tenace exigeât de maintenir fermement le volant, le ciel était plus bleu que la veille, et la nationale 249 légèrement plus encombrée. Nous arrivâmes au CAC de l’espoir largement dans les temps, nous dûmes cependant nous résoudre à stationner bien loin de l’entrée principale du bâtiment. 

Les démarches administratives accomplies, nous rejoignîmes l’ascenseur pour atteindre le second étage. Traditionnellement le service IRM était moins peuplé que celui du scanner, car cette examen durait pas moins de 20 minutes, l’équipe médicale ne pouvait donc pas convoquer trop de malades dans la même journée. Dans ce contexte nous nous retrouvâmes en présence d’une femme apparemment non accompagnée, et d’un couple de personnes âgées.

Le voyant rouge des deux cabines indiquait qu’elles étaient occupées, il fallait s’asseoir et attendre comme nous étions condamnés à le faire bien plus qu’à notre tour, et depuis déjà bien trop longtemps.

La dame visiblement stressée n’en finissait pas de regarder dans ma direction, elle cherchait peut-être à travers moi le moyen de rompre sa solitude, ou peut-être attendait-elle un sourire de réconfort, que je lui accordai bien volontiers.     

J’entrepris comme la veille de feuilleter sans grand intérêt un magazine périmé et mainte fois manipulé par d’autres patients, nous avions dépassé l’heure de rendez-vous, mais mes nerfs ne semblaient pas en être affectés.  

Mon attention fut soudain attirée par le cliquetis d’une serrure qui s’ouvrait. Une jeune fille apparut dans l’encadrement de la porte et alla rejoindre celle que j’avais prise pour une patiente. Le visage déconfit de l’adolescente trahissait une forte angoisse, tandis que sa mère cachait la sienne en lui adressant de larges sourires et en lui chuchotant quelques petites phrases réconfortantes à l’oreille.   

La manipulatrice en radiologie pénétra dans la salle d’attente et appela la vieille dame qui abandonna son mari l’espace d’un moment, le laissant dans un état d’esprit que je n’avais pas beaucoup de peine à imaginer.

Cette fois le service accusait pas mal de retard, je sentais la tension monter en moi, tension qui agissait d’ailleurs sur ma vessie puisque je devais emprunter les toilettes à espaces réguliers.

Le CAC de l’espoir avait pour politique de ne pas révéler les résultats aux patients, seuls les médecins qui avaient prescrit l’examen était habilité à le faire. La mère et la fille avaient obtenu une dérogation car elles attendirent d’être reçues par le radiologue avant de quitter les lieux. Apparemment l’adolescente n’avait pas matière à s’inquiéter, car ce fut la mine épanouie qu’elles sortirent du cabinet, ne manquant pas d’envoyer des SMS à leurs parents et amis, avant de disparaître tout à fait. 

Nous n’étions plus que trois dans la salle d’attente, et je m’étonnai que personne ne soit arrivé après moi. J’en étais là de ma réflexion lorsque le cliquetis de la serrure me ramena sur le terrain. Un homme grand et baraqué sorti énergiquement de la cabine, emprunta les toilettes, et nous quitta à la vitesse d’un éclair, sans nous adresser le moindre sourire, ni même le moindre mot.  



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie