Le carburant de la vie

fuel

Bien trop souvent j’ai eu la nostalgie du passé, particulièrement celui de jours heureux, rendant le quotidien bien trop amer.

Me contenter uniquement de ce que je possède plutôt que d’envier une vie que je n’ai pas,  que je n’ai plus, ou que je n’aurais plus jamais, voilà le travail accompli quotidiennement par  mon esprit, pour faire de  l’instant présent, le carburant de ma vie.

                                                                                         J Gautier 25 juillet 2016

 

 

Mes cinq séances de radiothérapie tout autant agressives que nécessaires m’avaient conduit à consulter deux mois plus tard  le docteur M, et j’en étais à ma dixième visite. Je n’avais jamais remarqué jusqu’alors que les différentes affiches posées sur les murs de la salle d’attente contribuaient à créer un climat anxiogène, propice à la diffusion d’ondes négatives. Il était question de reconnaître les signes avant-coureurs de l’AVC pour l’une, d’encourager le dépistage du SIDA pour l’autre, la troisième promettait aux grands fumeurs un cancer à cous terme, etc. J’arrêtai là mon inspection, et me tournai plutôt vers une revue dotée de peu d’intérêt, mais qui avait au moins l’avantage d’orienter mes pensées vers des horizons plus légers.

Les médecins se succédaient à un rythme régulier appelant un à un leurs patients, mais au fur et à mesure que la salle se désemplissait, d’autres patients arrivaient pour combler le vide. Chantal m’avait rejoint depuis un bon moment, pourtant je n’étais toujours pas le prochain malade sur la liste du docteur M. 

Jusqu’à présent l’ORL avait toujours été ponctuel, mais cette fois il accusait un retard important, ce qui mettait en péril l’organisation de mon emploi du temps.

Le fait de poiroter un peu plus qu’à l’accoutumé ne me mettait pas réellement en rogne, mais force était de constater que depuis quelques temps un grain de sable venait enrayer la machine, à chacun de mes projets.

Après avoir suivi mon traitement pendant plusieurs jours, j’avais décidé sans attendre l’avis d’un médecin, de remettre mes prothèses auditives. Je ne savais pas ce que l’ORL allait me dire à l’issue de cet entretien, mais au moins j’allais être en mesure de suivre la conversation, à l’inverse de mon expérience chez le généraliste, une dizaine de jours plus tôt.

Comme dit le proverbe, tout vient à point à qui sait attendre, j’étais donc enfin invité à suivre le spécialiste jusqu’à son bureau. Il était étonné de me voir devant lui, aussi s’inquiéta-t-il de savoir si mes ennuis de santé s’étaient aggravés.

Au niveau de l’audition mes capacités à entendre restaient les mêmes, j’en avais la conviction et il considéra que ce n’était déjà pas si mal que ça.  

Il me proposa de m’assoir dans son fauteuil d’examen, et muni de son otoscope, débuta son travail d’exploration. Les gouttes d’Ofloxacine avaient produit leur effet, mais le généraliste n’ayant pas en possession la petite machine pour aspirer les impuretés, je restais encore un sujet à risque, aussi se mit-il immédiatement à l’ouvrage, pour combler cette dangereuse lacune.

Je ressentais comme une impression désagréable de sussions, parfois même je sursautais légèrement pour signifier l’apparition d’une douleur, bref je n’étais pas des plus détendus, et j’avais hâte de voir apparaître la fin de l’opération.

Le diagnostic était toujours le même, la trompe d’Eustache était à l’origine de bien des maux, vertiges, bourdonnement et douleur des oreilles, et associé à la perforation des tympans elle était aussi la cause de ma perte d’audition, et sans doute pas étrangère à la persistance de cet œdème qui me déformait le cou.  

L’ORL me répéta également ce que j’avais déjà entendu. De sa carrière de médecin c’était la première fois qu’il rencontrait un cas comme le mien. Je me serais bien passé d’une ‘’telle notoriété’’.

Nous regagnâmes son bureau, il s’y installa, et préconisa la reprise des soins en établissant une ordonnance d’Ofloxacine.

Avant que nous prenions congé, il nous annonça qu’il quitterait en juillet le centre hospitalier pour vaquer à de nouveaux projets dans une autre région. La nouvelle nous désappointait car il faisait partie des médecins que nous apprécions le plus. Comme dit le proverbe, on sait ce que l’on perd, mais on ignore ce que l’on gagne, il fallait pourtant composer avec. Cette vilaine surprise me fit oublier de lui demander conseil sur l’utilisation ou non de mes prothèses durant la période de traitement.

Nous sortîmes du service largement en retard par rapport à l’habitude, comme je l’ai déjà signalé précédemment mon emploi du temps était largement mis à mal par cet imprévu, mais le pire était à venir, une ambulance s’était garée perpendiculairement à l’arrière de notre voiture, nous immobilisant par la contrainte pour un bon moment, contrecarrant par la même, un peu plus mes projets.

 



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