Ne pas vendre la peau de l’ours

la peau de l'ours

 

Période estivale oblige, le centre accueillait un peu moins de visiteurs qu’à son accoutumé, nous eûmes d’ailleurs aucun mal à nous garer. Il  ne fallut que peu de temps pour accomplir les démarches relatives à mon arrivée, avant de nous rendre ensuite au premier étage du bâtiment.  

L’espace réservé aux patients était peu occupé, et j’espérais par conséquent une courte attente.

L’épreuve de l’examen n’était pas anodine, et j’avais beau être coutumier du fait, je percevais une certaine forme de nervosité qui me conduisit illico presto aux toilettes.

Malgré les multiples pathologies infligées par le malin, je ne me sentais plutôt en forme.

L’homme installé à ma droite me donnait une raison supplémentaire de me rassurer, car contrairement à ma mine radieuse, comme je le tenais de mon entourage, il paraissait à l’inverse pas mal affaibli par la maladie. Le teint blafard, le visage émacié, il avait des difficultés à prononcer ne serait-ce que quelques mots à sa femme, pourtant assise à ses côtés. J’avais pour lui des raisons de m’inquiéter, quoique personne ne soit à l’écart des bonnes ou des mauvaises surprises.

‘’Mon compagnon de galère’’ fut appelé avant moi, une femme sortit d’une autre cabine de préparation, je me tins sur mes gardes.  

La salle numéro trois me rappelait de bons souvenirs, elle s’ouvrit sur le visage souriant d’une jeune femme, qui m’invita à la rejoindre. Le soleil inondait de lumière les lieux, ce qui différait des autres cabines de préparation, où l’éclairage néon ne faisait qu’empirer la sensation d’angoisse qui me tenaillait le ventre, lorsque je n’avais pas d’autres choix que de m’y enfermer.

Elodie, c’était le prénom inscrit sur le badge épinglé à sa blouse, faisait montre d’une gentillesse et d’une loquacité rarement égalée.

Elle me posa les questions d’usage, et me laissa seul quelques instants, afin qu’elle puisse demander l’avis du radiologue, concernant mes problèmes d’insuffisance rénale. Je connaissais la réponse sur le bout des doigts, mais je ne jugeai pas nécessaire d’intervenir, car je savais avec certitude que l’opératrice ne tiendrait pas compte de mes remarques.

« Votre créatinine étant un peu élevée, nous allons vous injecter que la moitié de la dose de produit de contraste. »

Elle marqua un temps de silence, afin de préparer son matériel pour me poser ensuite un cathéter.

« Avez-vous déjà passé un scanner monsieur ? »

« Comment vous dire !!! Malheureusement oui, j’en suis à mon 54ème 

Elle écarquilla les yeux.

« Celui-ci ne sera qu’un examen de routine, votre teint est resplendissant. »

Je n’aime pas beaucoup vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, pourtant la jeune femme m’insufflait des ondes positives qui me donnaient assez de punch pour affronter le trop long moment d’attente avant les résultats.

« Quel bras préférez-vous que je vous pique ? »

« Les veines de bras droits sont bien fatiguées, essayons de ‘’maltraiter’’ plutôt celui de gauche. »

Elle s’exécuta en trois temps trois mouvements, et l’opération s’effectua sans que je ne ressente aucune douleur.

« Super je n’ai absolument rien perçu ! »

« Vous savez ça fait partie de mon métier de poser un cathéter ! »

Je me souvenais pourtant d’examens précédents, où l’introduction d’une aiguille dans l’une de mes veines, n’avait pas été une partie de plaisir, et ce malgré l’expérience de l’opératrice, je lui en fis d’ailleurs la remarque.

« Bon je crois que nous allons pouvoir nous rendre dans la salle d’examen ! »

 Le ronron de la machine m’était familier, mais il en n’était pas pour autant plus rassurant. Je m’allongeai sur la table comme j’avais l’habitude de le faire, puis j’attendis patiemment que mon corps tout entier soit introduit dans le tunnel.

Tour à tour j’entendis les ordres rituel pour un bon résultat des clichés, et sentis ensuite la chaleur m’envahir des pieds à la tête, puis enfin le moment de regagner ma cabine arriva.   

Elle me laissa de nouveau seul, le temps que la petite poche d’eau stérile accrochée sur le pied à perfusion finisse de me laver la veine.

J’eus tout le loisir d’apprécier une nouvelle fois le soleil et le ciel bleu à travers la fenêtre qui donnait sur une autre aile du bâtiment, une météo qui incitait fortement à l’optimisme.

« Voilà monsieur, je vais pouvoir enfin vous libérer. N’oubliez pas de boire abondamment pour aider votre rein à éliminer le produit de contraste. Bonne journée ! »

Je me levai, enfilai le peu de vêtements que j’avais quitté, puis je sortis pour rejoindre Chantal, qui ferma son livre, avant que nous sortions des lieux.  

 

 



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