La solitude psychologique du malade

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Tant que tout va bien dans notre vie, tant que nous réussissons à concrétiser nos projets, nous pouvons affirmer que nous éprouvons un sentiment de ‘’bonheur’’, ou du moins une certaine forme de ‘’ bien-être’’. Encore faut-il en avoir conscience, mais c’est là un tout autre débat.

Généralement la santé, la réussite sociale, la réussite de notre vie intime, nous confortent dans cette manière de sentir les choses.

Ce sentiment de bien-être est d’ailleurs renforcé par le retour que nous pouvons recevoir de notre entourage.

Le regard des autres, les rapports que nous avons avec nos semblables, lorsqu’ils sont de bonne qualité, nous rassurent dans l’idée que l’on se fait de soi-même. (Je suis entouré et apprécié, je dois donc être quelqu’un de bien.)  

Lorsque la maladie vient bouleverser la donne, les regards croisés, méfiants, fuyants ou évoquant de la pitié, voire même de la peur, transforment la solitude du patient en souffrance. L’isolement psychologique prend la forme d’un fossé infranchissable entre la personne atteinte d’une pathologie potentiellement mortelle et ses semblables.

J’ai bien connu cette situation des plus inconfortables, c’est la raison pour laquelle j’ai toujours privilégié le dialogue au mutisme, le sourire aux larmes, et les attitudes positives à celles que mon environnement aurait du mal à supporter. Le travail est parfois bien difficile à accomplir, mais il s’avère plus que nécessaire.     

 

                                                                            J Gautier le 11 octobre 2016

 

 

Cette fois je n’étais pas la cause de ce énième contretemps,  Chantal s’était en effet fracturée le poignet gauche, en chutant lourdement dans le jardin.

Ainsi donc, avant même d’avoir franchi le cap de mes deux consultations médicales, la date fatidique du mercredi 24 août 2016 mettait un terme à notre projet d’escapade au grand air iodé de la mer.

La valise pouvait rester prendre la poussière, il fallait en effet une nouvelle fois réorganiser notre vie en fonction de cet évènement pour le moins mal venu.

Notre état d’esprit positif nous laissait à penser que les choses finiraient bien un jour par s’arranger, pour l’heure il fallait composer avec l’acharnement du destin.

J’ignore encore si l’incident fut quelques jours plus tard à l’origine d’une déstabilisation de mon état de santé, toujours est-il que mon cœur qui comptait parmi les enfants sages, se mit brusquement à me causer des soucis.

Comme je l’ai maintes fois mentionné dans mes écrits, lors de mes crises arythmiques, j’ai l’impression qu’un Alien est en train de se débattre vigoureusement à l’intérieur de ma poitrine.  Au plus fort des troubles cardiaques, des étourdissements apparaissent plus ou moins intenses, m’interdisant peu à peu de faire autres choses que de patienter dans un fauteuil en attendant l’accalmie.

Justement cette situation très inconfortable m’empoisonnait depuis quelques jours le matin au réveil, sapant mon moral que je n’avais pourtant de cesse de protéger, contre les coups de boutoirs de la maladie. 

Parmi plusieurs autres déjà testés, l’Amiodarone était le seul médicament capable de m’apporter un réel soulagement. En contrepartie de ma prise quotidienne de ce traitement, il me fallait accepter non sans conséquences dans ma vie de tous les jours,  l’un de ses effets indésirables les plus perverses, une interdiction absolue de m’exposer au soleil sous peine de graves brûlures, et voilà que son action positive sur mon état de santé semblait battre dangereusement de l’aile. 

J’étais à la fois profondément contrarié et profondément inquiet de cette réalité des faits, aussi m’interdisais-je de penser à de bien vilaines choses.

Les épisodes de fatigue intense, je ne les connaissais que trop bien, et ils tendaient malheureusement à se multiplier. J’avais 50 ans lorsque la maladie avait été diagnostiquée, j’en avais à présent 62 ans, et si dans les premiers temps je pouvais encore vivre à peu près normalement, l’exercice devenait malheureusement de plus en plus difficile. Le retour de ces crises arythmiques venait compléter un tableau déjà assez sombre, et j’en étais bien désolé, je priais  ‘’L’être suprême’’ pour que la situation revienne le plus vite possible à la normale, c’était  pour l’heure mon seul et unique recours.

Quelques jours s’étaient écoulés depuis le passage de Chantal à l’hôpital, en ce 1 septembre j’avais mon rendez-vous chez le généraliste. Cette rencontre était régulièrement fixée tous les trois mois, elle me donnait l’opportunité de faire le bilan sur mes différents pathologies ‘’annexes’’  au cancer.

Dans un premier temps Chantal fut à ‘’ l’honneur’’ son bras résiné attira l’attention du médecin. Il avait reçu le compte-rendu du chirurgien, aussi voulait-il se rendre compte par lui-même de l’évolution de la situation.

Ensuite se fut mon tour, prise de poids, tension, souffle etc… Comme de bien entendu mon cœur battait normalement, le docteur C ne voyait aucune anomalie susceptible de l’inquiéter. Il consentit pourtant à établir un courrier pour mon cardiologue. Je sortis de son cabinet pas plus rassuré qu’en rentrant, je ne pouvais pas disposer du personnel médical 24 heures sur 24, j’étais donc une fois encore assurer d’affronter la prochaine crise dans l’angoisse de ma solitude de malade.

D’ailleurs il ne valait mieux pas espérer l’assistance de mon cardiologue dans un bref délai, car conformément aux difficultés rencontrés par la profession, faute de spécialistes, mon rendez-vous ne pouvait être arrêté qu’en février de l’année 2017.  



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