Le chemin de la normalité

lion

 

La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre.

 

                                                                          David Cronenberg


Le cancer est une maladie éprouvante et quand elle atteint un stade avancé, elle engendre des conséquences psychiques et physiques qui influent indéniablement sur le quotidien, sur le bien-être du patient, mais aussi sur celui de sa famille. L’annonce de la maladie est perçue comme un tremblement de terre qui vient définitivement ébranler votre vie de tous les jours, avec la perspective cauchemardesque de son anéantissement.

Le diagnostic amène avec lui des bouleversements phénoménaux qui nécessitent des adaptations au quotidien et obligent la famille à se restructurer, à se réorganiser en fonction des nouvelles donnes imposées par le cancer.

Porter sur les épaules le poids de tant de souffrance ne peut être possible que par la présence des proches, qui de leur côté se doivent d’égratigner une partie de leur propre existence. La famille représente indéniablement un rempart qu’aucune autre forteresse ne peut égaler.

Le travail pour retrouver une certaine forme de stabilité est long et périlleux, l’irritabilité de malade ou la maladresse des accompagnants peuvent créer des tensions qu’il est nécessaire d’apprivoiser.

Il faut écarter l’idée de ne pas se sentir épaulé, personne de l’entourage ne s’est préparé à une telle épreuve, et ce même entourage fait ce qu’il peut pour s’adapter à cette situation plus que périlleuse.

Il est urgent pour la famille et le malade de ne pas se laisser gagner par la panique, le seul moyen de bien gérer l’état des choses, c’est de prendre le temps nécessaire pour clarifier son esprit. Au prix de bien des combats, il sera alors possible de prendre le recul nécessaire pour comprendre que le malheur n’est pas une fatalité.

Prendre du recul jusqu’à l’acceptation ne voudra pas dire pour autant baisser les armes, au contraire chacun de son côté le patient comme ses accompagnants trouverons alors l’énergie nécessaire, afin de regagner peu à peu du terrain sur le chemin de la ‘’ normalité ‘’.     

 

                                                                          Joël Gautier 19 octobre 2016

 

Irritabilité, sautes d’humeur, manque d’entrain, fatigue musculaire ou difficulté de concentration sont autant d’obstacles au maintien d’un bon équilibre nerveux et émotionnel. Je connais bien le problème car j’y suis confronté tous les jours avec plus ou moins de succès, mon état de santé physique ou mental pouvant en effet faire obstacle au travail que je n’ai de cesse d’accomplir sur moi-même.  

Pour garder la tête froide, ma vie de malade doit être réglée comme un cahier à musique, et pour ce faire, j’ai besoin de m’appuyer sur un certain nombre de rassurants repères. Ainsi un simple petit grain de sable est en mesure de me déstabiliser durablement dans ma quête vers un semblant de sérénité. 

La chute de Chantal et ses conséquences n’avaient pas manqué de chambouler un programme méticuleusement établi, aussi étais-je dans la situation d’un GPS (la rapidité en moins) qui doit recomposer son itinéraire après une erreur de direction. Tout s’embrouillait dans ma tête. Je réalisais pleinement que durant ces 12 dernières années ma résistance autant physiologique que psychique face aux multiples difficultés rencontrées, n’avait été possible que grâce à un accompagnement suffisamment solide à mes côtés, et qu’il en serait de même pour les années à venir.   

L’arythmie cardiaque qui était réapparu sans crier gare, m’avait tenu en alerte permanente durant quelques jours, mais voilà qu’elle semblait rentrer dans les rangs. Je voulais espérer que l’incident n’avait été qu’une fausse alerte, et que l’Amiodarone n’avait pas dit son dernier mot quant à son efficacité.

La rentrée scolaire avait eu lieu, chacun avait repris ses activités en gardant en mémoire les souvenirs de vacances particulièrement chaudes et ensoleillées. Il y avait six ans que nous n’étions pas partis pour un séjour excédant les deux jours, une fois encore nous allions nous contenter d’écouter le récit de voyage des personnes de notre entourage. Je n’étais pas amer, car je n’oubliais pas la chance que j’avais de faire mieux que de survivre après un peu plus d’une décennie de tempêtes en tous genres.

De fil en aiguille nous approchions du mardi 20 septembre, date à laquelle nous allions retrouver mon ‘’fidèle’’ oncologue, le teint halé par le soleil généreux de cette saison estivale malheureusement passée.

 

 



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