Du paradis à l’enfer

arbre

La maladie nous oblige à faire le deuil aussi bien de notre santé que de notre identité de personne en bonne santé, elle remet en causes pas mal de nos projets de vie et souvent même hypothèque notre avenir.

L’annonce de l’apocalypse est une onde de choc qui nous déconnecte sur le champ du monde qui nous entoure. En moins de temps qu’il faut pour le dire, nos pensées se paralysent et notre organisme se liquéfie. Nous reprenons cependant quelques peu nos esprits, nous remarquons alors que notre compagne est en larmes, nous n’avons donc pas fait un mauvais rêve, le médecin vient de nous enfouir la tête dans les ténèbres.

Le traumatisme s’exprime à travers le corps, et nous ressentons alors le froid puis le chaud nous envahir, des perles de sueurs s’écoulent de notre front, notre gorge se resserre, le silence nous assaille,  nous n’avons plus la force de déglutir, bref nous n’existons plus.

Totalement figé, incapable de nous extériorisez par des larmes ou par des cris, nous sommes déjà au royaume des morts, avant même d’en  avoir franchi le seuil.

L’incrédulité nous gagne, nous formons autour de nous un bouclier de protection pour nous préserver de la violence des coups, l’essentiel étant de ne pas penser l’impensable.   

Puis vient le temps de chercher la meilleure façon de reprendre les rênes de notre existence, l’acceptation étant le travail primordial à accomplir. Nous ne pouvons pas nous battre contre quelques choses dont nous refusons l’existence. Aussi crue soit-elle, il faut  nous accommoder de la réalité, et lorsque nous  sentons de nouveau nos pieds toucher le sol, le combat pour la vie peut alors commencer.   

Le chemin est long et semé d’embuches, il n’épargne ni le malade ni ses proches ni même le reste de son environnement. Comment en effet ne pas se révolter contre l’injustice, il n’y a pas pire châtiment qu’une injustice irréparable. Notre colère doit se manifester coûte que coûte.  Certes mais contre qui ? Les membres plus ou moins proches de la famille, les voisins, la société, l’environnent, l’être suprême, tous endossent tour à tour le rôle de bouc émissaire.

Ni la fureur, ni l’inertie ne nous apportent le soulagement de l’esprit, elles ne font que nous polluer la tête d’une vilaine et insoutenable  amertume. Nous comprenons alors que notre angoisse, nos ressentiments, notre peur, ne seront canalisés que par une activité combative. Connaître, apprendre, tout comprendre, collaborer avec le milieu médical, bref ne pas mourir idiot, seront notre leitmotive.    

Pour l’heure nous sommes encore en gare, et le chemin d’un avenir incertain va être long, des multiples opérations, des traitements lourds, des illusions, des désillusions, de la souffrance, beaucoup de souffrance vont jalonner à rythme régulier notre trajet. Ce que l’on ignore c’est que durant notre périple nous vivrons une merveilleuse aventure humaine, aventure humaine qui viendra nous réchauffer de ses rayons solaires, dans les pires moments de ce si long voyage.

 

                                                                         

Chers tous !

Le 2 décembre de l’année 2004 un jeudi à 10 heures précise ma vie bascula du paradis lumière à l’enfer. Elle fut plongée à travers une brume impénétrable,  dans un gouffre sans fond, dans la noirceur des abysses. J’aurais été bien incapable à cette époque de vous faire part de mes sentiments concernant l’effroyable réalité de la maladie. Il m’aura donc fallu 11 ans 10 mois 20 jours de vécu pour vous transmettre malgré tant d’épreuves ce message tinté d’espoir.

 

 

Joël Gautier 22 octobre 2016

 

 



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