La source de rumination provisoirement tarie

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Le peuple français a construit son actuel statut national grâce aux droits qu’il a acquis en manifestant sa colère justifiée contre une classe sociale qui jouissait injustement de scandaleux privilèges.

Malheureusement les intellectuels de la bourgeoise ont coupé la tête à la noblesse, se sont emparés de ses biens, et  de ses  hauts privilèges en piétinant allégrement les droits de l’homme et du citoyen. La  populace  quant à elle s’en est allé rejoindre sa misère, sans comprendre à quoi avait servi la révolution.    

Si les conditions économiques des trente glorieuses ont permis d’améliorer et de manière vertigineuse les conditions de vie des populations agricoles et ouvrières, qui n’avaient donc pas vraiment bénéficié des ‘’ bienfaits’’ de la révolution, la crise économique que nous traversons et les inévitables adaptations que nous devons opérer afin d’y faire face, nous rappelle à tous que rien est jamais définitivement acquis.

Dans une société d’égoïsmes telle que la nôtre, chacun considère que les efforts à accomplir sont pour les autres, d’où un rapport de force qui tourne toujours à l’avantage des plus influents.

D’une manière ou d’une autre il faut avoir à l’esprit que les riches détiennent les rênes du pouvoir, et ils n’ont pas intérêt à ce que ça change. Dans ces conditions, il est bien difficile pour quelque gouvernement que ce soit de prendre des décisions que tiennent compte de l’intérêt général.  

L’injustice a toujours existé, et elle existera toujours, une nouvelle révolution ne pourrait donc pas changer les choses, sinon les compliquer. Je tremble à l’idée que nous sommes peut-être à la veille d’une telle hypothèse.

SI les gens dans le besoin sont ceux qui se plaignent le moins, les classes sociales dites moyennes  ou aisées au lieu de se contenter de ce qu’elles ont, préfèrent se tordre l’esprit à envier untel ou untel considéré comme mieux loti. Une course à l’échalote dont les plus nécessiteux sont les grands perdants.  

Nous fustigeons les ultra riches accrochés bec et ongles à leur compte en banque, mais à bien regarder,  nous ne sommes pas vraiment meilleurs qu’eux lorsque le destin nous a honnêtement épargné du besoin.  

Dans notre mémoire sélective on oublie qu’en fonction du pays où l’on habite, du niveau culturel que nous possédons, de la profession que l’on exerce et la liste n’est pas exhaustive, certains passe-droits, certaines attributions, certaines faveurs nous sont accordés, que d’autres n’ont pas. Que ces prérogatives soient de moindres importances ou qu’elles soient plus ou moins outrancières, nous ne sommes pas prêts de vouloir en faire le sacrifice. Lorsque nos petites faveurs semblent menacées nous grognons à tous les niveaux de la société en oubliant que l’effort également réparti serait en mesure d’améliorer les conditions économiques, en réduisant une fracture sociale qui fait bouillir dangereusement la marmite.

Cet état d’esprit ne fait pas avancer les choses, bien au contraire. Les conséquences d’un système qui n’arrive pas à se réformer sont mêmes très visibles, en effet des catégories de populations de plus en plus fragilisées par le système économique mondial actuel apparaissent au grand jour, populations qui sont en train de payer le prix fort du chacun pour sa gueule. 

Que vient faire ce discours dans un blog consacré à la maladie me direz-vous !

La maladie et sa prise en charge est l’affaire de tous et non de quelques-uns.

Revenons aux machines à fric que sont les groupes pharmaceutiques qui s’en foutent plein la poche sur le dos des malades mais aussi sur le dos de tous ceux qui cotisent une assurance santé solidaire.

Aucun des dirigeants planétaires,  ne se révolte contre cet état de fait, sans doute en raison de son impuissance face à ses les indéboulonnables lobbyings, et peut-être aussi en raison de la sauvegarde de ses propres intérêts.

Pour illustrer ce que je viens de dire, le prix vertigineux de certaines molécules contribue parmi bien d’autres raisons à assassiner l’équilibre des finances sociales lorsqu’elles existent, mettant en danger sans le moindre scrupule une protection santé pourtant on ne peut plus précieuse. Chacun des parties campant sur décisions, les firmes ne feront pas d’efforts pour aider à assainir des comptes qui en auraient bien besoins, et la masse populaire de son côté contestera toutes nouvelles cotisations décidées par le gouvernement. Les médias se faisant l’écho du mécontentement général, l’état restera donc indéfiniment prudent dans ses tentatives de réformes  se contentant de mesurettes bien peu efficaces pour un avenir plus qu’incertain.   

En France on est plutôt très bien loti en matière de couverture maladie, personne à l’air d’en être conscient, pourtant le bon fonctionnement de cette couverture sociale ne dépend pas d’un simple coup de baguette magique, il repose essentiellement sur la responsabilité citoyenne de tous. A force de ne jamais vouloir lâcher du lest, la dette abyssale continuera donc à se creuser jusqu’au point de non-retour, et ce jour-là tout le monde sera perdant, les actionnaires des riches firmes pharmaceutiques ou des laboratoires de recherche, le milieu médical public ou privé, et leurs indénombrables clients.

 

 

                                                                          Joël Gautier 17 novembre 2016

 

 

Je ressentis comme un pincement au ventre lorsque je me mis à songer à cette prochaine échéance qui allait être synonyme d’un nouveau contrôle au scanner, avec son cortège d’incertitudes et de stress.

« Me voilà encore un fois face à mes démons ! »

« Pourquoi dîtes-vous ça ? »

« Parce que je n’aime guère l’idée d’établir un nouveau bilan médical, malgré ma longue expérience en la matière, je n’arrive pas du tout à m’y faire ! »

L’oncologue ne répliqua pas, il semblait observé par ses pensées. Il posa son calendrier sur la table, puis il se tourna vers l’écran de son ordinateur, enfin il commença à tapoter sur les touches du clavier. Un long silence s’établit ensuite.

« Bon je viens d’étudier vos trois derniers scanners, compte-tenu des résultats, je pense que nous pouvons nous permettre de reporter à janvier un nouvel examen ! Qu’en dîtes-vous ? »

Je lui répondis par un sourire et un hochement de tête approbateur.

Pour l’heure il reprit son encombrant calendrier entre les mains, car entre-temps il fallait bien fixer une date intermédiaire, la chimiothérapie ne pouvant pas être ordonnée au-delà de deux mois.

« Est-ce que vous êtes d’accord pour que nous nous revoyons le 22 novembre ? »

« Je n’y vois pas d’inconvénients ! »

Cette dernière phrase conclut notre entretien, nous nous levâmes pour rejoindre le bureau de sa secrétaire, puis il prit congé de nous.  

Il était tard lorsque l’ambulance emprunta le périphérique, et le trafic dense de l’aller ne s’était pas résorbé, bien au contraire. Notre conductrice n’avait rien perdu de sa verve, et je me demandais bien comment elle pouvait se concentrer sur les dangers de la circulation, alors qu’elle alimentait sans répit la conversation.

Nous arrivâmes à notre domicile aux environs de 20 heures, nous avions passés trois fois plus de temps dans la voiture, qu’avec l’oncologue, aussi étais-je bien fatigué de la route, mais satisfait à l’idée que ma source  de rumination serait tarie au moins jusqu’au fêtes de fin d’année.  Certes ce délai prolongé jusqu’à janvier allait me permettre de souffler un peu plus longtemps, mais de toute manière c’était reculer pour mieux sauter, mon destin ne me permettant pas de fuir une réalité décidément bien difficile à assumer.  

 

 

 



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