La virulence de mon ennemi

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Le secteur médical, suit la même évolution que les autres secteurs de l’activité économique, lorsqu’il s’agit d’inciter les gens à consommer à tout va.

Cette société de surabondance où règne l’esprit du profit avant tout ne mesure pas les conséquences à plus ou moins long terme de son insouciance.

Petite goutte d’eau dans la mer, je vous l’accorde, le conditionnement des médicaments par exemple souvent non adapté au besoin réel du malade, entraîne un gaspillage de produits pharmaceutiques qui partent à la poubelle faisant fi des coûts supportés inutilement par la communauté via l’assurance sociale, ou via les différentes mutuelles de santé.

Pour un oui ou pour un non on a pris l’habitude de consulter un médecin pour de petites indispositions qui se guérissaient autrefois sans intervention d’un professionnel et donc sans prise de médicaments autres que ceux de nos grand-mères.

Si on rajoute à cela les progrès sans cesse renouvelés de la médecine et de la chirurgie qui engendrent justifiés ou non des tarifs de plus en plus élevés pour le traitement de la maladie, on se rend bien compte qu’un jour ou l’autre il faudra revenir indubitablement à la raison.

Cela est de moins en moins vrai en raison des dépassements d’honoraires de certains médecins du privé, et aussi en raison de soins spécifiques chers et mal remboursés, mais comme je l’ai signifié lors de mon précédent article, en France nous bénéficions d’une protection sociale globalement honnête  que bien des pays parmi les plus riches nous envient. La presque gratuité dans certains cas des soins semble tellement naturelle aux citoyens français qu’une remise en cause de ce privilège provoquerait un séisme humanitaire dont je n’ose imaginer l’ampleur. 

Pourtant cette couverture santé n’est pas financée par l’opération du Saint Esprit, les patrons, les salariés etc. tout le monde met la main à la pâte pour que ce système fonctionne de manières optimum. L’effort n’est pas des moindre et il serait bon de le soulager car il entraîne parfois un surcoût de main d’œuvre peu favorable face à une concurrence étrangère inégale, et souvent le dépôt de bilan et le licenciement du personnel deviennent inévitables.

Alors pourquoi cette mentalité qui consiste  par tous les abus possibles à exploiter pour les uns  le filon sans retenu d’un système beaucoup trop laxiste à leur égard, et pour les autres de ne rien trouver à y redire dans la mesure où les cotisations payés en déduction de leur bulletin de salaire leur ouvrent, du moins c’est ce qu’ils pensent, la porte à tous les droits.

La solidarité est en danger, il faut être dans la merde jusqu’au coup pour se rendre compte à quel point elle est importante pour la survie de tous. Pour l’heure tout le monde s’en fou, certains professionnels comme la plupart des particuliers gaspillent imprudemment ou inconsciemment ‘’ la pomme jusqu’au ‘’trognon’’.

Je suis plongé dans l’enfer de la maladie depuis bientôt douze ans, et si je suis encore en vie c’est avec l’appui du corps médical, avec celui de ma famille, mais pas seulement. Je peux écrire cet article en partie grâce  à l’aide pécuniaire publique, merci donc à tous ces gens en bonne santé qui travaillent et qui cotisent pour me donner l’accès à des traitements inaccessibles si je devais les financer. 

Pour mesurer la chance que nous avons d’être français, à titre d’exemple en douze ans j’ai couté à la société en moyenne 45 000 euros par année, soit environ 540 000 euros jusqu’à ce jour, ce qui vous donne concrètement l’ampleur de l’aide que l’ensemble des assurés a pu m’apporter, et pour mesurer l’intérêt de préserver même avec de gros sacrifice notre précieux système de santé.

 

Joël Gautier le 23 novembre 2016

 

En douze ans  j’avais subi examens sur examens, mais c’était la première fois que le délai entre deux scanners était fixé à six mois d’intervalle. Pris en charge par une clinique choletaise dès les premiers temps de ma maladie, j’avais subi pas moins de trois opérations en un peu plus de six mois. Ces interventions chirurgicales effectuées dans l’urgence n’avaient pas servi à grand-chose, puisque l’oncologue de l’époque conscient de son impuissance face à l’agressivité du mal, m’avait dirigé vers le CAC de l’espoir.

A partir de ce moment-là ayant été retenu pour participer au protocole d’essai thérapeutique d’un  traitement médical révolutionnaire sensé freiner la propagation des cellules malignes du cancer rénal, le laboratoire finançant ce protocole d’étude clinique nous avait imposé à l’équipe médicale et à moi-même un programme de suivi drastique que j’avais accepté en signant la vingtaine de pages d’une chartre d’engagement à laquelle je devais donc me soumettre sans la moindre réserve.

Electrocardiogrammes, prise de sang, renouvellement de chimiothérapie, questionnaire médical poussé à son paroxysme et autres se succédaient à un rythme mensuel, seul un scanner de contrôle était fixé tous les deux mois.    

Deux ans après avoir servi ‘’de cobaye’’  le laboratoire avait mis fin à l’étude satisfait des bons résultats obtenus par les différents centre médicaux participants au programme, à la suite de quoi j’avais été réintégré dans le circuit normal des protocoles de soins à la charge de la société.

Néanmoins l’oncologue avait trouvé bon de continuer pendant quelques temps encore la fréquence d’un scanner tous le deux mois puis l’avait prolongée de 2 mois supplémentaires, les visites intermédiaires se trouvant espacées d’autant.

Ce rythme nouveau qui supprimait pas mal d’allées et venues au CAC de l’espoir nous allait comme un gant, car il me permettait entre deux visites de prendre toujours plus de distance avec la maladie.

Cette fois l’oncologue allait encore plus loin puisqu’il m’accordait un répit de six mois, un nouvelle qui m’avait ravi lors de ma visite septembre, mais qui dans ma tête me posait à présent problème. 

Il me revenait à la mémoire deux périodes d’optimisme débordant qui soldées à chaque fois par de bien mauvaises surprises. La première était celle ou avec mon accord l’oncologue avait décidé de stopper le Néxavar en raison de bons résultats d’examens, ce qui m’avait valu par la suite de constater l’apparition de deux nouvelles tumeurs au bras gauche et à l’abdomen et en conséquence la reprise d’un nouveau traitement de chimiothérapie, le Sutent, débuté en juin de l’année 2010.

En avril 2013 la métastase nichée dans mon biceps gauche ayant très largement diminué, et celle nichée dans mon abdomen ayant subi aucune évolution, l’oncologue toujours avec mon accord programma deux opérations (ablation et cryoablation) dans le but de stopper ma prise quotidienne de Sutent.

L’avenir allait m’apprendre très vite que nous avions sous-estimés la virulence de mon ennemi.   



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