Vis tout de suite

 

vivre

 

« Le plus grand obstacle à la vie est l’attente, qui espère demain et néglige aujourd’hui. C’est de ce qui est entre les mains de la fortune que tu veux disposer alors que tu lâches ce qui est entre les tiennes. Où regardes-tu ? Vers quel lointain vont tes pensées ? Tout ce qui est censé arriver relève de l’incertain : vis tout de suite. »

(Sénèque)

 

Depuis plusieurs années je souffrais de tremblements. Si ce handicap ne menaçait pas ma vie, il entraînait en revanche une gêne quotidienne, tous les gestes essentiels comme l’écriture par exemple, devenaient difficiles  voir même dans certains cas, impossibles à réaliser.

Suivant ma forme, il y avait des jours où j’étais capable de former correctement mes lettres, d’autres jours où mon écriture était celle d’un enfant, d’autres jours encore où la présence des gens me paralysait complètement les muscles. Je n’étais alors même plus capable de signer mon nom autrement que par une espèce de gribouillis peu flatteur.    

De cette difficulté à me confronter au regard des autres, naissait un cercle vicieux, mon angoisse d’être observé et jugé, alimentait ma nervosité qui augmentait mes tremblements, qui augmentait mon angoisse etc. J’en avais parfaitement conscience, mais je n’avais pas encore trouvé la force psychologique de me débarrasser de ma honte.  

Loin de s’y habituer, nous étions au contraire remplis de doute, notre inquiétude venait du fait que ma pathologie ressemblait fortement à celle d’un individu atteint de la maladie de Parkinson, nous demandâmes donc au médecin son point de vue.  

« Dans votre cas il s’agit d’un tremblement d’action, c’est en sollicitant vos muscles que vos mains se mettent à trembler, si vous posez vos mains sur la table elles restent immobiles. Dans le cas de la maladie de Parkinson, c’est totalement l’inverse.» 

La réponse était tout aussi rassurante que décourageante. J’évitais Parkinson mais pour le reste il fallait faire avec.  Il ne me proposait pas de traitements, il n’y en avait sans doute pas, c’était du moins les conclusions que j’en tirais. Une fois de plus devais faire en sorte de poursuivre mon chemin, comme si aucun obstacle ne venait l’entraver.  

L’autre sujet du jour relatait la présence permanente de gaz aussi bien dans mon estomac que dans mes intestins, présence dont j’avais beaucoup de mal à supporter les effets.

« Après l’opération d’une péritonite, le système digestif reste irrité un bon moment. Tout finira bien par rentrer dans l’ordre ! »

Je ne peux pas dire que ces explications me remplissaient de joie non plus, il y avait quand même presque un an que j’étais passé sur le billard, je voulais bien être persévérant mais il y avait des limites ! Le médecin pouvait bien me conseiller d’être patient, ce n’était pas lui qui subissait les méfaits de cette réaction inflammatoire tenace, j’évitai une fois encore de manifester ma frustration.  

Ce rendez-vous anticipait celui qui rentrait dans la cadre de mes renouvellements trimestriels de médicaments, soignant mes différentes pathologies annexes au cancer. Nous sortîmes donc avec l’ordonnance habituelle sans avoir obtenu de solutions à nos préoccupations du moment.

Nous reprîmes le chemin de notre domicile en ayant oublié de lui parler de mon genou, mais sans doute n’y aurait-il pas eu là encore de solution à apporter à cet autre déficience corporelle présente elle aussi sur ma liste.

Mes prothèses auditives continuaient à me transmettre épisodiquement des sons déformés et insupportables pour les nerfs, je n’étais pas retourné chez l’audioprothésiste mais j’envisageais de le faire dans un très bref délai. Le soir même Chantal commença à m’administrer dans mes conduits auditifs les précieuses gouttes d’Ofloxacine qui devait éviter une infection sous-jacente.         

Quatre jours après notre passage chez le généraliste, l’infirmière passa le matin pour prélever un peu de mon sang, afin de faire effectuer par un laboratoire d’analyses et conformément aux souhaits du généraliste, les recherches de dosage des Protéines et Marqueurs Sériques dans mon sang. 

Le même jour nous avions rendez-vous cette fois dans la région nantaise, pour faire un ixième bilan obligatoire, après deux mois de traitements au Votrient. Cet entretien auprès de mon oncologue était la deuxième visite intermédiaire entre deux scanners. Comme je l’ai déjà précédemment signalé, le docteur R avait décidé d’espacer de 2 mois supplémentaires la périodicité des examens.  

Nous avions décidé de passer sous silence mes défaillances respiratoires, ma légère hypothyroïdie et tout le reste de mes désagréments ‘’ à la mode’’, l’oncologue ayant déjà bien assez à faire avec mon cancer métastasé, dont la politique de soins relevait proprement de ses compétences et de son autorité.   



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