Le diable en personne

le diable

La chose la plus difficile est de n’attribuer aucune importance aux choses qui n’ont aucune importance.

Charles de Gaulle

Vous pouvez vous désoler que les roses aient des épines mais vous pouvez aussi vous réjouir que les épines aient des roses !

Tom Wilson

Vous ne pouvez choisir ni comment mourir, ni quand. Mais vous pouvez décider de comment vous allez vivre. Maintenant.

Joan Baez

 

Mon traitement à l’Amoxicilline se poursuivait, Chantal mettait donc deux fois par jour une dosette de gouttes, dans chacune de mes oreilles. J’ignorais s’il y avait une relation de causalité, entre le dysfonctionnement de mes appareils, et le fait  d’une probable infection auriculaire, mais je constatai  au fil des jours une nette amélioration dans ma qualité d’écoute. Ces échos désagréables qui déformaient les sons pour les rendre insupportables avaient disparu, et je pouvais jouir à présent de la conversation sans faire de grimaces, et sans ressentir une certaine forme d’agressivité à l’intérieur de moi. De plus je n’observais plus sur mon oreiller que de faibles traces de suintements inodores, provenant de la surface des tympans.   

Le médecin ne considérait pas mes écoulements malodorants comme une preuve d’infection, l’audioprothésiste attribuait mes problèmes d’auditions à un mauvais réglage de l’appareil gauche, deux hypothèses qui s’avéraient peu probables, j’étais même convaincu que tous les deux avaient eu tort.

Des désagréments de toutes sortes empoisonnaient ma vie de malade, et je me rendais bien compte que les médecins, ou les spécialistes de tous bords, n’avaient pas toujours la science infuse, pour en expliquer les raisons. Souvent leurs diagnostics étaient basés sur des suppositions qui s’avéraient plus qu’aléatoires. Dès que je ressentais une valse-hésitation de la part des professionnels de santé, j’écoutais leurs explications, mais par la suite j’effectuais ma propre analyse sur l’origine de mes maux, afin de tenter d’améliorer autant se faire que peut mon bien-être au quotidien, par mes propres moyens.

Ce lundi 28 novembre je me réveillai l’esprit ailleurs, mon rituel journalier allait être mis à mal par un rendez-vous chez le radiologue, afin de terminer éventuellement la cause de mes essoufflements. Ce n’était pas trop la crainte des résultats qui me faisait flipper, mais  plutôt celle de rencontrer, ou même pire encore d’avoir à faire au médecin qui m’avait révélé quelques douze ans plus tôt sans la moindre délicatesse et sans la moindre compassion, le début de mon cauchemar.   

Même si j’avais appris au fil du temps à gérer la maladie et ce qui allait avec, le choc psychologique restait bien présent dans un coin de ma mémoire, et de me retrouver devant ce regard froid risquait à coup sûr d’être l’étincelle qui rallumerait le feu.

Laisser cette obsession s’ancrer définitivement en moi n’était pas une solution, alors que je buvais mon café sans enthousiasme, je songeai qu’il était temps de dédiaboliser le personnage.

Ma détermination me rassura un peu, je passai dans la salle de bain délesté de mon mal être, sûr d’être en mesure de me résonner, du moins si l’occasion se présentait.

L’examen était fixé à 11h30, à cette heure avancée de la matinée,  j’étais convaincu de trouver peu de monde dans la salle d’attente. Comme de coutume Chantal m’accompagnait et comme de coutume il fut difficile de trouver une place de stationnement. Elle me déposa donc à quelques dizaines de mètres du centre de radiologie, avec la certitude de me rejoindre dès qu’elle aurait garé la voiture. Nous étions à six jours de l’anniversaire de ce rendez-vous du 4 décembre 2004, date à laquelle ma vie avait basculé dans un trou noir sans fond. Douze années plus tard j’empruntais le même chemin, pour me rendre dans le même cabinet de radiologie, aussi ne pouvais-je pas penser à cette journée d’horreur absolue, sans ressentir des spasmes intestinaux douloureux.

 



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