On est jamais trop petit

images

Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique… et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir.

Le Dalaï Lama

Vous pouvez blâmer les gens qui se cognent dans l’obscurité ou vous pouvez allumer des bougies. La seule erreur est d’avoir conscience d’un problème en choisissant de ne pas agir.

Paul Hawken

C’est parce qu’on s’imagine tous les pas qu’on devra faire qu’on se décourage, alors qu’il s’agit de les aligner un à un.

Marcel Jouhandeau

“Accepter l’inévitable sans révolte, ne pas s’apitoyer sur soi, penser encore à être utile, bien sûr, c’est cela le courage, beaucoup plus que des actes héroïques.”

Anne Bernard

 

Le quartier était venteux, je marchais à pas lents, et je frissonnais à chaque léger souffle de vent. Comme promis Chantal me rattrapa avant même que j’eus franchi la porte d’entrée du bâtiment. Je ne reconnus pas les hôtesses d’accueil, mais par-contre le décor n’avait pas changé d’un iota.

Mon humeur était aussi changeante que la météo en période des giboulées, j’étais parti gonflé à bloc, en cours de parcours mon anxiété avait repris le dessus, et à présent que j’étais ‘’dans le bain ‘’, cette même anxiété  s’évaporait pareil à de l’eau sur le feu.

Comme je l’avais prédit, la salle d’attente n’était occupée que par trois personnes, dont l’une fut appelée par une secrétaire pour lui remettre l’enveloppe contenant clichés et compte-rendu du médecin, qu’elle s’empara avant de quitter aussitôt les lieux.   

J’étais sur le point de prendre une revue, lorsqu’une femme arborant la cinquantaine apparut dans l’encadrement de la porte. Après avoir pris connaissance de mon identité, elle m’invita à la suivre.

Elle m’installa dans une petite cabine aussi lugubre que la plupart de celles que j’avais l’habitude de fréquenter, et me demanda de me mettre torse nu.

Outre mon blouson, mon gilet et mon polo, depuis mon éventration je portais aussi une ceinture de maintien abdominal, et une paire de bretelles pour soutenir un pantalon qui était passé de la taille 44 à la taille 50. Lorsque j’eus terminé de me débarrasser de tout cela, j’attendis que l’on vienne me chercher.

Je ne connaissais que trop bien cette profonde solitude, et ce silence pesant, pré et post examen, j’avais l’impression dans ces moment-là de vivre dans un monde parallèle à celui des vivants. Heureusement la même femme vint me chercher, brisant ainsi l’état d’esprit dans lequel j’étais plongé depuis ‘’mon enfermement’’.    

En fait elle était manipulatrice en radiologie, je n’étais pas sûr de voir le médecin qui allait étudier mes clichés, et c’était peut-être mieux ainsi.

L’imposante machine m’attendait plus que moi, la salle était sombre et peu accueillante. Je fus prié de m’approcher et de monter sur un petit marchepied pour que mes poumons soient à la hauteur voulue. Mon interlocutrice me demanda d’allonger mes bras le long du corps, les paumes de la main plaquées sur le bas des cuisses, puis de coller mon thorax sur la vitre.

« Inspirez à fond monsieur, et bloquez votre respiration ! »

J’entendis le déclenchement bien spécifique de l’appareil.

« Voilà monsieur c’est terminé, vous pouvez retourner dans votre cabine ! »

J’étais sur le point d’enfiler mon polo lorsqu’elle ouvrit la porte, pour me signifier que l’opération devait être réitérée, les images étant inexploitables.  

Il n’y avait rien de bien réjouissant dans ces propos, mais je lui obéis sans broncher, je renouvelai donc ma séance de déshabillage, afin d’être fin prêt lorsqu’elle viendrait me rechercher.    

La vitre sur laquelle je plaquai de nouveau mon thorax était un peu froide, je me raidi quelque-peu, puis après avoir suivi scrupuleusement les instructions de l’opératrice, je retournai dans mon lieu de ‘’villégiature’’.

Convenablement vêtu je m’assis sur le petit banc prévu à cet effet,  dans l’espoir de ne pas être une nouvelle fois contrarié par un autre imprévu.

L’opératrice vint m’extirper de mes pensées.

« Les clichés sont  nets, le médecin va venir vous voir pour vous communiquer les résultats ! »

J’hochai la tête en signe d’acquiescement, puis dans le silence pesant de mon espace réduit, je retins mon souffle en attendant le verdict. Certes je n’étais pas très à l’aise, mais bizarrement mes nerfs ne semblaient pas vouloir me jouer de mauvais tours, j’étais en effet en mesure de me maîtriser, ce qui n’était pas toujours le cas. 

La porte s’ouvrit de nouveau. Une femme de petite taille et plus âgée que la précédente s’adressa à moi.

« Je suis le médecin qui a étudié vos images. Vous avez des difficultés à respirer parait-il ? »

Elle n’attendit même pas ma réponse.

« Il faudra regarder ailleurs que du côté des poumons, car je n’ai pas trouvé d’anomalie. Vous pouvez retourner dans la salle d’attente, ma secrétaire va vous apporter votre dossier. Bonne journée monsieur ! »

« Merci ! Bonne journée à vous aussi ! »

 

 

 

 

 

 



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