Le verre à moitié plein

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« La vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre. »

Gandhi

 

« La vie n’est jamais banale, chaque événement que nous traversons recèle un mystère inexplicable. »

Boris Vian

 

« Chaque phénomène a son mystère ; le mystère est l’âme ignorée des choses. »

Gustave Le Bon

 

Ainsi donc je sortais de ‘’mon isoloir’’ sans avoir eu l’opportunité de me confronté à la plus tenace de mes peurs. Ce radiologue qui m’avait fait tant de mal par son manque total de diplomatie, celui-là même considéré depuis douze ans par mon esprit comme le diable en personne, avait brillé par son absence.

Les pensées cauchemardesques de son regard froid, et de son visage sans expression, pompaient encore et toujours une partie de mon énergie. Hélas ! Ma  détermination à vouloir combattre mes obsessions était faute ‘’d’adversaire’’ réduite à néant.

Ni je ne m’en réjouissais, ni je ne m’en désolais, je ne voulais retenir de ce rendez-vous que la bonne nouvelle des résultats communiqués.   

J’étais soulagé certes, mais je constatais néanmoins que mes essoufflements s’accrochaient à moi comme un dictateur au pouvoir, et ni la prise de sang, ni la radio n’étaient pour l’heure en mesure de m’apporter des éclaircissements sur ces dysfonctionnements respiratoires.

Décembre s’affichait au calendrier, et l’année se terminait sur un bilan mitigé.

J’avais bien mal commencé janvier car outre mon hospitalisation suite à  ma péritonite, il m’avait fallu subir en sus les foudres d’une maladie nosocomiale, dont les conséquences avaient été l’apparition d’une éventration que je devais supporter à présent à vie. Les quinze séances de kinésithérapie n’avaient pas permis de me le libérer de cet œdème au cou, œdème responsable à part entière d’une entrave considérable à mes  mouvements de rotation de la tête. Mes oreilles exigeaient une surveillance de tous les jours, mais de ce côté-là l’audioprothésiste avait constaté une légère amélioration d’écoute, une bonne nouvelle donc assez rare pour qu’il soit important de la souligner.

Pour ce qui était du cancer, le malin s’était montré plutôt sage, marquait-il une trêve, ou semblait-il profondément endormi ? Quelque-fût la réponse, J’espérais qu’il en soit ainsi le plus longtemps possible.

De cinq scanners en 2015, je n’étais passé en 2016 qu’à un IRM et deux scanners, ce qui ne manquait pas de me satisfaire au plus haut point.  

Un bémol cependant, au fil du temps mon corps se dégradait par l’usure de la maladie et de ses différents traitements, reflétant dans le miroir une image de moi que je refusais d’être la mienne. Malheureusement mon état d’âme n’empêchait pas la terre de tourner, et là encore je ne devais compter que sur mon mental pour ne pas sombrer dans le découragement, et dans la perte définitive de l’estime de moi.

La maladie peut être peuplée de mystères difficiles à éclaircir, ainsi donc plusieurs jours après avoir passé ma radiographie mes difficultés à respirer s’estompèrent, pour disparaître ensuite peu à peu. La médecine n’avait pas trouvé la source du mal, mais la source du mal s’était tarie d’elle-même, sans attendre une hypothétique intervention humaine.     

Faire de la marche pour juguler ma prise de poids n’était pas une mince affaire. Certes j’étais plein de bonne volonté, mais cette volonté perdait de plus en plus de terrain face à mon organisme qui n’avait de cesse de se rebeller. J’avais la nostalgie de cette époque où j’étais en mesure de me promener en forêt tout un après-midi durant, une nature à l’état pur où je prenais tant de plaisir à me ressourcer. Je n’étais pas dupe, ce temps était révolu, ma mission actuelle était celle de limiter la casse, et je m’y employais de moins en moins facilement, d’autant que je ne savais pas par quel bout m’y prendre pour inverser durablement la vapeur.

J’étais plein de bonne volonté, et je n’ignorais point qu’il était nécessaire d’en avoir, mon combat contre l’adversité était permanent, car il était bien évidemment vital.

Si je m’employais ardument à relativiser les choses, c’était pour ne pas être mort avant l’heure. L’épreuve de la maladie est un défi de chaque instant, qu’il faut apprendre à relever par étapes successives. Ne chercher à conserver dans son esprit que les pensées positives font partie des leçons qu’il est nécessaire de retenir.

Ne voir que le mauvais côté des choses, s’apitoyer constamment sur son sort vous attire davantage dans une situation de faiblesse, que dans une situation de force. 

Le stress, la colère, l’impression d’injustice sont des émotions difficiles à vaincre, et je sais de quoi je parle. Pourtant s’agissant de sentiments négatifs, il est impératif de les combattre au mieux de nos possibilités,  afin de canaliser le meilleur de notre énergie mentale, celle dont nous avons expressément besoin pour ne pas sombrer dans le néant.

Je m’apprêtais à passer mon 13ème Noël en famille, je ne pouvais donc pas trop me plaindre de mon sort car bon nombre de malades, entres autres parmi mes proches relations, n’étaient plus en mesure d’en dire autant.

Voilà une constatation qui m’aidait à regarder du côté du soleil, plutôt que du côté des ténèbres. Ce n’était pas la panacée, mes cette manière d’aborder les choses avait fait ses preuves, et j’espérais que mon état d’esprit reste toujours axé vers cette politique du verre à moitié plein, plutôt que celle du verre à moitié vide.   

 



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