Le sablier de la vie

rien-ne-peut-combattre-le-temps

« Tel un sablier la vie s’écoule et le temps perdu est du temps inachevé »

Maxalexis

 

« L’âge passe comme le soleil qui laisse l’ombre derrière lui : Le lever, c’est la jeunesse ; le coucher de l’astre, c’est la vieillesse. »
Félix Lope de Vega

 

« Le temps comme un torrent se précipite, déjà le présent est en fuite. »

Jean François Ducis

 

« Ne nous encombrons pas l’esprit de peccadilles, la vie est déjà bien assez compliquée comme ça. Il sera toujours temps de s’inquiéter des évènements quand ils en vaudront vraiment la peine. Prenons plaisir aussi modestes soient-ils des bons moments, les jours s’égrènent beaucoup trop vites au calendrier, il est beaucoup plus tard que vous ne pouvez-vous l’imaginer. »

Joël Gautier 13 février 2017

 

A cette heure matinale alors que le jour était à peine levé, il n’y avait pas foule sur les immenses parkings du CAC de l’espoir, nous eûmes que l’embarras du choix pour garer notre véhicule.

Il faisait encore plus froid que lors de notre dernière visite, et le sas d’entrée remplissait toujours  aussi bien son nouveau rôle. En retenant le public avant que la porte extérieure ne se soit automatiquement refermée, il faisait ainsi office de barrière contre l’agressivité de bonhomme hiver. Le hall d’accueil baignait dans une douce chaleur, le personnel n’avait d’ailleurs pas l’air de s’en plaindre. Nous prîmes notre ticket d’ordre d’arrivée, et j’eus à peine le temps de m’assoir que mon numéro s’affichât au panneau prévu à cet effet.

La jeune fille qui nous recevait au guichet no 3 disposait d’un chauffage d’appoint électrique, j’eus la curiosité de lui demander si comme les années précédentes elle avait parfois besoin de s’en servir.

Elle me répondit que non avec un sourire qui en disait long.

Au second étage nous empruntâmes le dédale de couloirs auquel nous étions malheureusement très accoutumés, et nous arrivâmes ensuite au secrétariat du service, quelques minutes avant l’heure du rendez-vous.

Il n’y avait pas foule dans la salle d’attente, une femme était assise à notre droite et à ma gauche un homme attentionné à sa lecture occupait également les lieux. Pour l’heure  j’ignorais encore s’ils étaient l’un et l’autre patient ou accompagnant.

Le sulfate de Baryum et les aléas de notre voyage m’engagèrent à rejoindre sans plus attendre,  les toilettes. A mon retour Chantal s’absenta à son tour, et il ne me fallut pas attendre bien longtemps avant que l’opératrice ne vienne me chercher.

Le médecin en radiologie venant d’un établissement extérieur, elle avait besoin de ma carte vitale pour qu’il puisse être remboursé de sa prestation.

Chantal avait emmené un grand sac à l’intérieur duquel tout était prévu. Feuilles de résultats d’analyses et ordonnances, carnet de bord tenu à jour depuis décembre 2004, Hydrocortisone, Doliprane, Imoduim, en cas de besoin, petits encas pour les ventres affamés, bouteille d’eau etc….

Outre ses effets dévastateurs, la maladie a la particularité d’exiger une organisation sans faille face aux différentes nécessités administratives, face aux multiples suivis médicaux, face à la gestion des traitements, et face encore à bien d’autres obligations diverses. J’avais la chance de pouvoir me reposer entièrement sur les épaules de Chantal. Au fil du temps, elle avait acquis une grande expérience en la matière. Il était clair que grâce à son soutien, j’étais en mesure de diriger l’intégralité de mes forces  vers le plus difficile de mes combats. Il était clair également que sans elle mes chances de survie aurait-été largement hypothéquée. Je comprends aisément la raison pour laquelle les malades dépourvus d’appuis psychologiques et logistiques, abandonnent parfois la partie, vaincus le plus souvent par le découragement.

Pas étonnant non plus dans ce contexte si j’étais un peu perdu en son absence, mon interlocutrice dut donc attendre que ‘’mon ange gardien’’ vole à mon secours.

J’avais l’immense chance d’occuper ma cabine de prédilection, celle qui possédait une fenêtre ouverte sur le monde extérieur. A cette heure matinale, le soleil faisait pâle figure, mais quoi qu’il en soit, je me sentais moins oppressé dans cette cabine que dans tous autres lieux du même genre.

Je reconnaissais le visage souriant, l’esprit vif, la gentillesse et la loquacité de l’opératrice, j’avais en effet déjà eu à faire à elle.

Baigner dans une ambiance lumineuse, en compagnie d’une interlocutrice d’un tempérament de feu,  était deux signes de bon augure, j’aimais en tout cas me le persuader avant de braver la suite des évènements.

« On se rassure comme on peut ! »

 



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