L’ennemie publique

l'impatience

La maladie est une ennemie que nous devons combattre car en principe nous aimons viscéralement la vie. Mais comme dans toutes les guerres, il faut mener plusieurs batailles à la fois, batailles d’ailleurs de plus ou moins grandes importances selon le cas. Cependant gardons toujours à l’esprit qu’une victoire aussi petite soit-elle, renforce notre volonté de résistance face à nos difficultés quotidiennes de l’existence. 

Parmi les différentes défauts qui pourrissent nos jours, il y celui de l’empressement, source de déstabilisation et d’inconfort particulièrement lorsque l’on est malade.  

A l’inverse de l’empressement, la patience est une qualité que nous devons tenter d’acquérir au fil du temps, elle développe notre tranquillité d’esprit et procure la détente et le bien-être dont notre corps a expressément besoin.

Le défi est de taille car il rencontre sur sa route, bon nombre d’obstacles, certains parfois difficiles à franchir, mais même en cas de graves difficultés, il ne faut jamais lâcher prise.

Les salles d’attentes sont des expériences que nous avons tous vécus, l’ennui développe les pensées négatives, celles que nous devons impérativement chasser de notre esprit. Ce même ennui taquine notre impatience, impatience qui se faufile sournoisement dans notre état comportemental, attisant ainsi une anxiété de plus en plus grandissante.      

Il y a différents degrés d’appréhension, nous sommes évidemment beaucoup moins impactés par le stress, lorsqu’il s’agit d’attendre qu’on veuille bien venir nous chercher pour nous soigner d’une angine, plutôt que lorsque nous sommes à l’affût de résultats médicaux dont dépendra  notre avenir sur cette planète.

En glanant de ci delà des conseils nous apprenons que la patience exige un changement d’attitude par rapport aux différentes circonstances imposées par le destin. Nous apprenons aussi que de prendre une respiration profonde ou que de se vider l’esprit conduisent vers une attitude plus zen. Il est toujours plus facile d’entendre de belles paroles que de les appliquer. Soyons plutôt maître de nos propres solutions.

Quoi qu’il en soit même confronté aux pires des situations, nous devons persévérer dans la recherche d’un bon équilibre psychologique qui renforcera nos aptitudes au combat, chaque fois qu’il sera nécessaire.

L’énervement, l’agressivité sont des boulets dont il n’y a pas de quoi être fière, il faut donc travailler à estomper ses défauts de notre personnalité, et mettre l’accent sur les efforts visant à conquérir ce trésor de bienfaits qu’est la patience.

Il n’y a pas de recette miracle pour parvenir à nos fins, notre réussite viendra avant tout de nos convictions, et donc de notre entêtement.

 

                                                           Joël Gautier 20 février 2017

 

La mise en place du cathéter n’avait été qu’une simple formalité, il semblait que mes veines se soient retapées de toutes les agressions du passé, car elles acceptaient de nouveau de se faire piquer sans trop de complications.  

« Êtes-vous allergique à l’iode monsieur Gautier ? »

A cette question j’avais déjà répondu des dizaines de fois par le passé.

« Non !  Par-contre peut-être n’ai-je pas besoin de vous le préciser, mais par mesure de prudence je préfère vous le notifier. Je suis en insuffisance rénale ! »

« Nous connaissons votre dossier monsieur aussi prenons-nous les précautions d’usage. Je vais vérifier si la salle est prête, et je viens vous chercher ensuite ! »

Attendre étant le lot permanent de tous les malades, je m’y pliai de bonne grâce. Quelques minutes plus tard elle apparut dans l’encadrement de la porte, sans rien avoir perdu de sa bonne humeur.

« Cette fois c’est à votre tour ! »

Je lui répondis ok par un petit signe de tête, puis je la suivis jusqu’à ‘’l’antre du loup’’.

A travers la vitre j’aperçus les gens du service qui s’affairaient chacun sur son écran à décrypter d’éventuelles anomalies, sur les images des organismes internes de mes prédécesseurs, la scène me fit flipper un peu.  

M’étendre et me placer correctement sur la table d’examen étaient par expérience des gestes routiniers.

« Pouvez-vous allonger les bras derrière la tête s’il vous plait ? »

En quittant le cabinet de préparation j’avais tellement redouté de perdre mon pantalon, que j’étais encore occupé à le retenir. Je lâchai donc prise, et obéis à la consigne qui venait de mettre donnée.

J’étais enfin prêt à subir ma dose régulière de rayons X pour  ‘’de nouvelles images saucissonnées’’ de mon organisme.

La table commença sa lente progression, mon corps tout entier traversa le large anneau puis stoppa au niveau du crâne. On me demanda de respirer à fond puis de bloquer mes poumons, la table effectua alors le même mouvement mais cette fois en marche arrière. 

L’émetteur récepteur tournait autour de moi avec cette sonorité particulière que je connaissais bien. On me demanda de respirer normalement.  

L’opération fut réalisée une seconde fois, puis l’opératrice en radiologie, vint m’injecter le produit de contraste iodé en me précisant que j’allais sentir un peu de chaleur. Là encore pas de quoi paniquer !  

La machine effectua sa troisième et ultime mission, et je fus libéré. Les dés étaient une 55ème fois jetés.



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