L’ère de la confrontation partie 3

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L’ère de la confrontation

La mort ne se contemple pas facilement, et tenter de se libérer l’esprit de cette menace qui alimente notre peur de l’inconnu, n’est pas un défi des plus simples à réaliser non plus.

Au contraire les médecins, les chirurgiens, les hôpitaux, mais aussi le regard fuyant des personnes embarrassées, tout notre univers est là autour de nous pour nous empêcher sinon de l’oublier, du moins de ne pas trop y penser.

 

Joël Gautier 31 mars 2017

 

Le charabia de la médecine

Au début des hostilités nous sommes complètement désarçonnés, dans l’impossibilité d’organiser notre défense. Les milieux médicaux s’expriment en petit chinois, autant dire qu’ils ne nous sont pas d’un grand secours, de plus nous n’avons pas le réflexe de les inciter à employer des termes accessibles à notre compréhension. Nous nous laissons balloter d’un service à l’autre comme des pantins,  nous sommes incapables de penser à quoi que ce soit, nous subissons docilement le sort que le destin nous a réservé.      

Passé cette période de ballottement nous prenons conscience que notre impératif est de devenir acteur de notre santé. Notre investissement aidera pleinement les milieux médicaux à nous soigner et ce dans les meilleures conditions possibles.

Petit à petit nous apprenons à vivre avec notre épée de Damoclès, mais nous avons aussi la curiosité de comprendre ce qu’il nous arrive vraiment, pour nous adapter au mieux à notre nouvelle condition de vie.

 

Joël Gautier 31 mars 2017

 

Les B à Ba du combat

A priori notre potentiel de décisions est très limité, car l’épuisement physique, l’abattement moral, les durs effets secondaires des traitements ne plaident pas en notre faveur. Le mal est en nous, il se fait chaque jour un peu plus l’allié de la faucheuse, leur pouvoir de destruction est intense, nous sommes quasiment déclarés vaincus d’avance.

Ne négligeons pas les périodes d’accalmie, au contraire prenons dans ces moments-là  le taureau par les cornes, et procédons à une contre-offensive.  

Se familiariser avec les jargons de la médecine, consulter les réseaux sociaux pour recueillir des témoignages, lire les informations médicales grand public, faisons en sorte d’être sinon expert de notre maladie, du moins d’essayer de la comprendre.

Comprendre sait se donner les possibilités de recouvrer la liberté de penser et d’action que nous avions abandonnées à l’annonce de l’apocalypse.

Loin d’être parfaite cette philosophie se heurtera entre la théorie et la pratique. Certains récits ou témoignages optimistes, ne correspondront pas réellement à notre vécu, mais à l’inverse d’autres récits ou témoignages assez décourageants seront démentis par les résultats prometteurs de nos examens. Il faudra en être conscient en faisant la synthèse de tout ce que nous aurons appris, de par la communication et de par nos expériences pour se forger ensuite notre propre opinion.    

 

Joël Gautier 31 mars 2017  



Le traumatisme avant l’acceptation Partie 2

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Le traumatisme de la révélation

Je me rappelle dans le moindre détail de ce mardi 7 décembre  2004, et du contexte dans lequel je reçus ce diagnostic d’une mort annoncée. Ce souvenir résonne dans ma tête comme le grondement terrifiant d’un tremblement de terre. L’idée même de revivre une telle épreuve m’hérisse les poils.

Du statut de bien portant je passais brusquement à celui de malade atteint d’un cancer, une étiquette aussi difficile à porter que l’étoile jaune de David durant la seconde guerre mondiale, tant le regard du monde extérieur me rappelait à chaque instant que j’étais à présent quelqu’un de différent. L’assise sur laquelle reposait mon existence venait de se lézarder, menaçant à tout instant de m’anéantir.

Cette espèce d’illusion d’immortalité du Joël bien portant venait de s’évaporer, j’étais au milieu de nul part, figé dans la glace, sans espoir de délivrance, presque déjà mort.

 

Joël Gautier 30 mars 2017

 

De la révolte à l’acceptation

Un médecin bien peu diplomate m’avait emprisonné dans le cachot noir de la mort,  son collègue s’était révélé au contraire bien plus humain en me tendant une bougie allumée qui me donnerait peut-être une petite chance de retrouver le chemin de la vraie lumière. 

« Un violent coup de massue m’avait mis à terre, mais fort des encouragements que l’on avait pu me donner, il ne me restait plus qu’à relever ma tête, et à contempler les dégâts, en cherchant comment faire pour les réparer. »  

Lorsque la période de la stupéfaction est écoulée, nous passons par le désarroi, par la colère, par la révolte ou par la dénégation, chacun de nous réagit à sa façon. Notre pouvoir interne à reconnaître la réalité varie d’un individu à l’autre, mais une chose est certaine nous devrons absolument trouver le moyen de  faire la paix avec nous même, au risque de rendre rapidement les armes, avant même d’avoir combattu.

Le manque total de communication, ne va pas dans le bon sens. Nous devons au contraire chercher à alléger la charge qui pèse sur nos épaules, en ouvrant notre état d’âme à notre entourage.  

La terre ne s’est pas arrêtée de tourner, c’est nous qui nous nous sommes arrêtés de vivre, nous devons reprendre impérativement les commandes de notre destin, en acceptant de faire face à l’épreuve qu’il nous a si ‘’généreusement’’ offert, sans pour autant sombrer dans le découragement.  

Joël Gautier 30 mars 2017



Y-a-t’il un pilote dans l’avion ? Partie 1

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Le pilote d’un Airbus

Quelque-soit la présence médicale, quelque-soit la présence des proches et des amis, l’annonce du cancer signifie la fin d’un voyage, et le début d’un autre qui s’effectuera celui-là solitairement au plus profond de nous-mêmes. L’incertitude de notre destination est grande, il faut vivre cette expérience pour savoir de quoi l’on parle, pourtant étape par étape la maladie nous ouvre des portes, nous permettant ainsi de découvrir des aspects de notre personnalité totalement ignorées jusqu’à ce jour. Finalement le cancer nous donne la chance de faire le ménage dans nos pensées et de corriger en quelques-sortes certaines erreurs de notre passé.

L’annonce de la gravité du mal est comme le coup de poing d’un boxeur qui vous colle sur le tapis. Ce ne sont ni le nez ni les arcades sourcilières qui sont tuméfiés, mais bel et bien notre esprit. Personne ne nous a enseigné la manière de nous y préparer, personne ne nous a enseigné à nous en protéger. Nous sommes à présent aux commandes d’un Airbus, sans avoir appris à le piloter.

Préoccupés à sauvegarder le confort d’une existence que nous ne remettions pas en cause, voilà que notre destin nous maltraite, nous révolte, nous déconcerte. L’adage ‘’ça n’arrive pas qu’aux autres’’ prend tout son sens, la vie est précaire et nous voilà confronter à celle que nous voulions oublier à tout prix, la mort.

Pour nous rassurer nous allons entendre des propos du style :

« Je ne suis pas moi non plus à l’abri d’un accident mortel, ni de celle d’être terrassé à tout instant par une crise cardiaque ! »

Ce qui est vrai certes, mais entre le fait d’être potentiellement exposé à une menace, et celui de l’être effectivement, il y a une sacrée marge. Je suis certain que nos  interlocuteurs préfèreront leur position à la nôtre. 

Le cancer est synonyme de souffrances physiques et morales, de fatigues, de diminutions des facultés manuelles et intellectuelles, d’exclusion sociale et parfois même de mutilations dégradantes, c’est une épreuve extrême dont on ne sortira certainement pas indemne.   

Lorsque le destin ne nous a pas encore joué de mauvais tours, il nous arrive parfois de déplorer notre routine du quotidien, mais lorsque la maladie s’invite au sein de notre existence, l’engrenage des protocoles médicaux transforme cette routine en un véritable bouleversement dans le sens négatif du terme.

 

Joël Gautier 26 mars 2017



Petites graines de philosophie, ou l’héritage de vie

 

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Le sablier de la vie

D’une étape à l’autre, nous passons des langes à la prime enfance, de la prime enfance à l’adolescence, de l’adolescence à l’âge adulte, de l’âge adulte à la vieillesse. La vie nous file ainsi entre les doigts, jusqu’à ce que la faucheuse agite au loin son drapeau, désignant ainsi pour nous la ligne finale d’arrivée.  

La mort reste un grand mystère, et durant toute notre existence nous préférons généralement l’ignorer.

Mais parfois la réalité nous rattrape plus vite que nous l’aurions espéré et nous sentons alors la fin probable de notre périple. Nous prenons alors conscience que nous ne sommes propriétaires de rien, ni de notre  santé, ni de notre richesse, ni de notre jeunesse, ni de bien d’autres choses encore. Mêmes nos souvenirs peuvent nous être retirés par la défaillance inéluctable de notre cerveau.

Joël Gautier 21 mars 2017    

 

Le ciel bleu de la vie

Perdre définitivement la santé, est une terrible épreuve à surmonter. Mais les mois passants nous découvrons peu à peu que notre mental à la capacité de s’adapter aux situations aussi dramatiques soient-elles, il suffit simplement de le vouloir. Lorsque au bout d’un long parcours médical l’expérience nous amène enfin à maîtriser nos états d’âme, notre processus de deuil d’un passé qui ne sera jamais plus, est alors sans conteste achevé. Cette traversée des ténèbres nous conduit aussi à une compréhension totalement inédite de la vie, ainsi qu’à ses aspects oh combien momentanés.

Dès lors notre fragilité de patient en sursis prend conscience qu’il faut saisir et apprécier impérativement les brefs moments de bonheur et de bien-être, plutôt que de nous attarder à des choses qui n’en valent pas la peine.

Joël Gautier 21 mars 2017

 

L’héritage de la vie

N’anticipons pas les évènements avant qu’ils n’arrivent, ainsi plutôt que vivre dans la peur d’un futur incertain, prenons le temps d’apprécier l’instant. Ne gâchons pas nos journées à être absent mentalement de notre environnement. Ayons plutôt le bon réflexe d’écouter, d’apprendre à connaître, d’apprécier, d’aimer, de détester, d’avoir une opinion, bref d’être encore vivant.

Goutons le plaisir de recevoir en héritage toutes les choses que nos proches et nos relations, ont pu nous donner, et si un jour nous devons faire nos adieux, nous emmènerons dans nos valises toutes les bonnes choses que ces personnes nous aurons apportées.  

Joël Gautier 21 mars 2017.

 

Le défi

La maladie nous insiste à faire le deuil de ce que notre vie représentait avant, et nous devons impérativement réussir dans notre démarche, au risque de rendre l’épreuve encore plus difficile.

N’immortalisons pas ce qui ne peut l’être, le passé est le passé, prenons au contraire le contrôle de nous-mêmes et allons de l’avant.

Nous défaire de ce fardeau canalise nos forces pour affronter l’inconnu. Le destin nous inflige quelques choses de douloureux, d’injuste, d’insupportable, nos interrogations sont grandes, mais ne nous avouons pas vaincu d’avance, relevons au contraire le défi.   

Joël Gautier 22 mars 2017

 

Petits ou grands malheurs

Ne perdons pas notre temps à raconter nos petits ou grands malheurs à ceux qui ne nous écoutent que par politesse, mais qui finalement n’en ont rien à faire. Se plaindre ne sert à rien, se plaindre  est même contre-productif, et entraîne dans son sillage des pensées négatives.

La maladie nous a infligé des épreuves, mais elle nous a aussi renforcés en nous donnant une belle leçon de vie. Profitons de ce que nous avons extirpé de meilleurs en nous, pour le transmettre à ceux qui en vaillent la peine.

Joël Gautier 23 mars 2017

 

Peu de temps après avoir été partiellement rassuré par mon cardiologue, c’était à présent ma visite trimestrielle chez mon généraliste qui était d’actualité.

Ma prise journalière de traitements annexes au cancer se passant pour le mieux, je n’avais pas de remarques à lui faire, à ce sujet.

Mes interrogations du moment portaient plus spécifiquement sur mes problèmes d’écoulements d’oreilles qui recommençaient de plus belle, mais aussi sur mes tiraillements parfois douloureux qui s’accentuaient du côté de mon épaule gauche.

Eventuellement il fallait aussi lui parler de l’arrière de mon genou droit, qui claquait  à chaque fois que j’avançais d’un pas.

Depuis que le docteur C avait été gravement affecté par la maladie, sa salle d’attente n’était jamais pleine, il savait à présent préserver sa santé. C’est dans ce contexte que je n’eus pas à patienter longtemps avant de franchir la porte de son cabinet.

« Comment allez-vous Joël ? »

« Je vais bien ! »

Il est vrai que ma vie n’était pas celle d’une personne en très bonne santé, mais je ne m’accordais pas le droit de me plaindre, comparé à d’autres patients bien plus handicapés que moi. D’autre-part au bout de 12 ans et quelques mois de maladie j’étais toujours là, ce qui n’était pas le cas pour bien d’autres personnes.

Il m’invita à me déshabiller et à passer sur la balance.

« Et bien dites-donc vous avez pris pas mal de poids ! »

Je m’allongeais ensuite sur la table d’examen, et il tâta mes pommettes dont je pensais qu’elles étaient gonflées d’œdème.   

« Non non ! Vous n’avez pas d’œdème, je ne peux que confirmer ce que nous a indiqué la balance. »

Je n’avais pas changé de régime alimentaire, et je n’étais pas sans ignorer que mes activités physiques n’étaient plus que l’ombre d’elles-mêmes. Il me conseilla de faire des efforts et de reprendre progressivement la marche. Il n’avait pas besoin de me le dire, mais même avec la meilleur volonté du monde, mon corps me disait stop à chaque fois que je voulais me ‘’surpasser’’. Je ne savais pas comment j’allais mis prendre pour sortir de l’impasse dans laquelle je m’étais fourré, mais je me promis néanmoins de trouver une solution.

Il m’ausculta l’intérieur des oreilles, et constata une légère humidité pour laquelle je n’avais pas trop à m’inquiéter. Il suffisait simplement que je sois vigilent et qu’au moindre doute j’applique de nouveau des gouttes d’Ofloxacine. De toute manière j’avais un rendez-vous de programmer avec l’ORL, il serait dans tous les cas apporter une solution au problème.  

J’attendis qu’il termine ses différents contrôles de routine avant de lui parler de mon second sujet de préoccupation.

« Mon épaule gauche est en train de s’affaisser , je ressens une gêne importante à hauteur du cou, et des douleurs diffuses au niveau de cette même épaule. »

« Cette asymétrie est effectivement très prononcée, elle est due au fait que vous souffrez d’une cerrvicotrapezalgie occasionnée par de l’arthrose cervicale, elle-même favorisée par vos traitements de radiothérapie.»  

« Peut-on y faire quelques choses ? »

« Malheureusement non ! »

« Et des séances de kinésithérapie ? »

« Je ne suis par contre, à conditions qu’elles soient réalisées en douceur ! »

Il s’arrêta un bref moment de parler, puis poursuivit.

« Ce ne sera pas un remède miracle, mais j’espère que vous serez soulagé ! »



L’érosion du corps

 

 

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« L’espoir est important, car il peut rendre l’instant présent moins difficile à supporter. Si nous pensons que demain sera meilleur, nous pouvons supporter les difficultés d’aujourd’hui. »

Thich Nhat Hanh

 

« Le cœur est comme un jardin où peuvent pousser la peur, la compassion, la haine et l’amour. Que vas-tu semer ? »

Jack Korn Field

 

« Comme je l’ai déjà mentionné dans mes écrits, notre naissance nous entraîne dans un match dangereux, et nous comprenons très vite qu’il faudra un jour perdre définitivement la partie.

En attendant cet état de fait, nous avons quand même pas mal de manche à disputer, la maladie étant de celles contre lesquelles nous aurons beaucoup de mal à rivaliser.

Lorsque nous avons le cancer comme adversaire, nos chances de remporter la victoire dépendent de multiples facteurs, virulence de notre affection, capacité physique de notre organisme à combattre, efficacité des traitements, compétences des milieux médicaux, soutien moral, opportunité de la recherche pharmaceutique, etc.

Nous ne jouons pas avec des cartes trafiquées, et l’aide extérieure a également à ses limites, il faut donc apprendre seul et petit à petit la stratégie de l’adversaire, et faire en sorte de le dérouter pour ensuite mener à bien notre contre-offensive.

Mais avant, il est important que nous ayons l’esprit clair, certaines vilaines pensées doivent disparaître de notre cerveau. Nous devons nous défaire de notre nostalgie, de nos blessures, en nous concentrant uniquement sur l’instant présent.

Rien ne sera jamais plus comme avant, pas même un miracle nous rendra ce que nous avons perdu. Notre passé triste ou joyeux n’a plus rien à voir avec notre existence. Ne soyons plus les hommes d’hier mais ceux d’aujourd’hui et de demain. »  

Joël Gautier 15 mars 2017

 

Erosion du corps

Le cancer attaqua mon corps comme la mer érode la falaise

Sa tumeur une fois installée y grandit en prenant ses aises

La maladie bouleversa tout à coup mes habitudes

Arriva le temps de la peur et de l’incertitude

Débuta ensuite un assez long parcours du combattant

Chirurgie, médecine, traitements, rien ne fût très marrant.  

 

Le cancer attaqua plus fort encore, diffusant son venin toxique

Ses métastases migrèrent un peu partout, quintuplant ma panique.  

Au fil des opérations et des mutilations mon corps se dégrada

Arriva le moment de constater l’ampleur de mon bien triste état.

Débuta ensuite le lent travail de l’acceptation de soi

Vieillir avant l’heure, la maladie ne me donna pas le choix.

Joël Gautier 15 mars 2017

 

Jeudi 9 février soit un peu moins d’une semaine après avoir fait contrôler mes capacités auditives, j’avais rendez-vous cette fois avec le cardiologue. Deux mois et demi s’étaient écoulés depuis la prise de mon rendez-vous, la profession n’échappait pas à la règle d’un manque préoccupant de médecins et spécialistes en tous genres. 

Je connaissais le docteur L de longue date, il me suivait en effet depuis les années 90, je n’étais donc pas pour lui un inconnu, à fortiori lorsqu’il s’agissait de prendre une décision concernant ma santé.

La salle d’attente n’était occupée que par une sexagénaire, qui comme une adolescente manipulait  sans trop de raisons son smartphone. 

Un couple de personnes un peu plus âgées vint nous rejoindre, avant que la sexagénaire ne soit appelée par le cardiologue.

La patience était l’une de ces nombreuses vertus que nous avions pris l’habitude de cultiver, dans notre esprit de malade et d’accompagnant. Chantal lisait une autobiographie, quant à moi je rêvassais en contemplant les murs ornés de tableaux.  

Le praticien avait une bonne demi-heure de retard lorsqu’il vint nous chercher. Je me souvenais de notre dernière rencontre, comme si elle avait eu lieu la veille. Ce mardi matin du 27 août 2013, alors que j’étais déjà en tenu pour dire adieu à ma surrénale restante,  il avait dû me faire passer de toute urgence une échographie cardiaque, l’anesthésiste ayant refusé ma présence au bloc opératoire avant que cet examen ne soit réalisé.  

Malgré le nombre de patients encombrant sa salle d’attente, il s’était exécuté sans broncher, l’oubli devant être imputé à sa négligence.

Depuis lors en période estival j’avais eu à faire avec son collègue, le docteur R, qui m’avait prescrit l’Amiodarone, en lieu et place du Rythmol sans effet sur mon arythmie.

Il me sera la main, je remarquai qu’il n’avait pas changé quoique son ventre fût un peu plus bedonnant. Il nous invita à nous asseoir, lut la lettre de mon généraliste, consulta mon dossier sur son écran ordinateur, puis m’invita à me déshabiller et à m’allonger ensuite sur la table d’examen pour me faire passer un électrocardiogramme. Il posa délicatement ses dix électrodes sur mon thorax, mes jambes et mes bras puis procéda à l’enregistrement du rythme cardiaque.

Rien n’avait l’air à priori de le choquer, il me libéra au bout d’environ cinq minutes, sans plus de commentaires.

Je lui parlai de mon mal-être concernant les effets dévastateurs de l’Amiodarone sur ma peau exposée au soleil,  il me répondit qu’il n’y n’avait pas d’autres solutions que les crèmes protectrices. Ainsi donc il n’était plus question d’affronter l’été autrement que d’être habillé à la manière d’un touareg, ou que d’être badigeonner d’un flacon d’ambre solaire à chacune de mes sorties. Une situation qui engendrait une désocialisation peu enviable, et pour ce qui était de ma frustration, je devais la combattre par mes propres moyens, ses compétences s’arrêtaient là.

L’examen ne révélait pas la cause de mes ‘’détresses respiratoires’’ au réveil, ni de mes   essoufflements à l’effort. Le premier de ces troubles avait disparus pendant une période, et ils réapparaissaient à présent, à une cadence régulière.

Le cardiologue ne mettait pas ça d’emblée sur le compte de ma prise importante de poids, il préféra programmer une échographie cardiaque, ainsi qu’un enregistrement de mes apnées du sommeil.

Il me demanda ensuite où j’en étais de ma lutte contre la maladie, puis me cita l’exemple d’un couple, qui avait traversé pour l’un l’épreuve de 12 cancers différents, et pour l’autre 7 cancers également différents. Je ne pouvais donc que m’incliner devant un tel ‘’score,’’ il me restait à vivre pas mal de choses avant de pouvoir les rivaliser, ce qui ne me faisait par rêver.      



Un grand sentiment de légèreté

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Il n’y a pas que le cancer qui nous détruit à petit feu, s’encombrer de pensées négatives nous bouffent également de l’intérieur. Notre noirceur d’esprit devient alors la fidèle alliée du mal absolu. Une terre inculte doit être nourrit pour y semer des graines productives, chasser les mauvaises pensées de nos têtes pour y faire entrer le soleil, est le plus sûr moyen de récolter la force dont nous avons expressément besoin pour continuer à vivre.

L’objectif est souvent plus que difficile à atteindre, pourtant l’échec n’est pas permis, car il nous conduirait irrémédiablement vers l’anéantissement. 

Donnons-nous les moyens de la réussite, tout ce dont nous avons besoin pour avancer est à portée de nos mains. Faisons confiance aux compétences du milieu médical qui voue son existence à sauver celle des autres. Respectons le travail accompli en matière de lutte contre le cancer, en participant activement à sa réussite.  Les larmes d’un proche, la petite tape sur notre épaule d’un ami, démontrent que nous représentons quelque chose à leurs yeux, notre désarroi est leur désarroi, notre volonté est aussi leur volonté, autant que nous même ils méritent que nous fassions des efforts, pour tenter de gagner sinon la bataille, du moins de petites et de grandes victoires. 

Prenons conscience qu’un matin de ciel bleu, que les gazouillis des oiseaux, que le bruit du vent dans les arbres, bref que tout ce qui nous pousse vers une méditation constructive, sont aussi là pour renforcer notre détermination, plutôt que de nous perdre et de nous enfoncer dans nos faiblesses.

Ne doutons jamais de nos capacités, nous sommes dotés d’un potentiel immense souvent méconnu de tous en général, et de nous-même en particulier. Lorsque le danger nous menace,  elles se révèlent au grand jour sans que nous sachions réellement comment.

Soyons heureux d’avoir l’opportunité de vivre, plutôt que de nous voir déjà le corps gisant dans un cercueil, car chaque bon moment se métamorphosera en souvenirs heureux transformant notre regard en en une vision d’espoir, plutôt qu’en une vision de désespérance.   

L’adversité nous ouvre les yeux, dorénavant nous ne passerons pas  à côté des belles choses.

Considérons l’expérience de la maladie non pas comme notre chemin de croix, mais plutôt comme l’un des grands facteurs de notre richesse d’esprit. 

 

 Joël Gautier 22 février 2017

 

Dans la phase critique de la maladie, nous accumulons les faiblesses. Laissons la responsabilité au personnel soignant de s’occuper de celles de nos corps, et pour mieux les combattre, apprenons plutôt à connaître celles de notre âme. Loin de nous anéantir le malheur peut au contraire nous réveiller d’une torpeur profonde, en nous montrant le véritable chemin, celui que nous devrons à présent emprunter. 

Nos craintes sont évidentes, quel est le surhomme qui pourrait dire le contraire, cependant elles fortifient notre foi en un future qui nous dépasse.

Faisons en sorte de canaliser nos angoisses en nous libérant l’esprit de tous ces carcans qui nous empêchent sinon de bien vivre le cancer, du moins de le vivre mieux.

Acceptons nos handicaps qui au fil du temps deviennent de plus en plus nombreux, mettons l’accent aux contraires sur nos possibilités de nous dépasser.

 

Joël Gautier 22 février 2017

 

Tout malade qui a vécu ou qui vit encore un parcours semblable au mien, comprendra ce sentiment de légèreté qui m’anime à chaque fois que je sors de chez un médecin, pourvu de bons résultats d’examens.

Je ne peux pas parler réellement d’euphorie, mais à ce moment-là, telles les feuilles mortes emportées par le vent, mon cerveau me semble soudain balayé de toutes ces incertitudes, qui quelques minutes plus tôt m’engourdissaient encore trop intensément le corps.  

Dans ces instants particuliers de ma vie de malade, tout ce qui altérait ou qui avait pu altérer ma personnalité, blessures de l’enfance, différentes épreuves de ma vie d’adulte, les petites misères auxquelles j’accordais parfois trop d’importance, les plus au moins grandes inquiétudes qui émaillaient mon quotidien, tout s’effaçait de ma mémoire, pour laisser triompher pleinement mon côté optimisme de la vie.  

Cependant ce sentiment de plénitude ne dure guère plus longtemps que le temps du trajet du retour. Il faut bien se rendre à l’évidence la maladie n’a pas dit son dernier, elle m’accorde des  faveurs, tout en attendant son heure de gloire. Mes douleurs osseuses, mes malaises au quotidien, ma fatigue chronique, mes insomnies, ma cure de médicaments, mes rendez-vous réguliers chez différents médecins, toutes ses contraintes sont là pour me le rappeler à tout moment.

Justement nous avions à peine achevé le mois de janvier, qu’il fallait songer déjà à respecter le protocole établi pour surveiller ma qualité d’audition.   

Mes craintes n’étaient pas sans fondement, avec 70% de perte dans l’oreille gauche, et 50% dans celle de droite, je n’avais pas intérêt à ce qu’une nouvelle dégradation vienne amputer davantage le capital qui me restait.

Depuis mai 2015 j’étais suivi par une équipe compétente à laquelle je faisais entièrement confiance, cependant si elle pouvait me donner de bons conseils, elle restait néanmoins impuissante lorsque la pathologie des malentendants venait à se dégrader au-delà d’un certain stade. 

Comme à l’accoutumé l’audioprothésiste posséda à de petites améliorations techniques, en changeant les embouts plastiques devenus trop rigides au fil du temps, elle vérifia si les appareils ne présentaient pas de défectuosités, puis me posa les questions habituelles pour procéder à différents petits réglages.

Le casque d’écoute sur les oreilles, je tentais à présent de distinguer à tour de rôle les sons graves et les sons aigus, ces derniers étant beaucoup plus difficiles à détecter. Comme entendre distinctement des sonorités, n’allait pas de soi, je me concentrai un maximum, soucieux à ce que l’examen se passe pour le mieux.

Le verdict allait dans le bon sens car mon audition ne s’était pas dégradée, j’étais donc plutôt rassuré de ce côté-là.

 

 

 



L’accessoire de bien-être

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« L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. »

On connait tous cet adage, et il n’est pas dénué de sens, loin s’en faut, être rempli de pensées philosophiques est une bonne chose, mais mourir de froid dans la rue en est une autre. Entre nécessité vitale et confort superflu, tout est évidement question d’équilibre.

Néanmoins la course au toujours plus ne même pas à grand-chose, sinon qu’au néant de l’esprit.  

La société matérialiste se caractérise par le désir de posséder des quantités de choses dont elle a l’impression qu’elles sont indispensables à sa survie. Cette obsession du bien-être pas les objets occupent tellement de terrain dans les pensées, qu’il n’y a plus de place pour l’essentiel, à savoir donner un sens plus humanitaire à sa vie.   

Ce besoin du toujours plus entraîne bien de vices, l’égoïsme, la jalousie, l’esprit de compétition malsaine, l’indifférence, etc.

Dans un univers peuplé de gadgets, une éternelle insatisfaction s’installe peu à peu dans les esprits, une envie à peine assouvie, une autre envie vient prendre sa place, un peu comme lorsque l’on souffre d’une addiction.  

L’argent roi et maître du monde est un suppôt de Satan, il est responsable des plus grands maux de cette planète, mépris des valeurs sociales, mépris de la vie en général, guerre, exploitation humaine. La compétition du toujours plus engendre des riches de plus en plus riches, et des pauvres de plus en plus pauvres, des faibles de plus en plus faibles et des forts de plus en plus forts.

Certes l’injustice a toujours existé, et elle existera toujours, mais soyons cette petite goutte d’eau dans la mer qui pourrait malgré tout faire changer le  comportement des hommes, ne serait-ce que d’un petit chouia. Plutôt que de piétiner notre semblable, afin de rassasier un de nos nouveaux caprices, pensons au contraire à le regarder, à le respecter, à jauger ce qui est le plus important dans notre vie, la richesse matérielle, ou la richesse du cœur.

Essayons de savoir ce qui nous rapporte le plus, de posséder un tas d’objets sans âme, un compte en banque hyper bien rempli, un haut salaire au mépris de la vie de famille, ou au contraire être pourvu de  gentillesse, d’ empathie, d’altruisme, de tolérance, d’une ouverture d’esprit avec les autres, sachant que par effet de boomerang, toutes ces qualités porteront rapidement et irrémédiablement leurs fruits.  

Avant d’aller chercher dans le futile une illusion de bonheur, gardons en mémoire que ce qui compte avant tout pour notre équilibre mental : le vécu des sentiments.

N’estimons pas les ‘’amis’’ par rapport à leur réussite professionnelle, ou par rapport à l’opulence de leur équipement en tous genres, car ils risquent de vous apprécier pour les mêmes considérations et donc de vous laisser tomber dès que vous rencontrerez la moindre difficulté dans votre existence.

Dans une société comme la nôtre, le spirituel ne fait plus guère recette, il faut donc avoir de bonne raison pour se détacher d’une éducation encourageant les gens à paraître plutôt que d’être.   

Bien souvent se sont les épreuves qui nous ouvrent les yeux, particulièrement lorsqu’elles nous propulsent petit à petit vers l’obscurité de la nuit, n’attendons donc pas cette extrémité pour prendre conscience de notre véritable rôle sur cette planète.

Personnellement je suis allé voir le film ‘’Patients’’ de ‘’ Grand corps malade’’, une image m’a frappé, celle où le jeune homme allongé sur son lit, paralysé des membres, et dépendant à 100% du personnel médical, regarde par la force des choses une émission de télé-achat, qui vente un produit miraculeux. La caméra fait un gros plan sur son visage, on le voit alors lever les yeux au ciel, et pousser un soupir qui en dit long sur le malaise de notre société, et le décalage existant entre ce qu’il est en train de vivre, et ‘’l’indispensable’’ accessoire de  bien-être que l’on est en train de lui proposer.   

 

Joël Gautier 8 mars 2017



Aide-toi et le ciel t’aidera

 

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« Aide toi et le ciel t’aidera. » 

Le cancer est un ennemi redoutable, tout le monde le sait, ni le malade, ni sa famille, ni ses amis n’ont besoin qu’on leur fasse un dessin.  Lorsque l’on est atteint par cette terrible affection deux solutions s’offrent à nous, rendre aussitôt nos armes, ou bien décidé de continuer à vivre, même avec le peu de moyens que nous possédons.

Dans leur domaine, la chirurgie, la médecine, et la recherche pharmacologique ont fait d’innombrables progrès, leur aide demeure évidemment primordiale, cependant l’expérience nous enseigne qu’au plus fort du combat, le corps et l’esprit doivent être en étroite corrélation. En effet le personnel de santé pourra bien faire preuve d’ingéniosité, si nous refusons la réalité de la maladie, aucun miracle ne viendra sauver notre corps en souffrance.

 

Joël Gautier 05 mars 2017

 

« L’éternelle énigme. »

Je ne veux pas passer pour le samaritain prêchant le bonne parole, mais nous savons tous que la vie, la mort, la terre, l’espace, etc.  font partis des mystères nombreux qui peuplent nos pensées. Depuis son origine l’homme a toujours eu peur de l’inconnu, aussi a-t’il cherché coute que coute à se rassurer vis-à-vis de ses sempiternels questionnements.

Certains prétendent donc que Dieu existe et qu’il est le créateur universel, d’autres affirment que toute forme d’existence peut être expliquée par la science, reniant ainsi toutes religions. Moi je pense être situé entre ces deux convictions. Bien que je ne détienne pas plus la vérité que mes semblables, je crois que nous avons besoin de faire confiance à quelque chose qui nous dépasse, sans avoir la nécessité de l’identifier. En ce qui me concerne, si je ne le pensais pas, à coup sûr mon ignorance m’engloutirait vivant.  

 

Joël Gautier 05 mars 2017   

 

« La tranquillité de l’âme. »

Le véritable soulagement à la souffrance n’est pas simplement d’ordre physique, il vient aussi et surtout d’une certaine forme de paix intérieure, paix intérieure que l’on acquière lentement, en apprenant autant de nos échecs que de nos succès. Néanmoins l’amour et la compassion reçus des autres sont des moteurs qui nous aident à progresser dans cette optique de bien-être, ils sont même des nécessités. La prétention suprême serait de dire que nous en n’avons pas besoin. La bataille contre le cancer ne se gagne pas sans l’appui prisé de notre environnement, notre force se nourrit autant de notre propre détermination que de la protection et de la bienveillance de ceux qui nous accompagnent quotidiennement  dans notre combat pour la vie.

 

Joël Gautier 05 mars 2017

 

« L’humanisme dans notre jardin. »

Une belle maison, un bel équipement ménager, une belle voiture, un voyage à Tataouine les ombrelles, des séances de fitness, une pleine armoire de produits en tous genres, rien ne remplacera l’importance de posséder avant tout une bonne santé et un bon équilibre mental. Nous ne sommes pas venus au monde pour nager dans l’opulence, à force de vouloir s’en persuader on finit d’ailleurs par s’y noyer. Ne soyons pas égoïste, en poursuivant avec acharnement ce que nous croyons être notre bien-être, car notre vrai bonheur viendra en réalité des efforts que nous ferons pour développer notre culture de l’humanisme.

 

Joël Gautier 05 mars 2017   

 

J’avais envie de me libérer au plus vite de ce poids du doute qui ne manquait pas de me peser sur l’estomac, et cette attente interminable d’une carte vitale qui n’arrivait toujours pas, pourrissait un peu plus la situation.

Je sentis qu’il fut le moment de mettre ma philosophie en application, en combattant l’élément déclencheur de mon agitation, cette impatience que connaissaient trop bien les malades vivant des histoires semblables à la mienne.

Je tentais de chasser la grisaille un peu trop encombrante de mes pensées, lorsqu’enfin le top de départ fut donné.

Nous avions une bonne demi-heure de retard lorsque nous arrivâmes au service des consultations. Nous n’étions pas responsables de cet état de fait, et la secrétaire de mon oncologue nous débarrassa de notre gène. Nous fûmes d’ailleurs invités à nous assoir directement sur les sièges qui jouxtaient le bureau du médecin. 

Pour dominer l’angoisse j’avais pris l’habitude de fixer mon regard sur la photo accrochée au mur, mais celle-ci avait disparu depuis bien trop longtemps pour que je puisse avoir l’espoir de la revoir un jour. A la place je devais me contenter d’un mur blanc sans attrait.

« Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué » Cet adage nous enseigne qu’un excès d’optimisme est dangereux, car en cas de mauvaises nouvelles, nous risquons de tomber de très haut, compromettant ainsi lourdement notre capacité à rebondir.

Pourtant je ne pouvais pas m’empêcher de penser que mes chances étaient bonnes, je ne souffrais pas d’inquiétantes douleurs, les gens n’arrêtaient pas de venter ma mine superbe, enfin, j’avais tendance à prendre du poids.

J’en étais là de mes pensées, lorsque la porte s’ouvrit sur l’oncologue qui nous adressa un large sourire, avant de nous inviter à nous installer dans son bureau. 

Malgré les belles couleurs de mes pensées, je n’étais pas tout à fait zen, une part de moi redoutait en effet cet élan de confiance.

« Tout d’abord je vous souhaite mes meilleurs vœux pour cette année 2017 ! »

En une fraction de seconde je compris qu’il se serait abstenu de prononcer cette formule de courtoisie, si les nouvelles étaient mauvaises.

« Merci monsieur R, nous vous souhaitons également la même chose ! »

« Bon le scanner est plus que rassurant, jusqu’à présent  il n’y pas de progression de la maladie! »

Il semblait largement aussi satisfait que nous de ces résultats, son rôle n’étant pas des plus faciles lorsqu’il s’agissait d’annoncer une catastrophe à ses patients. De plus de bons pronostics ne pouvaient que l’encourager à poursuivre son métier très difficile de médecin spécialiste en oncologie.

« Sinon comment allez-vous ? »

Même si pas mal de pathologies annexes au cancer et plus ou moins invalidantes continuaient à me poser des problèmes, je n’avais pas lieu de me plaindre au regard des mille et une souffrances que j’avais pu subir par le passé. Je lui répondis donc que je me portais ‘’comme un charme’’.

Nous prîmes congé emportant avec nous les ordonnances habituelles, ainsi qu’avec la date d’un rendez-vous fixé au mois de mars.



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