L’érosion du corps

 

 

zrpsoion

 

« L’espoir est important, car il peut rendre l’instant présent moins difficile à supporter. Si nous pensons que demain sera meilleur, nous pouvons supporter les difficultés d’aujourd’hui. »

Thich Nhat Hanh

 

« Le cœur est comme un jardin où peuvent pousser la peur, la compassion, la haine et l’amour. Que vas-tu semer ? »

Jack Korn Field

 

« Comme je l’ai déjà mentionné dans mes écrits, notre naissance nous entraîne dans un match dangereux, et nous comprenons très vite qu’il faudra un jour perdre définitivement la partie.

En attendant cet état de fait, nous avons quand même pas mal de manche à disputer, la maladie étant de celles contre lesquelles nous aurons beaucoup de mal à rivaliser.

Lorsque nous avons le cancer comme adversaire, nos chances de remporter la victoire dépendent de multiples facteurs, virulence de notre affection, capacité physique de notre organisme à combattre, efficacité des traitements, compétences des milieux médicaux, soutien moral, opportunité de la recherche pharmaceutique, etc.

Nous ne jouons pas avec des cartes trafiquées, et l’aide extérieure a également à ses limites, il faut donc apprendre seul et petit à petit la stratégie de l’adversaire, et faire en sorte de le dérouter pour ensuite mener à bien notre contre-offensive.

Mais avant, il est important que nous ayons l’esprit clair, certaines vilaines pensées doivent disparaître de notre cerveau. Nous devons nous défaire de notre nostalgie, de nos blessures, en nous concentrant uniquement sur l’instant présent.

Rien ne sera jamais plus comme avant, pas même un miracle nous rendra ce que nous avons perdu. Notre passé triste ou joyeux n’a plus rien à voir avec notre existence. Ne soyons plus les hommes d’hier mais ceux d’aujourd’hui et de demain. »  

Joël Gautier 15 mars 2017

 

Erosion du corps

Le cancer attaqua mon corps comme la mer érode la falaise

Sa tumeur une fois installée y grandit en prenant ses aises

La maladie bouleversa tout à coup mes habitudes

Arriva le temps de la peur et de l’incertitude

Débuta ensuite un assez long parcours du combattant

Chirurgie, médecine, traitements, rien ne fût très marrant.  

 

Le cancer attaqua plus fort encore, diffusant son venin toxique

Ses métastases migrèrent un peu partout, quintuplant ma panique.  

Au fil des opérations et des mutilations mon corps se dégrada

Arriva le moment de constater l’ampleur de mon bien triste état.

Débuta ensuite le lent travail de l’acceptation de soi

Vieillir avant l’heure, la maladie ne me donna pas le choix.

Joël Gautier 15 mars 2017

 

Jeudi 9 février soit un peu moins d’une semaine après avoir fait contrôler mes capacités auditives, j’avais rendez-vous cette fois avec le cardiologue. Deux mois et demi s’étaient écoulés depuis la prise de mon rendez-vous, la profession n’échappait pas à la règle d’un manque préoccupant de médecins et spécialistes en tous genres. 

Je connaissais le docteur L de longue date, il me suivait en effet depuis les années 90, je n’étais donc pas pour lui un inconnu, à fortiori lorsqu’il s’agissait de prendre une décision concernant ma santé.

La salle d’attente n’était occupée que par une sexagénaire, qui comme une adolescente manipulait  sans trop de raisons son smartphone. 

Un couple de personnes un peu plus âgées vint nous rejoindre, avant que la sexagénaire ne soit appelée par le cardiologue.

La patience était l’une de ces nombreuses vertus que nous avions pris l’habitude de cultiver, dans notre esprit de malade et d’accompagnant. Chantal lisait une autobiographie, quant à moi je rêvassais en contemplant les murs ornés de tableaux.  

Le praticien avait une bonne demi-heure de retard lorsqu’il vint nous chercher. Je me souvenais de notre dernière rencontre, comme si elle avait eu lieu la veille. Ce mardi matin du 27 août 2013, alors que j’étais déjà en tenu pour dire adieu à ma surrénale restante,  il avait dû me faire passer de toute urgence une échographie cardiaque, l’anesthésiste ayant refusé ma présence au bloc opératoire avant que cet examen ne soit réalisé.  

Malgré le nombre de patients encombrant sa salle d’attente, il s’était exécuté sans broncher, l’oubli devant être imputé à sa négligence.

Depuis lors en période estival j’avais eu à faire avec son collègue, le docteur R, qui m’avait prescrit l’Amiodarone, en lieu et place du Rythmol sans effet sur mon arythmie.

Il me sera la main, je remarquai qu’il n’avait pas changé quoique son ventre fût un peu plus bedonnant. Il nous invita à nous asseoir, lut la lettre de mon généraliste, consulta mon dossier sur son écran ordinateur, puis m’invita à me déshabiller et à m’allonger ensuite sur la table d’examen pour me faire passer un électrocardiogramme. Il posa délicatement ses dix électrodes sur mon thorax, mes jambes et mes bras puis procéda à l’enregistrement du rythme cardiaque.

Rien n’avait l’air à priori de le choquer, il me libéra au bout d’environ cinq minutes, sans plus de commentaires.

Je lui parlai de mon mal-être concernant les effets dévastateurs de l’Amiodarone sur ma peau exposée au soleil,  il me répondit qu’il n’y n’avait pas d’autres solutions que les crèmes protectrices. Ainsi donc il n’était plus question d’affronter l’été autrement que d’être habillé à la manière d’un touareg, ou que d’être badigeonner d’un flacon d’ambre solaire à chacune de mes sorties. Une situation qui engendrait une désocialisation peu enviable, et pour ce qui était de ma frustration, je devais la combattre par mes propres moyens, ses compétences s’arrêtaient là.

L’examen ne révélait pas la cause de mes ‘’détresses respiratoires’’ au réveil, ni de mes   essoufflements à l’effort. Le premier de ces troubles avait disparus pendant une période, et ils réapparaissaient à présent, à une cadence régulière.

Le cardiologue ne mettait pas ça d’emblée sur le compte de ma prise importante de poids, il préféra programmer une échographie cardiaque, ainsi qu’un enregistrement de mes apnées du sommeil.

Il me demanda ensuite où j’en étais de ma lutte contre la maladie, puis me cita l’exemple d’un couple, qui avait traversé pour l’un l’épreuve de 12 cancers différents, et pour l’autre 7 cancers également différents. Je ne pouvais donc que m’incliner devant un tel ‘’score,’’ il me restait à vivre pas mal de choses avant de pouvoir les rivaliser, ce qui ne me faisait par rêver.      



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