Petites graines de philosophie, ou l’héritage de vie

 

lhéritage de vie

Le sablier de la vie

D’une étape à l’autre, nous passons des langes à la prime enfance, de la prime enfance à l’adolescence, de l’adolescence à l’âge adulte, de l’âge adulte à la vieillesse. La vie nous file ainsi entre les doigts, jusqu’à ce que la faucheuse agite au loin son drapeau, désignant ainsi pour nous la ligne finale d’arrivée.  

La mort reste un grand mystère, et durant toute notre existence nous préférons généralement l’ignorer.

Mais parfois la réalité nous rattrape plus vite que nous l’aurions espéré et nous sentons alors la fin probable de notre périple. Nous prenons alors conscience que nous ne sommes propriétaires de rien, ni de notre  santé, ni de notre richesse, ni de notre jeunesse, ni de bien d’autres choses encore. Mêmes nos souvenirs peuvent nous être retirés par la défaillance inéluctable de notre cerveau.

Joël Gautier 21 mars 2017    

 

Le ciel bleu de la vie

Perdre définitivement la santé, est une terrible épreuve à surmonter. Mais les mois passants nous découvrons peu à peu que notre mental à la capacité de s’adapter aux situations aussi dramatiques soient-elles, il suffit simplement de le vouloir. Lorsque au bout d’un long parcours médical l’expérience nous amène enfin à maîtriser nos états d’âme, notre processus de deuil d’un passé qui ne sera jamais plus, est alors sans conteste achevé. Cette traversée des ténèbres nous conduit aussi à une compréhension totalement inédite de la vie, ainsi qu’à ses aspects oh combien momentanés.

Dès lors notre fragilité de patient en sursis prend conscience qu’il faut saisir et apprécier impérativement les brefs moments de bonheur et de bien-être, plutôt que de nous attarder à des choses qui n’en valent pas la peine.

Joël Gautier 21 mars 2017

 

L’héritage de la vie

N’anticipons pas les évènements avant qu’ils n’arrivent, ainsi plutôt que vivre dans la peur d’un futur incertain, prenons le temps d’apprécier l’instant. Ne gâchons pas nos journées à être absent mentalement de notre environnement. Ayons plutôt le bon réflexe d’écouter, d’apprendre à connaître, d’apprécier, d’aimer, de détester, d’avoir une opinion, bref d’être encore vivant.

Goutons le plaisir de recevoir en héritage toutes les choses que nos proches et nos relations, ont pu nous donner, et si un jour nous devons faire nos adieux, nous emmènerons dans nos valises toutes les bonnes choses que ces personnes nous aurons apportées.  

Joël Gautier 21 mars 2017.

 

Le défi

La maladie nous insiste à faire le deuil de ce que notre vie représentait avant, et nous devons impérativement réussir dans notre démarche, au risque de rendre l’épreuve encore plus difficile.

N’immortalisons pas ce qui ne peut l’être, le passé est le passé, prenons au contraire le contrôle de nous-mêmes et allons de l’avant.

Nous défaire de ce fardeau canalise nos forces pour affronter l’inconnu. Le destin nous inflige quelques choses de douloureux, d’injuste, d’insupportable, nos interrogations sont grandes, mais ne nous avouons pas vaincu d’avance, relevons au contraire le défi.   

Joël Gautier 22 mars 2017

 

Petits ou grands malheurs

Ne perdons pas notre temps à raconter nos petits ou grands malheurs à ceux qui ne nous écoutent que par politesse, mais qui finalement n’en ont rien à faire. Se plaindre ne sert à rien, se plaindre  est même contre-productif, et entraîne dans son sillage des pensées négatives.

La maladie nous a infligé des épreuves, mais elle nous a aussi renforcés en nous donnant une belle leçon de vie. Profitons de ce que nous avons extirpé de meilleurs en nous, pour le transmettre à ceux qui en vaillent la peine.

Joël Gautier 23 mars 2017

 

Peu de temps après avoir été partiellement rassuré par mon cardiologue, c’était à présent ma visite trimestrielle chez mon généraliste qui était d’actualité.

Ma prise journalière de traitements annexes au cancer se passant pour le mieux, je n’avais pas de remarques à lui faire, à ce sujet.

Mes interrogations du moment portaient plus spécifiquement sur mes problèmes d’écoulements d’oreilles qui recommençaient de plus belle, mais aussi sur mes tiraillements parfois douloureux qui s’accentuaient du côté de mon épaule gauche.

Eventuellement il fallait aussi lui parler de l’arrière de mon genou droit, qui claquait  à chaque fois que j’avançais d’un pas.

Depuis que le docteur C avait été gravement affecté par la maladie, sa salle d’attente n’était jamais pleine, il savait à présent préserver sa santé. C’est dans ce contexte que je n’eus pas à patienter longtemps avant de franchir la porte de son cabinet.

« Comment allez-vous Joël ? »

« Je vais bien ! »

Il est vrai que ma vie n’était pas celle d’une personne en très bonne santé, mais je ne m’accordais pas le droit de me plaindre, comparé à d’autres patients bien plus handicapés que moi. D’autre-part au bout de 12 ans et quelques mois de maladie j’étais toujours là, ce qui n’était pas le cas pour bien d’autres personnes.

Il m’invita à me déshabiller et à passer sur la balance.

« Et bien dites-donc vous avez pris pas mal de poids ! »

Je m’allongeais ensuite sur la table d’examen, et il tâta mes pommettes dont je pensais qu’elles étaient gonflées d’œdème.   

« Non non ! Vous n’avez pas d’œdème, je ne peux que confirmer ce que nous a indiqué la balance. »

Je n’avais pas changé de régime alimentaire, et je n’étais pas sans ignorer que mes activités physiques n’étaient plus que l’ombre d’elles-mêmes. Il me conseilla de faire des efforts et de reprendre progressivement la marche. Il n’avait pas besoin de me le dire, mais même avec la meilleur volonté du monde, mon corps me disait stop à chaque fois que je voulais me ‘’surpasser’’. Je ne savais pas comment j’allais mis prendre pour sortir de l’impasse dans laquelle je m’étais fourré, mais je me promis néanmoins de trouver une solution.

Il m’ausculta l’intérieur des oreilles, et constata une légère humidité pour laquelle je n’avais pas trop à m’inquiéter. Il suffisait simplement que je sois vigilent et qu’au moindre doute j’applique de nouveau des gouttes d’Ofloxacine. De toute manière j’avais un rendez-vous de programmer avec l’ORL, il serait dans tous les cas apporter une solution au problème.  

J’attendis qu’il termine ses différents contrôles de routine avant de lui parler de mon second sujet de préoccupation.

« Mon épaule gauche est en train de s’affaisser , je ressens une gêne importante à hauteur du cou, et des douleurs diffuses au niveau de cette même épaule. »

« Cette asymétrie est effectivement très prononcée, elle est due au fait que vous souffrez d’une cerrvicotrapezalgie occasionnée par de l’arthrose cervicale, elle-même favorisée par vos traitements de radiothérapie.»  

« Peut-on y faire quelques choses ? »

« Malheureusement non ! »

« Et des séances de kinésithérapie ? »

« Je ne suis par contre, à conditions qu’elles soient réalisées en douceur ! »

Il s’arrêta un bref moment de parler, puis poursuivit.

« Ce ne sera pas un remède miracle, mais j’espère que vous serez soulagé ! »



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