Le vieux bateau

 

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Le vieux bateau

Dans un petit port de pêche, il y avait un vieux bateau qui n’avait de cesse de panser ses plaies.

« J’en ai assez, disait-il des tempêtes, je préférerais vivre en cale sèche sur la corniche à regarder le temps qui passe, ce serait pour moi moins déprimant, malheureusement à force d’épreuves, je ne me vaux plus rien.»

«Vraiment, disait le malin, pour qui se prend-il celui-là ? Un bateau  c’est fait pour aller sur l’eau et rien d’autre !»

« Malin ne pourrais-tu pas avoir un peu de pitié ? »

« Non ! Si tu ne veux plus combattre les assauts de l’océan, tu es tout juste bon pour la casse, ricana le malin. Il ne me reste plus qu’à t’anéantir et ce sera bien fait pour toi ! »

Et son alliée la faucheuse attendant patiemment  son heure, se mit à rire avec le malin.  

Quelques temps après, le malin décida de mettre sa menace à exécution. Le vieux bateau ne savait plus s’il devait s’en réjouir, ou bien se désespérer, car depuis tout ce temps il avait tellement souffert, et il était tellement fatigué !

Mais dans ce petit port, il y avait d’autres bateaux qui n’avaient pas encore subi la menace des flots,  Ils haïssaient  le malin, et déprimaient de voir le vieux bateau si mal en point.

Quand Ils apprirent qu’on allait le démolir pour de bon, ils le supplièrent de reprendre la mer, car ils y étaient attachés, et ne voulaient pas le voir disparaître de leur environnent.

Alors le vieux bateau se sentit moins seul, il accepta d’être réparé et transformé en navire de combat. Il reprit donc la mer et dès lors redouta un peu moins la tempête. Durant de nombreuses  années encore, il effectua de nouveaux longs voyages, parfois bousculé, parfois endommagé, mais toujours naviguant.

Si vous passez un jour par ce petit port peut-être aurez-vous  la chance de le rencontrer.

 

Joël Gautier 14 avril 2017

 

J’étais sorti de chez mon généraliste en ayant une nouvelle fois passé à la trappe mes problèmes de claquements de genou.  

Ma gêne n’étant pas aussi invalidante que ça, je me consolai rapidement de cette omission, tout en me promettant de remettre la question sur le tapis lors de ma prochaine visite.

L’année 2017 tenait ses promesses, après l’oncologue, l’audioprothésiste, le cardiologue, le généraliste c’était au tour du chirurgien-dentiste de contrôler les effets pervers de la chimiothérapie.

La xérostomie ou bouche sèche m’affectait durablement, mais par phases plus ou moins conséquentes, la nuit étant celles les plus virulentes. De ce fait les risques d’apparition de caries étaient multipliés par dix par rapport à un individu normal.

Je n’avais pas d’aphtes, mes gencives n’étaient pas sensibles au froid, et je ne ressentais aucune autres douleurs particulières, cependant je voulais être à la fois confient et prudent, car je savais par expérience que des mauvaises surprises pouvaient très vites assombrir le tableau.

En ce début d’après-midi du 28 février il faisait froid et sec, j’avais besoin de me déverrouiller autant les muscles que les articulations, je me rendis donc au cabinet dentaire à pied.

Je n’eus pas besoin d’attendre bien longtemps, et en deux temps trois mouvements je me retrouvai assis sur le fauteuil de patient en position allongée, la bouche grande ouverte.  

Au bout de quelques minutes d’observation le docteur P me confirma que mes dents, bien que légèrement entartrées étaient saines. Il fallut donc que je me soumette de mauvaise grâce à l’exercice de détartrage proposé par le praticien.

Je fus soulagé lorsqu’il m’annonça que son travail était terminé.

« Est-ce vous avez des difficultés pour manger du fait de votre manque de salive ? »

« J’avale à peu près tout, mais les ennuis apparaissent surtout lorsque les aliments sont trop secs, ils agissent alors  comme un papier buveur, et je dois boire une gorgée d’eau à chaque fois que je veux déglutir, rien de bien plaisant ! »

« Et la nuit ? » 

« La nuit la sécheresse affecte le fond de ma gorge, le palet, la langue, les amygdales, la luette, j’éprouve également des difficultés à avaler ! »

« En avez-vous parlé à votre généraliste ? »

« SI je devais parler de tous mes problèmes à chaque consultation, il me faudrait lui lire un dictionnaire Larousse en entier ! »

Je ne savais pas s’il avait apprécié la plaisanterie, car il resta de marbre Il devait se dire qu’après tout c’était mon problème ! Il avait fait son boulot pour lui c’était l’essentiel !

Rendez-vous fut donc fixé dans six mois, d’ici là il me rappela l’importance d’utiliser des bossettes inter-dentaires, et de ne pas hésiter à le rappeler en cas d’anomalies. 

Mes lecteurs doivent penser que mon bateau prend l’eau de toute part et que je passe mon temps à colmater les brèches. Il est vrai que depuis un peu plus de douze ans le cumul des heures passées dans les salles d’attentes donnerait le tournis, mais ce témoignage écrit passe sous silence une grande partie du reste de ma vie. Je le répète encore, je m’estime heureux de pouvoir encore profiter du ciel bleu, lorsque je songe au bien tristes pronostics engagés par le corps médical à mon encontre quelques années auparavant.



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