La comédie dell’arte

 

dell'arte

Le monde est un vaste théâtre et les humains sont des acteurs qui se contraignent le plus souvent à jouer des rôles souvent à l’opposé de leur propre personnalité.

Être comédien pour ne pas décevoir, pour ne pas blesser, par peur d’être jugé, pour se faire remarquer, pour satisfaire ses ambitions égoïstes, pour se donner l’impression d’exister, la liste n’étant pas exhaustive.

On croit connaître les gens, mais ce que nous savons d’eux, ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Les faux semblants font partie de la vie de tous les jours, il serait pourtant tellement important de s’en défaire, de s’en libérer, mais voilà la vérité n’étant pas toujours bonne à dire, nous préférons garder le masque des convenances, sans doute par lâcheté, pour ne pas compromettre nos intérêts, ou tout simplement pour protéger ce que nous croyons être notre réputation et celle de notre famille.

Derrière ce masque nous sommes souvent seuls, nos sentiments de culpabilité, nos doutes, nos complexes nous mettent la pression, attisent notre manque de confiance en nous. Cet état d’esprit nous pèse inconsciemment  comme un bât sur le dos d’un âne, comme les semelles de plomb d’un scaphandrier. Néanmoins nous continuons d’avancer, nous sentons bien que quelque chose ne va pas, mais nous sommes incapables de définir nos maux.   

Derrière ce masque nous avons fait le choix du paraître plutôt qu’être, nous prenons soin que notre entourage est une bonne opinion de nous, mais nous ne sommes pas honnêtes avec notre égo, ni avec les autres d’ailleurs, car nous sommes persuadés que c’est le prix à payer pour ne pas être marginalisé.

Derrière ce masque nous prenons la forme d’un moule qui correspond exactement aux attentes de la société, nous pensons avoir fait le bon choix car nous assurons la sécurité financière et matérielle de notre famille, au prix de bien des sacrifices qui le plus souvent érodent notre bien-être.

Nous pensons que le bonheur passe par la réussite professionnelle, par la recherche perpétuelle de la  reconnaissance des autres, mais nous  sommes dans l’erreur, car le vrai sens de la vie ne se trouve pas sur le chemin que nous avons emprunté, paradoxalement se sont les bien sombres perspectives de la maladie qui nous ouvrent les yeux.  

La maladie, toujours elle ! Nous enseigne que notre temps est précieux et qu’il ne doit plus être utilisé dans le futile, ne nous perdons pas dans une voie sans issue, faisons machine arrière et prenons cette fois la bonne direction, il s’agit d’une urgence absolue.

L’annonce du cancer détonne dans notre esprit, au fil du temps nos pensées muent comme un serpent qui doit se débarrasser de son ancienne peau pour la remplacer sous l’influence de différents facteurs, dont celui de l’évolution inattendue du milieu dans lequel il évoluait jusqu’à présent.  

L’annonce de la maladie est comme un courant d’air qui soulève la poussière, fait claquer des portes, comme une tempête qui souffle les tuiles de la maison, lézarde les murs, comme un cyclone qui détruit tout sur son passage.

Il ne nous reste plus qu’à constater les dégâts, notre passé n’a plus de place dans votre vie, il faut consolider les murs, fermer les portes, faire le ménage, se débarrasser de ce qui encombre, changer la décoration, bref se refaire une nouvelle vie.

Le destin nous a lancé un défi, nous devons accepter de le relever afin de retrouver la paix avec nous même, afin de comprendre qui nous sommes exactement, afin d’assumer nos défauts, afin que notre apparence reflètent sans ambigüités notre personnalité, afin de mettre définitivement un terme à cette phobie que nous avons de ne pas être aimé tels que  nous sommes.   

 

Joël Gautier 29 avril 2017

 

L’après-midi du 8 mars je repris le chemin du cabinet de kinésithérapie aménagé dans l’ancienne clinique de la ville, à l’endroit même où mes deux premières lourdes opérations avaient eu lieu quelques douze ans plus tôt. Ma cerrvicotrapezalgie faisait partie de ma vie de tous les jours comme bien d’autres séquelles liées aux différentes interventions chirurgicales et  traitements associés dans la lutte contre le cancer. Cependant ma gène s’accroissait de jour en jour, et j’avais de plus en plus de mal à m’y accoutumer. C’était la raison pour laquelle mon généraliste avait bien voulu me prescrire des séances de massages, dans l’espoir incertain de soulager ma peine.

Les raideurs excessives de l’épaule gauche et de la nuque occasionnaient parfois des douleurs dans le cou qui se propageaient des mâchoires jusqu’à la tête, particulièrement le matin lorsque mon corps se dérouillait d’une longue nuit de sommeil.  

Je tenais ma promesse de faire des efforts physiques pour contrecarrer ma prise de poids, ce fut donc à pied que je me rendis à mon rendez-vous. Je n’avais qu’une dizaine de minutes de marche à faire, aussi l’exercice ne fut pas insurmontable. 

Le service avait déménagé, je n’empruntai donc pas l’aile droite du rez-de-chaussée, à présent il fallait filer le couloir face à l’entrée, et je pénétrai immédiatement dans la salle d’attente, les locaux étaient fraîchement restaurés, mais sans fenêtre et par conséquent éclairés uniquement par des néons.    

Mme V était un petit bout de femme  affable, elle ne m’était pas inconnue puisque j’avais déjà eu à faire à elle pour tenter sans succès de résorber par des massages lymphatiques, l’œdème qui m’entravait le cou depuis mes séances de radiothérapie. D’origine étrangère elle prononçait ses phrases avec un fort accent, mais je m’étais accoutumé à son langage, et je comprenais donc à présent les messages qu’elle voulait bien me faire passer.   

Elle prit connaissance de mon ordonnance et des instructions du médecin, puis m’invita à me déshabiller avant de m’allonger sur le dos. Elle s’absenta quelques instants, puis revint avec une compresse chauffante qu’elle me plaça à hauteur du cou.

« Je vous laisse seul un petit quart d’heure, le temps que vos muscles se détendent, et je reviendrai ensuite faire mon travail. »

La chaleur me procura immédiatement une sensation de bien-être, et je restai là paisiblement, les yeux fermés avant qu’elle ne fasse sa réapparition.

« Je vais vous demandez de vous mettre sur le ventre et de poser votre tête dans l’orifice prévu à cet effet. »

Je m’exécutai sans broncher, et sentit l’huile un peu froide couler sur moi. Elle s’occupa d’abord de mes trapèzes en décrivant avec les mains de petits cercles tout en pinçant légèrement la peau, puis malaxa la zone entre les omoplates avec les pouces. Elle me massa le long de la nuque, du bas vers le haut, me demanda plusieurs fois si son travail n’était pas trop brutal, question à laquelle je répondis par la négative, puis elle termina par de longues frictions du haut jusqu’en bas du dos.

J’étais légèrement groggy lorsqu’il fallut me relever, mais je me sentais détendu comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. Sur la route du retour j’avais même l’impression d’être réellement dans un état second, je ne pensais à rien, j’étais simplement bien dans mes baskets.

L’agressivité de la maladie, la dureté des journées post-opératoires, le calvaire des effets secondaires de la chimiothérapie, la contrainte des multiples examens, des rendez-vous médicaux en tous genres, les angoisses de l’attente des résultats, bref je vivais un moment rare où toutes ces épreuves n’étaient que de mauvais souvenirs.

 

 

 

 



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