Le poids des années

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Le poids des années, nos multiples opérations, nos multiples traitements, nos multiples zones de turbulences, tous ces facteurs s’associent donc pleinement pour  nous élimer jusqu’à la corde, en  nous affublant petit à petit de handicaps plus ou moins difficiles à assumer.

Les cancéreux qui s’en sortent sans une seule égratignure se comptent certainement sur les doigts de la main, les autres doivent se contenter pour le mieux de rester en vie avec toutes les séquelles que le parcours chaotique de la maladie leur aura laissées en héritage.

Avant d’accepter cet état de fait, nous avons bien du travail à faire sur nous même, à commencer par combattre la honte qui nous submerge à chaque fois que notre comportement physique ne correspond pas aux normes en vigueur.

Notre hantise suprême c’est le regard des autres, la société qui se veut parfaite nous intimide, nous  impressionne, nous désarçonne, nous dévalorise, rendant encore plus visibles nos tares que nous nous efforçons à dissimuler.

Notre peur c’est l’œil impitoyable de l’autre, celui qui à l’affût de la moindre défaillance ou du moindre défaut, nous jauge pour nous mettre ensuite à l’écart, dicté par un sentiment de gêne, plus que par volonté de nous nuire. « Mais ça nous l’ignorons encore ! »

Notre différence n’est pas facile à digérer, nos complexes nous tirent vers le bas, nous entrons dans un cercle vicieux qui nous donne le tournis et duquel nous ne savons pas comment nous allons pouvoir nous échapper.

Il faut pourtant réagir et vite, car le danger de désocialisation menace. Nous nous efforçons approximativement de donner une image de ce que nous voudrions bien pouvoir être, aux antipodes de ce que nous sommes devenus réellement. C’est indiscutablement une erreur de stratégie car cette situation s’avère rapidement intenable en pompant toute notre énergie. 

En premier lieu nous devons faire part de nos angoisses à notre famille, puis à nos amis, ils nous observeront alors avec un regard plus vigilent.

« En tout cas nous le croyons ! »

Malheureusement leurs inexpériences et leurs maladresses sont visibles, leurs craintes de nous blesser les transforment en papa ou maman poule, nous nous sentons alors rabaissés, plus que l’ombre de nous-même.

« Je ne suis plus capable de grand choses ! » C’est la première réflexion qui nous vient à l’esprit et qui nous blesse au plus profond de notre être.

La tentation de rentrer dans sa coquille est grande, s’excuser de ne pas entendre, de marcher lentement, de trembler des mains, d’avoir des problèmes d’intestins, d’être très vite épuisé, bref d’être emprisonné dans un corps de vieillard, ne résout rien, au contraire elle nous conforte dans notre sentiment de dévalorisation, et de notre perte d’estime de soi.  

Plutôt que de nous considérer comme le pauvre Quasimodo, essayons d’appréhender cet  environnement que nous croyons à tort, hostile et non rallié à notre cause.  Ayons l’objectif de modifier l’impact du regard des autres, et de faire preuve de tolérance envers leurs atermoiements. Certes nous ne parviendrons pas à nous persuader que nous sommes absolument capable de faire les choses sans nous préoccuper de nos voisins, mais nous pourrons malgré toute améliorer amplement la situation.

Pensons sincèrement que les gens nous veulent aux mieux du bien, aux pires qu’ils ne nous veulent pas de mal, nous nous épargnerons bien des angoisses inutiles.

De toute manière la bienveillance ou l’indifférence sont plus courantes que la malveillance ou la méchanceté.

Que les autres constatent les dégâts causés par la maladie n’est pas un problème en soi, vous n’êtes pas responsable de cet état de fait.

« Je suis comme je suis, tant pis si ma présence incommode! 

Nous montrer tel que nous sommes n’est pas un signe de faiblesse, et ne cédons pas à la tentation de penser que notre environnement va nous considérer comme tel. Nous sommes tombés malade, nous nous sommes battus pour vaincre la mort, nous nous en sortons un peu comme un champ truffé d’impact de bombes à la fin de la bataille, nos proches et nos relations ne pourront que saluer notre courage, car il en faut du courage pour affronter le crabe. 

Joël Gautier 15 mai 2017



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