TIVO-3 ou le nouveau voyage

nouveau voayge

Même si mes contractures musculaires étaient encore bien présentes, les bienfaits de ces massages réguliers rendaient les douleurs moins invalidantes, et  m’aidaient à trouver le bon positionnement dans mon lit, ce qui par conséquent facilitait à priori mon ensommeillement.  

A la question de mes fourmillements affectant aussi bien mon oreille que ma  joue gauche, la kinésithérapeute imputait la responsabilité de mon état aux rayons gamma qui avaient partiellement détruits mes terminaisons nerveuses à cet endroit.   

A la question de l’affaissement progressif de mon épaule gauche, je savais à présent qu’il existait plusieurs explications, une mauvaise posture, un affaiblissement des muscles, une structure inappropriée de la colonne vertébrale. Je devais la présence de tous ces facteurs de risques aux innombrables opérations, et traitements qui avaient fragilisés au fil du temps mon corps à présent bien éprouvé.  

Ainsi donc à moins de subir des séances de massages à longueur de journées, mon soulagement ne pouvait être que temporaire, je n’avais pas d’autres choix que de l’accepter.

Après une visite éclair chez l’ophtalmologiste qui m’avait diagnostiqué un début de cataracte et une légère baisse de ma vision, je devais songer à présent à prendre le chemin de l’agglomération nantaise pour un rendez-vous intermédiaire entre deux scanners.   

L’horaire de départ étant primordiale, nous savions qu’avec une convocation aussi matinale, nous allions devoir affronter une nouvelle fois le pic du trafic routier nantais d’un matin ordinaire.

La réalité était pire que celle que nous avions pu imaginer, le premier ralentissement eut lieu à hauteur de la bretelle de sortie de Basse-Goulaine, il restait donc pas mal de chemin à faire avant d’attendre la porte des vignobles. 

En devançant les difficultés nous étions partis suffisamment tôt pour ne pas nous faire attendre au centre médical, nous étions donc très légèrement en avance lorsque nous franchîmes les portes d’entrée du grand hall.  

Après avoir signalé administrativement notre arrivée, nous empruntâmes l’ascenseur puis le long couloir qui nous menait aux consultations.

N était absente, la secrétaire suppléante nous invita à patienter dans la salle d’attente. J’avais les yeux rivés sur le large écran plat accroché au mur, sur lequel un petit film en boucle vantait les mérites du CAC de l’espoir, lorsque le docteur R vint nous chercher en personne. Il nous accueillit avec sa jovialité coutumière, puis nous invita à nous rendre à son bureau.

Notre entretien débutait toujours par la même question : « Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre ? »  

Je n’avais franchement pas grand-chose à lui signaler, mais plutôt que de le laisser sans réponse, je choisis de m’adresser à lui sur un ton humoristique.

« Si on fait exception de mes 63 ans, de mes cheveux blancs, de mes douze années de lutte contre le cancer, de mes neuf opérations, de mes différents traitements, de mes douleurs, de mes diarrhées, de ma fatigue récurrente, de mes ennuis cardiaques, de mon hypertension, de ma thyroïdite d’Hashimoto, de mes problèmes d’audition, tout va pour le mieux ! »

Il s’apprêtait à répliquer joyeusement lorsque le téléphone sonna, ce qui interrompit notre conversation.

Lorsqu’il eut raccroché son combiné, son regard se porta de nouveau vers moi, mais il était trop tard, ma petite plaisanterie avais fait pschitt ! Je me contentai donc de lui signaler que j’étais en bonne forme, sans plus de détails.

Il est vrai que ces déplacements entre deux examens pouvaient paraître inutiles, alors que je n’avais rien de nouveau à lui mentionner, mais le protocole exigeait cette rencontre, le patricien ne pouvant se contenter malgré ma bonne foi, d’un simple coup de fil pour renouveler un traitement autant agressif et dangereux que couteux. Ma prise de sang étant relativement acceptable, j’eus donc le feu vert pour poursuivre ma chimiothérapie durant les deux mois à venir.

Je ne voulais pas le quitter sans lui parler de l’appel à la candidature qui avait été lancé sur un réseau social concernant l’essai d’une nouvelle molécule susceptible de soigner les cancers du rein. 

Le TIVO-3 semblait donc tenir toutes ses promesses, mais il s’agissait désormais de l’expérimenter sur des ‘’cobayes’’ humains et je souhaitais savoir si l’oncologue en avait été informé compte-tenu du fait que je me méfiais des annonces formulées de cette manière. 

J’appris donc que ce traitement était bien à l’état d’expérimentation mais qu’il était apparenté au Néxavar, molécule ayant atteint ses limites d’efficacité en ce qui me concerne.

Je me souvins de ce 5 aout 2005 où nous avions franchi pour la première fois les portes de CAC de l’espoir envoyé en tout désespoir de cause, par l’oncologue de notre centre hospitalier.

J’ignorais encore si j’allais faire partie des dix personnes sélectionnées pour participer à l’étude, mais c’était à l’époque ma seule chance de survie. J’avais été contraint de répondre à un questionnaire comportant une dizaine de pages et portant sur des sujets autant surprenants que variés. Il fallut ensuite attendre sept longs jours pour connaître les résultats déterminés par un ordinateur, et j’avais eu la chance d’être parmi les dix retenus pour tester cet angiogénique (Un traitement anti-angiogenèse combat la croissance tumorale en empêchant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins nourriciers).

Sans ce traitement qui n’avait rien de miraculeux mais qui prolongeait plus que sensiblement la vie des malades, je ne serais plus là pour écrire ce témoignage.

Nous quittâmes les lieux, munis des prescriptions habituelles heureux de pouvoir tourner encore une fois le dos à cet environnement de toutes les angoisses.  



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