Le livre des maux

 

le livre

La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir ; mais les maux présents triomphent d’elle.

 Inconnu

 On ne chérit jamais autant sa chance que lorsque l’on écoute le récit des malheurs d’autrui.

 Inconnu

 On parle sans cesse du partage des biens, il n’est jamais question du partage des maux ! Ce sont pourtant ces derniers, les maux que le destin a réparti le plus inégalement.

 Inconnu

Mes lecteurs assidus peuvent éprouver parfois de la lassitude à parcourir les chapitres successifs de mon récit. Au fil du temps ils doivent en effet avoir l’impression de relire les mêmes choses. Ils ont cet avantage d’être en mesure de laisser ‘’le livre’’ de côté pour un certain temps, ou de l’abandonner tout à fait, mais ils ont aussi le choix de m’accompagner sans relâche, afin de mieux comprendre à travers les mots, nos servitudes de malade et d’accompagnant.

En ce qui me concerne l’exercice n’est pas aussi simple qu’eux, je suis pris dans une souricière d’où il est impossible de m’échapper. Examens et rendez-vous successifs  me rappellent à chaque instant, que le mot santé est à rayer définitivement de mon dictionnaire.      

C’est dans ce contexte donc, que la page de mon escapade à Nantes à peine tournée, il fallait songer à revoir sans gaité de cœur cet ORL qui nous avait glacé le sang dès notre première visite.

Comme beaucoup d’autres voyages à caractères médicaux, c’était la énième fois que nous nous rendions au centre hospitalier choletais, nous connaissons le fonctionnement du service administratif aussi nous ne partîmes pas trop tard pour respecter l’horaire qui nous avait été donnée par la secrétaire du médecin.  

Nous savions par expérience que nous allions devoir attendre longuement notre tour, mais cette fois c’était pire que d’habitude, la salle d’attente était tellement pleine que nous dûmes nous ‘’réfugier’’ dans le couloir pour y trouver une place assise.  

J’avais abandonné dès le premier soir le traitement suggéré par l’ORL. Me mettre dans les oreilles des gouttes d’eau oxygénée occasionnait des brulures trop douloureuses à mon gout, je cherchais donc dans ma tête la bonne manière d’aborder le sujet durant la consultation. Je n’étais pas comme un gamin qui s’inquiétait d’avouer une désobéissance à un adulte, mais il faut bien le dire je ne me sentais pas non plus  complètement à l’aise, compte-tenu du caractère peu avenant de l’individu.

Une assistante médicale nous invita au bout d’une dizaine de minutes à rejoindre la salle d’attente légèrement désemplie. Je préférais largement les allées et venues du couloir, plutôt que de subir le silence pesant de ces lieux synonymes d’ennui et d’impatience.

Les aiguilles n’arrêtent jamais de tourner, arriva donc le moment proche de la délivrance, car j’avais hâte de rentrer chez moi.

La magie n’avait pas opéré, le docteur J restait le même, droit, stoïque, sans sourire, et avare de mots, une pierre tombale en comparaison de lui me semblait plus sympathique. J’eus droit au même ‘’cérémonial ‘’ que lors de mon rendez-vous précédent. Ainsi donc me donna-t-il  une série d’ordre à appliquer, et en moins de temps qu’il faut pour le dire, je me retrouvai assis dans le fauteuil d’examen privé de mes appareils auditifs, autrement dit projeté dans un autre monde.    

Avant de plonger dans le silence j’eus le temps de lui parler de mes soucis à supporter l’eau oxygénée, il n’eut pas l’air surpris de cet état de fait, et me confirma que j’avais bien fait d’abandonner le traitement. Du coup je ne comprenais plus la raison pour laquelle il m’avait prescrit cette politique de soins s’il n’était pas dès le départ convaincu lui-même du résultat. 

Il m’introduisit son otoscope dans l’une de mes oreilles, puis dans l’autre, ce qui m’éloigna immédiatement de mon sujet de préoccupation.  

Il constata comme à toutes mes consultations que la situation ne s’était pas améliorée, et procéda à une aspiration des impuretés, m’invita ensuite à reprendre mes appareils avant que je le rejoigne à son bureau. Il prit cette fois le temps de lire convenablement mon dossier, et me demanda crument où j’en étais rendu dans ma lutte contre le cancer. Je lui répondis aussi directement car il y belle lurette que je ne m’offusquais plus lorsque le milieu médical manquait de délicatesse à mon égard.

Finalement il me réitéra que je n’avais pas grand-chose à espérer, il fallait simplement veiller aux infections, il me prescrivit des gouttes d’Ofloxacine pour que je ne tombe pas en rupture de stock, puis nous proposa de nous revoir dans les six mois. 



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