Un bref moment d’exception

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Beaucoup de personnes minimisent la puissance incommensurable du mental sur la santé, pourtant nous savons bien selon l’expression populaire, qu’un moral en berne entraine des conséquences désastreuses sur le corps, ayant parfois pour conséquence le décès  prématuré de la personne.

Je suis bien placé pour affirmer la chose car  tous les jours je fais l’expérience de cet état de fait, ce qui représente une lutte acharnée pour faire barrière aux ondes négatives synonyme du basculement de l’état d’esprit vers une pente dangereuse, laquelle le cas échéant serait difficilement surmontable.

Avoir le moral ne guérit pas certes, mais apaise les souffrances, aide à accepter notre destin, et nous permet de maîtriser nos pensées, afin de les concentrer sur autres choses que sur la maladie.   

Je pensais en connaître un large rayon en ce domaine, mais un projet récemment réalisé vient de me prouver le contraire. 

Il y a exactement 7 ans que nous n’avions pas pris avec Chantal de vacances significatives, quelques hospitalisations, de nouveaux traitements et de nombreux examens étaient passés par là pour nous piéger comme des rats,  un épisode de mon parcours médical qui s’avérait particulièrement long, et sans un seul moment de répit.

Il est facile de comprendre dans ces conditions à quel point nous étions frustrés par cette tenace injustice. Nous vivions donc par procuration, souriant en écoutant les autres nous raconter leurs récits divers, et nous devions nous en satisfaire, tout en refoulant nos envies au plus profond de nous-même.  

Dans l’existence il faut dans la mesure du possible tenter de ne pas abandonner tout espoir, vivre au jour le jour est le seul moyen de ménager notre patience, et ce que nous considérions comme inatteignables peut le devenir,  comme un cadeau tombé du ciel.

La rareté des évènements fait leur extrême valeur, c’est donc dans ce contexte que notre voyage à Londres prévu de longue date put enfin voir le jour.

Certes je n’avais pas à me soucier de grand-chose, l’intendance ayant été idéalement assurée par ma famille, il ne me restait qu’une mission, celle de préserver ma forme aussi fragile soit-elle, pour que le séjour ne soit pas un fiasco.  Pourtant les semaines qui précédèrent le jour j ne furent pas des plus tranquilles. Comme je les déjà dis, je n’avais de cesse de cultiver ma force mentale pour être le mieux armé possible face aux agressions. Je connaissais mes faiblesses, j’étais un colosse au pied d’argile. Je maitrisais mes douleurs depuis longtemps déjà, et il n’y avait aucune raison pour que cela ne change, et de ce côté-là j’étais rassuré. Ce que je redoutais davantage c’était les malaises que je subissais brutalement et à tout bout de champ, chez moi, dans la rue, chez des amis. A l’apparition des symptômes je ne paniquais pas car je me trouvais dans un environnement familier.  Lorsque le pic de la crise était passé je demeurais dans un état d’épuisement incompatible avec l’exercice physique. Mes ennuis intestinaux liés avec la prise massive de médicaments n’étaient pas non plus le moindre des problèmes à surmonter. Ma crainte suprême était que l’un de ces éléments fasse obstacle à un séjour réussi, aussi la nuit avant le départ fut encore plus agitée que d’habitude.

Lorsque l’heure de se lever fut sonnée, je sentis comme une sorte de chaine se briser en moi, libérant par la même toutes mes appréhensions, je fis immédiatement confiance au destin, sans me torturer davantage l’esprit.

Lorsque quelques temps plus tôt j’avais voulu faire part de mon immense enthousiasme à une relation, cette même personne avait mis un frein immédiat à mon ardeur joyeuse en me répondant qu’elle avait déjà fait le voyage plusieurs fois , comme pour me signifier qu’il n’y avait vraiment pas de quoi se comporter comme un gamin le matin de Noël.   

Cette réaction m’avait autant surpris que vexé, mais avec du recul j’étais content d’être à ma place plutôt qu’à la sienne. Je me sentais en effet encore capable de m’extasier pour des faits aussi courants soient-ils, à l’inverse de ces gens beaucoup trop gâtés à mon gout, qui eux sont blasés de tout, demeurant par la même dans une insatisfaction permanente.       

Lorsque je montai dans le train, une autre sensation vînt me parcourir l’esprit, le tableau noir sur lequel était inscrit à la craie tous nos projets avortés, toutes nos souffrances, toutes nos humiliations, tous nos ressentiments, nos privations en tous genres, bref toutes ces choses qui nous paraissaient tellement imméritées s’effacèrent d’un coup.

Du début jusqu’à la fin du séjour, je fus comme une sorte d’ermite qui  découvrais ou redécouvrais le monde, ce qui par conséquent  dans mon esprit, ne laissait de la place à personne d’autre qu’à ces instants privilégiés de la vie.

La maladie n’existait plus, la fragilité de mes membres inférieurs au réveil, le manque d’équilibre et parfois même les étourdissements, ma faiblesse chronique et mes essoufflements tout aussi récurrents, rien de tout ça ne transparaissait.

Pourtant tous ces symptômes étaient bien réels, mais mon esprit stimulé en permanence, était capable de laisser tous mes vilains maux planqués au fond d’un tiroir, puisant pour cela dans des coins inexplorés de mon cerveau une énergie nettement supérieure à celle que je connaissais jusqu’alors. Certes le soir quand je rentrais à l’appartement après une longue journée de marche et de piétinement, mon corps n’en pouvait plus, mais la fatigue que je ressentais était saine. Il (mon corps)  se manifestait fermement à l’encontre des efforts physiques réalisés durant la journée, et il y avait belle lurette que je n’avais pas senti cette perception bien différente de mes lassitudes habituelles.     

Les pires moments nous donnent l’impression de durer longtemps, à l’inverse les bons moments passent bien trop vite. Je revins donc mes bagages remplis de souvenirs et de nostalgie, pas pressé de plonger de nouveau dans l’univers de la maladie.

A peine rentré, je devais songer à mes prochains rendez-vous ORL, scanner, et bien d’autres choses encore, le charme qui avait opéré ces quelques jours s’évapora spontanément, et cette énergie supplémentaire apparut comme un coup de baguette magique, disparut comme si elle n’avait été qu’un mirage.



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