L’orage

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Mes chers parents, lorsque vous apprîtes ma conception, j’imagine l’immense bonheur que fut le vôtre. Maman très malade tu n’hésitas pas à risquer ta vie, pour mener à terme ta grossesse, et ton entêtement fut enfin récompensé lorsque ma frimousse tant attendue pointa en ce mois d’avril 1954 le bout de son nez. Mais parfois pour certains le soleil brille trop fort, la chaleur orageuse ne tarde pas alors à  étouffer leurs maisons, avant que le déluge ne vienne inévitablement détruire ce bonheur qui était trop parfait. Six ans et quelques mois plus tard donc tu nous quittas en ayant pourtant jamais perdu l’espoir de m’accompagner pendant de longues années en ce monde. Papa inconsolable alla te rejoindre quelques temps plus tard.  

Maman et papa la vie fut très dure et sans concession après votre départ, cependant à force de persévérance je pus voir apparaître une éclaircie, puis de nouveau le soleil, mais  l’injustice est parfois tenace aussi l’orage ne tarda pas à gronder de nouveau sur ma vie.

S’il existe un au-delà vous n’êtes pas sans savoir que le cancer est une maladie dont les conséquences sont physiquement autant que moralement particulièrement douloureuses, et particulièrement destructrices.

L’opération chirurgicale est un acte particulièrement agressif pour notre organisme, les thérapies sont des actes particulièrement agressifs pour notre organisme.

Pour tenter d’aller mieux, il faut donc accepter les tortures en tous genres, sans certitude du résultat, il faut accepter d’être un pantin entre les mains de la médecine, mais aussi et surtout accepter d’être prisonnier d’un dangereux destin.

Au fil du temps à force de ‘’mauvais traitements’’  notre corps se transforme dans le vilain sens du terme, vieillissement, flétrissement, recroquevillement, déformation, et bien d’autres choses encore.

Il faut s’armer de courage pour supporter notre propre image se reflétant dans un miroir, combattre les complexes qui nous taraudent l’esprit est un combat qui n’est pas facile à mener.  

A côté de tout ça, rares sont les moments de douceur, et lorsqu’ils sont à notre portée, il ne faut pas hésiter une seule seconde à en profiter.

Ainsi donc en ce mois d’avril 2017 je continuais à bénéficier de massages d’assouplissements musculaires, et même s’il fallait désorganiser une partie de mon emploi du temps pour me rendre à n’importe-quelle heure de la journée chez la kiné, lorsque j’étais de retour d’une séance,  mes muscles malmenés par des interventions médicales en tous genres émettaient un signal positif que mon cerveau me transmettait en m’offrant par la même de vivre un bon moment de bien-être.

Les prises de sang étant de moins en moins fréquentes, ce 5 mai l’infirmière n’eut pas de mal à trouver une veine afin d’y prélever les échantillons dont elle avait besoin pour le laboratoire. Je n’étais pas préoccupé par les résultats car je n’en étais pas loin de là à mon premier coup d’essai. Pourtant le soir notre quiétude fut mise à l’épreuve lorsque nous vîmes que l’insuffisance rénale dont je souffrais depuis que l’on m’avait enlevé le rein gauche s’était aggravée, de plus le taux d’urée sanguine clignotait lui aussi au rouge. Sans surprise mon généraliste envoya un coup de fil pour me prescrire une nouvelle analyse à faire un mois plus tard.     

Quatre jours plus tard nous avions rendez-vous à Nantes pour une visite intermédiaire entre deux examens. L’été n’était pas encore là, mais la chaleur qui réchauffait la terre, ressemblait à celles de juillet ou d’aout.  

Après avoir été engloutis par les bouchons récurrents de la porte du vignoble, nous pûmes nous rendre à l’heure aux CAC de l’espoir. Formalités administratives accomplies nous filâmes au second étage pour rejoindre le service des consultations.

Nous avions à peine eu le temps d’assouvir un besoin naturel, que nous fûmes invités à rejoindre les places assises du couloir réservées au prochain patient et à son accompagnant.

J’étais à train de fixer le mur blanc qui me faisait face, lorsque la porte du cabinet s’ouvrit, et l’oncologue nous accueillit comme si nous nous étions vus la veille.

J’avais prévu de lui dire que tout allait bien, car cela me semblait le cas, mais ces résultats de prise de sang tendaient à vouloir me prouver le contraire. Lorsque je lui en fis part, je m’attendais à ce qu’il ‘’saute de sa chaise’’, mais il n’en fut rien. Sans doute avait-il vu des résultats beaucoup plus catastrophiques, il me parla donc de déshydratation et donc aussi de la nécessité de boire davantage, sans rien rajouter de plus.

Sans plus nous attarder nous passâmes à autres choses, ce qui nous amena à programmer le prochain scanner au 30 juin.

Souvent il nous arrivait d’être frustré des explications fournis par les médecins, et cette fois c’était encore le cas. Nous nous rassurâmes en nous persuadant que cet homme de métier ne nous libérait pas à la légère.  



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