Métaphores navales ou le danger d’un naufrage

tempête

Cancer, carcinome, gliome, lymphome, mélanome, tumeur maligne, squirrhe, leucémie, sarcome, glioblastome, cette liste n’est pas exhaustive, il y a en effet un bon nombre de termes employés par les médecins, pour nous annoncer la terrible tempête, celle qui est capable de projeter notre bateau contre les récifs, avec la menace suprême de périr dans les effrayants abysses de l’océan.       

Nous nous sentions insubmersibles, et voilà que tout à coup la réalité des faits vient nous prouver que nous avions tort. Jusque-là nous naviguions sur une mer bleu turquoise, entourés de plaisanciers qui profitaient autant que nous du ciel azur. Bien sûr il y avait parfois un peu de  houle et de ciel gris, mais rien qui puisse nous faire prendre conscience des redoutables et réels dangers de la navigation.  

Pourtant voilà que notre navire s’égare dans une nuit sans fin, au milieu des vagues déchainées, sans que personne autour de nous ne soit en mesure efficacement de nous venir en aide.

Ne pas passer par-dessus bord, est le maître mot qui devrait instantanément nous traverser l’esprit, mais si le cas échéant nous devons être vaincus par une vague trop puissante, rappelons-nous que nos familles peuvent malgré tout nous tendre la perche, ou  nous envoyer de temps à autres une bouée de sauvetage, tandis que mes médecins tenteront de nous construire un radeau pour nous épargner provisoirement d’une hypothétique noyade.

Leurs aides sont et seront limités, aussi nous devons combattre par nous-même et tenter de réaliser l’exploit. Si ce mot existe dans le dictionnaire, cela veut dire que certains malades ont pu y parvenir, et donc pourquoi pas nous ?

Le meilleur que nous puissions faire donc pour relever le défi, c’est d’être en mesure de tenir de nouveau la barre de  notre bateau. Nous avons acquis de l’expérience et nous savons nous y prendre à présent pour ne pas être ‘’ désarçonnés’’ aussi facilement que nous l’avions été quelques temps auparavant.

La tempête engloutit plus facilement les bateaux en déshérence, il faut par conséquent choisir un cap et s’y tenir. Choisir un cap c’est par exemple décider de ne pas se désocialiser, choisir un cap c’est par exemple s’informer, être acteur de l’épreuve que nous traversons et non pas simplement en être la victime, choisir un cap c’est d’accepter les milieux de contraintes qui vont faire que notre vie sera régulièrement empoisonnée par la maladie et ses traitements, choisir un cap c’est aussi s’aider de notre boussole, c’est-à-dire de notre précieuse lucidité, le seul moyen que nous ayons pour ne pas être en perdition, auquel cas la panique dominera nos pensées, vous fermant ainsi la porte à tout raisonnement. 

Poursuivre le but que nous nous sommes fixé n’aura rien d’une croisière, nous aurons des choix difficiles à faire, nous commettrons probablement des erreurs de stratégies, dont il faudra tenir compte avant de pouvoir nous corriger.

Nous ne sommes pas des héros, les faiblesses et les peurs nous assaillent et nous assaillirons, mais la fuite est illusoire, il faut trouver l’énergie pour faire face aux difficultés lorsqu’il est nécessaire, et ne pas hésiter à contourner ces mêmes difficultés quand cela s’avérera également nécessaire.

‘’ L’art’’ de diriger son bateau commence d’abord par une période d’observation, apprendre des médecins, apprendre de son corps et de son esprit autrement dit apprendre à se connaître soi-même, ne jamais dédaigner les conseils  ni les opinions des autres, ne pas nous perdre en futilités qui ne nous ferons pas avancer. Les risques encourus et les opportunités à saisir font partie des stratégies du combat. A force de persévérance nous éviterons peut-être le naufrage pour apercevoir un jour enfin la lumière tant attendue du phare qui nous fera rentrer au port.  

 

Petites graines de philosophie 18 juillet 2017

 

« Une rengaine c’est un air qui commence par vous entrer dans une oreille et qui finit par vous sortir par les yeux. » Cette phrase célèbre de notre regretté Raymond Devos, je pouvais non pas l’appliquer à une chanson, mais à la prise de mes rendez-vous réguliers chez le généraliste à laquelle je ne pouvais me soustraire, quelques fut mon degré d’humeur du moment.  

En ce 22 mai il était donc temps pour moi de penser à mon ‘’contrôle technique’’. Trois mois s’étaient écoulés depuis notre dernière rencontre, et je n’avais donc pas vu le docteur C depuis ma dernière prise de sang. J’espérais qu’il m’apportât un peu plus de précisions concernant les dérapages constatés sur les résultats, que celles un peu trop laconiques de mon oncologue quelques jours auparavant.  

La salle d’attente était vide, en régulant drastiquement le flot de ses patients, les secrétaires médicales savaient préserver leur patron, depuis qu’il avait été gravement malade.

Ce fut un interlocuteur jovial et débordant d’énergie auquel nous eûmes à faire.

« Comment allez-vous ? »

Je ne pouvais que réitérer la réponse reçue par R lors de ma visite au CAC de l’espoir, à savoir que j’allais plutôt bien. Malgré tout, je pensais inlassablement à cette créatinine, et à cette urée sanguine, toutes les deux anormalement élevées, résultats décevants  donc et tendant par la même à prouver le contraire de ce que je venais de dire.

J’avais suivi son conseil de maigrir un peu, et de ce côté-là j’étais fier de moi. Ayant repris après pas mal d’efforts physiques mes activités de marche, mon poids affichait trois kilos en moins, un résultat non négligeable compte-tenu de mes essoufflements un peu trop envahissants mais aussi de mes douleurs de la hanche qu’il fallait à tout prix adoucir avant qu’elles ne deviennent trop problématiques.

Il m’invita à monter sur la table pour une auscultation complète à laquelle il ne se dérobait jamais, et comme tout était normal nous regagnâmes son bureau pour confirmer le renouvellement de mon ordonnance.

Restait en suspens la question cruciale !

 



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