Rodrigue as-tu du coeur ?

 

 

coeur

Mon cœur n’était plus le mauvaise élève de la classe, et il y avait à cela une raison essentielle, l’Amiodarone prescrit par le docteur R en juillet de l’année 2014, le maintenait fermement en laisse. Les crises d’arythmie n’étaient plus qu’un mauvais souvenir, mais il y avait aussi  bien dans ce domaine que dans d’autres, un prix à payer, qui n’était pas sans conséquence sur ma vie de tous les jours. Parmi les effets secondaires les plus fréquents, j’avais hérité d’une réaction cutanée exagérée au soleil, autrement dit la moindre exposition non protégée entrainait des brûlures qui pouvaient être extrêmes. J’en avais fait plusieurs fois la douloureuse expérience en ayant eu la négligence de badigeonner telle ou telle partie de mon corps. Parmi ceux très rarement fréquents, j’avais hérité de rougeurs tenaces du visage qui me refilaient des complexes quasiment impossibles à me débarrasser. Parmi ceux dont la fréquence était indéterminée, j’avais hérité d’un angio-œdème du cou appelé communément cou de taureau, qui rajoutait aux complexes, d’autres complexes tout aussi difficiles à assumer.

Suite à des essoufflements exagérées et durables, j’avais été amené à consulter le docteur L en février de l’année 2017, pour effectuer un électrocardiogramme qui n’avait rien révélé de suspect. Le cardiologue avait ordonné un enregistrement de sommeil qui s’était soldé par la pose d’un appareil respiratoire la nuit. Enfin il avait également programmé une échographie cardiaque pour plus de sûreté.

En ce lundi 10 juillet il faisait beau mais sans chaleur excessive, nous avions rendez-vous en début d’après-midi, et à l’heure que nous arrivions, l’immense parking était quasiment plein. Il fallut tournoyer quelques minutes avant de pouvoir garer notre voiture.

La salle d’attente était occupée par deux personnes, nous étions à l’heure ce qui préconisait un retard dans les consultations que nous avions l’habitude de gérer.

Encore une fois j’avais oublié d’apporter des mots fléchés, je me consolais donc en feuilletant des magazines tout autant périmés que sévèrement froissés, étalés sur la petite table centrale prévue à cet effet.

Une dame en fauteuil roulant arriva accompagné de son mari, elle fut la nouvelle patiente appelée par le médecin. Un septuagénaire au cheveu blanc vint rejoindre les personnes encore présentes.

La patience à ses limites, mais nous avions appris au fil des ans à nous modérer, et cette fois d’autant plus facilement, que l’un des malades assis à ma gauche était des plus expansifs. Il  alimentait de manière permanente une conversation qui n’avait rien d’habituelle en ce lieu aussi particulier.

Lorsque nous fûmes appelés, il y avait bien une bonne heure et demie que nous attendions notre tour. Le praticien s’excusa pour le retard, et je lui rétorquai par politesse que nous n’avions rien d’autre à faire de la journée.

Il invita Chantal à se rendre à son bureau, et nous nous restâmes dans la partie de la pièce protégée par un paravent, de manière à préserver l’écran de lecture d’une trop forte luminosité, afin de mieux distinguer les images produites.

Je m’allongeai sur la table, me tournai suivant ses ordres sur le côté gauche, tout en passant mon bras droit derrière la tête, il me passa du gel conducteur des ultra-sons à l’emplacement adéquat de mon corps, puis plaça la sonde au même endroit, avant de se concentrer sur son travail.

De temps en temps il déplaçait la sonde, tapotait sur son clavier, mais le silence prédominait à l’exception de quelques bipbips de l’appareil, produits par périodes alternées.

Je trouvai le temps long, car ma position était des plus inconfortables, et mon bras commençait à tétaniser, aussi la délivrance fut salutaire.

Une fois rhabillé je rejoignis, tandis que le docteur L resta  devant la machine, afin de rédiger son rapport. A ce stade de la consultation je ne savais rien du sort qui m’était réservé, il fallut donc me contenter d’espérer.

Le calme qui régnait dans la pièce n’était pas synonyme de tranquillité, sans en savoir la vrai raison, je commençais à m’inquiéter. J’interprétais négativement le mutisme du médecin, en me retrouvant  dans la même situation de stress que lors de l’attente d’un résultat de scanner.

 

 

 

 

 



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