Le manège

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Notre emploi du temps était truffé de dates de rendez-vous chez un médecin, elles se succédaient tout à tour, de manière autant irrégulières que répétées.

Justement trois jours après notre escapade à Nantes, l’ORL était au programme de ce lundi 28 aout. Nos visites étaient désormais bimensuelles, et je n’avais pas intérêt à me dérober dans la mesure où elles permettaient une surveillance permanente de mes tympans irrémédiablement perforés.

Nous en étions à notre 4ème rencontre avec le docteur J qui jusqu’à présent nous glaçait le sang. Après une bonne heure d’attente dans une salle surchargée, nous fûmes appelés par un praticien pour une fois souriant et apparemment reposé après trois semaines de congés. 

Il appliqua la procédure habituelle, en vérifiant que je n’avais pas d’infection, puis il aspira les impuretés que mes cotons tiges n’étaient pas en mesure d’éliminer.

Il me rappela d’utiliser régulièrement des dosettes d’Ofloxacine le seul antibiotique qui puisse réellement limiter la casse.

A force d’observation je savais exactement quand y avoir recours, particulièrement lorsque mes écoulements devenaient abondants et malodorants, je hochai néanmoins la tête en signe d’approbation.   

Tous les matins au moment de ma toilette, j’appliquais contentieusement sur la zone douloureuse de mon pied, la pommade en gel, le  Diclofénac que mon oncologue m’avait prescrit quelques jours plus tôt, et j’avais l’impression d’une nette amélioration.     

Le jeudi 7 septembre se fut au tour de l’audioprothésiste de me recevoir, cette visite était prévue à l’origine uniquement pour l’entretien de mes appareils, et notamment pour le remplacement des tubes en plastiques souples reliant mes conduits auditifs aux prothèses, tubes qui avaient tendance à durcir au fil des jours.

Je fis part à mon interlocutrice de mes difficultés à entendre depuis quelques temps.

« Je vais vérifier le bon fonctionnement de vos appareils, je vous laisse quelques petites minutes ! »

L’anomalie ne venait pas du côté technique, il fallait donc contrôler si ma capacité à entendre ne s’était pas dégradée, elle me proposa de passer un audiogramme.

Je me concentrai au maximum et m’appliquai à tenter d’entendre des sons dont je me demandais parfois s’ils étaient réels, ou s’ils sortaient tout droit de mon imagination.

Le test était plutôt rassurant pas d’évolution négative depuis la dernière fois.

« Je pense que votre déficience actuelle n’est que passagère, elle doit être la conséquence d’une fatigue et donc d’un manque d’attention envers votre environnement. »

Cette fatigue que me tenaillait depuis quelques temps et qui n’était pas dû, selon mon médecin, à la nouvelle formule du Lévothyrox me causait décidément bien des soucis.

Le 19 septembre au matin l’infirmière était une énième fois fidèle au poste, afin de prélever un peu de mon sang, cette fois pour faire un bilan hormonal, prescrit par mon oncologue, dans le but de vérifier si mon manque d’énergie pouvait avoir comme origine une anomalie quelconque de ce côté-là.

Quelques jours plus tard, internet nous délivra des résultats qui laissaient apparaître T.S.H à 0,18 mUI/L au lieu des 0,27 à 4,20 préconisés, ce qui me faisait passer d’une importante hypothyroïdie à une légère hyperthyroïdie. Hormonologie sanguine ne révélait rien d’anormal puisque ma testostérone était de 6,57 ng/ml pour des valeurs intermédiaires variant de 1,93 à 7,40.

Ma fatigue restait un mystère entier, le monde ne s’arrêtait d’ailleurs pas de tourner pour autant, il fallait donc suivre le manège, en espérant des jours meilleurs.



Les mystères de mon corps

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Le 25 aout notre véhicule nous emmenait à Nantes pour une visite intermédiaire entre deux examens. Les parkings du CAC de l’espoir étaient un peu moins encombrés que de coutume, la période estivale n’étant pas encore achevée.

Nous eûmes juste le temps de prendre notre ticket d’ordre d’arrivée, que le panneau indicateur afficha notre numéro.

La salle d’attente était déserte, nous fûmes conviés à rejoindre rapidement le couloir n° 7, les deux chaises adossées au mur du cabinet de mon oncologue étaient libres.

Ces visites de routines ne m’occasionnaient pas de stress particulier, c’est donc en toute décontraction que je pénétrai dans le bureau du docteur R.

Je n’avais pas de douleurs, pas de signes avant-coureurs susceptibles de m’alerter de je ne sais quoi, mais je demeurais privé de toute énergie, et j’avais bien l’intention de lui en faire part.

Ma prise de sang n’était pas cent pour cent parfaite, loin s’en fallait, le praticien ne découvrit cependant pas à la lecture des résultats, une cause potentielle de cette asthénie persistante.

Lorsque nous évoquâmes les problèmes très médiatisés liés à la consommation du Lévothyrox, il resta tout simplement silencieux.

Je ne comprenais vraiment pas pourquoi les médecins ne réagissaient pas davantage à ces taux complètement loufoques de ma TSH, sachant que je n’avais rien changé à mon traitement.

Il m’invita à me déshabiller pour rejoindre la table d’examen, où il commença à m’occulter méticuleusement.

« Je ne vois rien d’anormal, vous être en train de me poser une colle ! »

Chantal qui n’avait rien perdu de la conversation, l’informa de mes prises régulières d’une tension particulièrement basse depuis quelques temps.

Ma dernière visite chez le généraliste s’était soldée par une augmentation du dosage du  Rilménidine en raison des 18/7 inquiétant que le praticien avait enregistré lors de l’examen. Dès le lendemain nous avions appliqué la modification du traitement, mais très rapidement nous avions également décidé de  revenir à la posologie d’origine, car la pression artérielle était redescendue en dessous même de son seuil habituel, et le phénomène perdurait, c’était ce que Chantal venait de faire remarquer au médecin.

L’oncologue fut légèrement embarrassé car son tensiomètre avait une fuite, et il n’avait pas été pour le moment remplacé.

« Je vais essayer de la prendre quand même en mettant mon doigt pour boucher le minuscule petit trou. »

Cette fois l’appareil affichait 16/7 discréditant les propos avancés par Chantal.

Je n’y comprenais plus rien. Devenais-je subitement nerveux face à un médecin, alors que durant toutes ces années, j’en avais vu des vertes et des pas mûres ? Était-ce une défectuosité de mon appareil qui était à l’origine de ces contradictions, patients pratiquants ?  Avais-je bien fait de modifier la posologie du Rilménidine sans avis médical ? Autant de questions que demeuraient pour l’heure sans réponse.

Je profitai de ma position allongé pour lui montrer ma veine gonflée et douloureuse à l’arrière de mon pied droit. Il en vint à la même conclusion que le docteur C et me proposa d’appliquer un gel anti-inflammatoire.

Dans bien des domaines les réactions de mon organisme étaient imprévisibles, désarçonnant autant le corps médical que moi-même. Je décidai dans ma tête de ne pas m’en soucier et de continuer mon petit bonhomme de chemin sans rien changer.  

« Bon je suis vraiment très embarrassé, car je ne trouve rien qui puisse expliquer votre fatigue. Je vais vous prescrire une hormonologie sanguine, peut-être trouverons nous en fonction des résultats la clé du mystère ! »

Compte-tenu de la situation, je craignais qu’il ne programme un scanner deux mois plus tôt que prévus, mais il n’en fut rien.

« Bon nous nous reverrons le 20 octobre si la date vous conviens ! »

La date nous convenais, nous partîmes donc avec les prescriptions habituelles, le gel antiinflammatoire en prime, sans réponse à nos questions, mais ce n’était pas tout à fait la faute des médecins, car comme je l’ai dit précédemment, mon corps était bourré d’énigmes tordues, il n’était donc pas facile à soigner.  

 



Déferlement et ressac

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De décembre 2004 à octobre 2017 j’ai été confronté à pas mal de difficultés d’ordre physique et psychologique, certaines beaucoup plus surmontables que d’autres, mais en définitive j’ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeux. J’ai appris très vite que les traitements sans la volonté n’étaient qu’un coup d’épée dans l’eau, car l’un ne peut être dissocié de l’autre.

J’ai appris aussi que la maladie est comme le déferlement des vagues et le ressac qui viennent petit à petit éroder la côte. Je suis fatigué, usé vieux avant l’âge, mes relents d’énergie sont de plus en plus rares, non pas parce que  ma détermination est moindre, mais tout simplement parce que mon corps est désormais comme une mule qui refuse d’avancer.

Sans l’avoir demandé, comme durant tout le reste de mon parcours d’ailleurs, je suis conscient que je vais débuter une nouvelle étape de ma vie à laquelle il faudra m’adapter sans me complaire dans le rôle de victime, qui ne ferait qu’aggraver ma qualité de vie déjà largement compromise.

Le lundi 21 aout j’avais rendez-vous chez mon généraliste pour mon ‘’contrôle technique’’ des trois mois. J’avais deux choses à lui signaler, d’abord la présence d’une rougeur à l’arrière de mon pied droit, à l’endroit même où une veine saillante m’infligeait une douleur supportable certes mais complètement anormale, ensuite cette extrême fatigue qui était venue de je ne sais où, mais qui avait bien l’intention de s’implanter durablement, sans mon consentement.  

Comme à chaque visite le praticien m’invita à m’installer sur la table d’examen, puis il débuta son osculation suivant le protocole. Ma tension était anormalement élevée, il me laissa me reposer un petit moment pour la prendre une seconde fois, mais le résultat ne le satisfaisait guère. J’étais moi-même assez surpris de ces 18/7 totalement inhabituels depuis que je prenais un antihypertenseur qui avait rempli parfaitement son rôle jusqu’alors. Je n’étais pas spécialement impressionné par le médecin car j’avais eu maintes et maintes fois l’occasion de me retrouver dans cette situation depuis 2004 et parfois dans des conditions autrement plus dramatiques, il ne s’agissait donc pas d’une tension nerveuse, ou alors !…

Nous étions confrontés à une énigme qui n’était pas la première depuis que le crabe me tenait fermentent prisonnier entre ses pinces acérées. Il décida d’augmenter la posologie de Rilménidine, en attendant de voir la suite.

Il n’était pas inquiet pour mon pied, il diagnostiquait une thrombose veineuse superficielle et pour y remédier il allait me prescrire un gel antiinflammatoire à appliquer sur la zone douloureuse.

Pour ce qui était de mon état d’asthénie, il ne trouvait pas d’explication immédiate. Lorsque j’évoquai la responsabilité du Lévothyrox, il me répliqua qu’il ne fallait pas écouter les médias qui avaient trop l’habitude de monter en épingle les choses les plus banales. La conversation était  close, je demeurais avec  mon harassement sans en connaître la raison.   

Nous sortîmes de son cabinet avec une ordonnance mentionnant les médicaments habituels mais sans la prescription du gel anti-inflammatoire que le praticien m’avait promis.

Le lendemain de cette visite je subissais une nouvelle prise de sang qui précédait mon rendez-vous chez l’oncologue trois jours plus tard.

Le taux de créatinine qui était de 16,9 mg/l avait légèrement augmenté mais je restais dans des normes raisonnables compte-tenu des faits. Il y avait bien de ci de là  des résultats dans le rouge mais j’avais l’habitude d’attendre l’avis des médecins avant de m’affoler.

La bonne surprise venait du taux de TSH qui était passé de 32,52 mUI/l à 2,54 ce qui faisait qu’il était rentré dans le rang. L’adaptation de la posologie face à ce dérèglement tout à fait déroutant semblait vouloir donner ses fruits. Je n’étais pas moins fatigué pour autant, mais j’espérais qu’avec le temps les choses finiraient pas se résoudre.

  



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