La force de l’espérance

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« Je passe pour un écrivain catholique ! Je suis catholique, j’espère mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine. Vous dire que je crois en Dieu ! Vous voulez que je vous rapporte la vérité ! Je n’en sais rien ! Et ce n’est pas que je sois traversé par le doute !

Vous savez les grands personnages comme Mère Theresa par exemple, ont été dévorés par le doute, les grands Saints sont dévorés par le doute.

Moi ce n’est pas le cas ! Je ne sais pas ! Comment voulez-vous  que je sache !

C’est d’ailleurs frappant que les gens qui sont sûrs, on les appelle des croyants ! Ce sont des gens qui croient. Si vous croyez que votre train  part à 13h 45, vous avez des chances de le rater ! Il faut savoir, un point c’est tout !

Il faut savoir, et je ne peux savoir, donc tout ce que je peux faire, c’est de remplacer la foi par l’espérance. C’est vrai que cette espérance est forte ! Parce que si le monde est absurde, s’il ne rime à rien, si se sont toujours les mêmes qui souffrent, que ceux qui ont donné leur vie pour les autres ne sont pas plus récompensés que ceux qui n’ont rien fait du tout, alors vraiment c’est à désespérer de tout, aussi j’espère beaucoup qu’il y a quelques choses ! »

 

Jean d’Ormesson (1925 – 2017)

 

Dans ce monde dit moderne où rien n’est plus important que le matériel, il faut un électrochoc, pour que notre esprit devenu un peu trop cartésien, se pose enfin les véritables questions sur le sens de la vie.  

Lorsque la mort rode à deux pas de nous, la peur prend les commandes de nos pensées, il faut un sacré travail sur soi pour arriver à dompter ‘’la bête’’, afin de reprendre ensuite possession de ce qu’elle nous a volés. 

Lorsque nous avons atteint notre objectif, notre équilibre reste fragile, cependant nous avons acquis une capacité différente à raisonner, capacité qui n’aurait peut-être pas vu le jour si le malheur ne nous avait pas frappés.

Le cancer nous entraîne au pire vers la mort, en revanche l’issue peut aussi nous êtes favorable, la guérison est susceptible en effet de se produire. Mais nous pouvons tout aussi bien naviguer entre ces deux extrêmes, nous sommes alors comme un funambule qui évolue dangereusement sur son fil. Pas question dans ce cas de forger des projets à long terme, pas question non plus de s’embarrasser de choses sans importance, l’instant présent est primordial. Il faut savoir le vivre intensément, en laissant notre avenir entre les mains du destin.

Je fais partie de cette catégorie de malade qui doit composer avec le malin. La cohabitation est loin d’être facile, elle me rappelle tous les jours à quel point la vie peut être fragile, et à quel point l’ennemi peut être redoutable. Je sais pour l’avoir expérimenté depuis plus de 13 ans qu’à quelque chose, malheur est bon.

Il est impressionnant de constater combien le carcinome rénal a pu chambouler mon existence. Le plus significatif de ces changements fut sans conteste ma propension à me détacher de tous ce qui était d’ordre matériel. Une trop belle apparence physique, une magnifique voiture, un beau séjour à l’étranger, tout ça je le laisse à ceux qui pensent que le bonheur passe immanquablement par ces objectifs.  

Pour sûr je suis bien entouré et suffisamment épaulé, mais l’aide extérieure à ses limites, aussi certaines situations plus ou moins compliquées ne me donnent pas d’autres choix que de me retrouver seul face à moi-même. Dans ce cas de figure, la puissance d’action reste mon principal allié, mais lorsque cette force de volonté chancelle, je me retourne alors vers ‘’d’autres cieux’’, pour y  puiser ma vitalité dans une certaine forme de spiritualisme qui devient alors mon unique soutien.

Je n’ai pas la foi, la foi n’est pas quelque chose qui s’acquière, comme c’est le cas pour la lecture, l’écriture ou bien d’autres choses encore. Soit on l’a, soit on ne l’a pas. Avoir la foi c’est être intimement convaincu qu’après les vicissitudes de l’existence, un monde meilleur s’offrira à nous.

Pour ma part je partage plutôt l’avis de monsieur d’Ormesson. Je ne sais pas ! Ce que je sais en revanche c’est que d’être confronté à des conditions extrêmes, peuvent parfois tarir toute mon énergie combative, au risque de me conduire à l’anéantissement. La seule chose qu’il me reste alors pour me maintenir à flot, c’est d’espérer avec force.       

 



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