Ne pas risquer de déraper

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Le doute est une maladie qui gangrène le corps autant que le cancer lui-même. Le doute engendre la peur, et avoir peur c’est comme prendre le volant lorsqu’il y a du verglas, on risque de ne plus être maître de son véhicule.

Le malade à pourtant nécessairement besoin de dominer ses émotions, car dans le cas contraire la partie risque d’être difficile à gagner.

Entre le 2 octobre et le 7 octobre je n’avais pas décroché des prises de sang et des piqures. De plus j’étais profondément contrarié de ne plus pouvoir reprendre la marche comme avant, et c’était contraire à mes principes, car je savais pertinemment qu’il ne fallait jamais regarder en arrière, mais au contraire s’adapter à la situation du moment.

Pourtant je ne trouvais pas l’efficacité nécessaire pour inverser la vapeur. Ce n’était pas que mon moral était en berne, j’étais même assez loin de ce scénario catastrophe, non !  C’était plutôt que j’avais besoin d’une pause, avant de reprendre ma course, et dans ma tête je savais pertinemment que cette pause n’était pas pour demain.

Pour cause ma troisième rencontre avec l’angiologue eut lieu comme prévu le 7 octobre. La praticienne n’avait pas l’habitude de consulter le samedi, mais comme j’étais un cas particulier, elle n’avait pas hésité à caler son entrevue ce jour-là.

Cette fois apparaissait une petite lueur d’espoir, le traitement avait fait son effet et l’amélioration tant attendue était enfin au rendez-vous. Il ne fallait cependant pas se réjouir trop vite, car il n’était pas exclu que mes piqures soient prolongées au-delà des trois mois.

Elle me rappela que je devais impérativement marcher. Ma mémoire n’était pas défaillante, je n’étais pas sans ignorer qu’il n’y aurait point de salut, sans une activité physique régulière.

Autant au début de ma lutte contre le carcinome rénal,  les longues promenades en campagne avaient constitué une excellente thérapie, autant l’exercice était devenu une épreuve de force plus qu’un plaisir. Je ne m’étais pas mis à détester la marche bien au contraire, mais le malin me mettait des barres dans les roues, continuant ainsi à peaufiner son œuvre d’affaiblissement progressif de ‘’ sa proie’’.

La praticienne faisait son boulot en m’informant des choses à faire ou à ne pas faire, mais la manière dont j’allais mettre en pratique ses conseils n’étaient pas de son domaine, j’étais une fois de plus confronter à une épreuve solitaire.

Il faut toujours voir plus malheureux que soit, et cette année 2017 déjà bien avancée avait été témoin de bien des souffrances et bien des pleurs. J’étais en contact permanent avec bon nombre de malades sur des forums médicaux, et malheureusement certains d’entre eux nous avaient quittés, moi  j’étais encore là, et ça durait depuis 13 ans, alors … !

Le 20 octobre j’avais rendez-vous au CAC de l’espoir, pour une seconde visite intermédiaire entre deux scanners. Après un parcours sans problème particulier, nous abordâmes le périphérique nantais dans un autre registre.

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu autant d’embouteillages, les minutes s’égrainaient à la montre, et nous savions d’ores et déjà que nous n’arriverions pas à l’heure. Chantal profita d’un long moment d’immobilisation pour prévenir la secrétaire du docteur R de notre retard.

Comme je l’ai évoqué maintes et maintes fois tout au long de mon témoignage, une visite intermédiaire n’est pas stressante, de plus en dehors de mes nombreux petites ennuis de santé qui n’étaient pas de son ressort, je n’avais pas grand-chose à signaler à l’oncologue, sinon que ma fatigue n’avait pas disparu, et que mon généraliste me recommandait à lui pour trouver peut-être une solution.

Le temps des démarches administratives, puis de notre passage dans l’ascenseur, nous arrivâmes enfin à destination. N nous accueillit avec dans ses mots un petit brin d’ironie, et nous proposa de patienter dans le couloir.

La porte de l’oncologue s’ouvrit peu de temps après, et celui-ci nous invita à prendre la place du patient précédent.    

« Alors ! Comment allez-vous ? »

Depuis notre première rencontre  combien avait-il répétée cette question brève avec son petit sourire de compassion? Sans aucun doute plus d’une centaine de fois !

« Ça ne va pas si mal que cela compte-tenu de tous mes antécédents médicaux, mais je manque sérieusement d’énergie combative, j’aimerais bien me lever le matin un peu plus en forme ! »

Le généraliste avait souhaité me confier au CAC de l’espoir pour améliorer mes conditions de malade, car l’endocrinologie était une spécialité qui dépassait ses compétences, et un dérèglement hormonal pouvait bien être la cause de cette fatigue récurrente. Malheureusement le centre ne possédait pas de service traitant ce genre de problème, le docteur R me renvoya donc vers la case départ.

Il s’étonna d’abord que je ne sois suivi régulièrement depuis l’ablation de mes surrénales. J’avais eu à faire à l’époque de mon opération à une certaine madame L, qui m’avait prescrit à ma sortie de clinique une échographie de la thyroïde, et une prise de sang complète, mais cette dame ne s’était jamais manifestée à la suite des résultats. Nous en avions conclu à ce moment-là qu’elle n’avait rien à nous signaler de particulier, laissant le soin à mon généraliste de suivre l’affaire.

L’oncologue tapota sur son écran et nous confirma qu’il n’avait jamais reçu de rapport médical de la part de cette praticienne.

Il nous proposa de prendre lui-même via sa secrétaire un rendez-vous chez un endocrinologue de notre lieu d’habitation, son travail s’arrêtait là. En attentant il nous transmit les ordonnances habituelles, plus un bilan hormonal, et fixa la date de notre prochain rendez-vous au 12 décembre, rendez-vous qui devait être celui de mon 56ème scanner.  



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