2CV et gros bolide

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Parmi mes nombreuses contraintes médicales, il y avait celle qui consistait à contrôler périodiquement mes oreilles, pour m’éviter autant se faire que peut la surdité définitive. Ce vendredi 20 octobre fut donc une journée particulièrement chargée, car dès notre retour de la région nantaise, le déjeuner à peine avalé, nous dûmes reprendre la voiture pour nous rendre au service ORL de l’hôpital, là où nous attendait le docteur J.  

Situés à un saut de puce de l’établissement, nous ne tardâmes pas à nous installer dans une salle d’attente bondée comme à l’habitude.

Cette nouvelle rencontre confirmait le dégel qui s’était amorcé la fois précédente, mais nous étions encore loin du compte, et je n’étais pas encore tout à fait à l’aise avec le personnage.

La situation ne s’était pas améliorée, mais ça ce n’était pas un scoop, l’essentiel étant qu’elle ne s’aggrave pas davantage. J’eus droit à l’aspiration bien peu agréable, mais néanmoins nécessaire des impuretés accumulées aux abords de mes tympans endommagés, puis à l’éternelle rengaine du médecin sur son impuissance à véritablement améliorer les choses,  l’opération n’étant tout simplement pas possible, etc. …   Néanmoins je repartais les oreilles internes protégées provisoirement d’éventuelles infections, avec l’impératif de revenir dans les deux mois pour renouveler l’opération.

A tour de rôle, les infirmières ne faillaient pas  à leur devoir en me rendant visite tous les matins pour m’injecter ma piqure d’anticoagulant, et occasionnellement elles effectuaient en même temps une prise de sang conformément au protocole établi par les médecins.

Ce lundi 23 octobre une de ses fameuses prises de sang, ainsi qu’une analyse d’urine sur 24 heures étaient au programme, elles avaient pour but en effet de procéder à un bilan hormonal, prescrit quelques jours plus tôt par mon oncologue. J’appris à mon réveil que l’analyse ne pouvait pas être effectuée par le laboratoire avec lequel les infirmières travaillaient habituellement, des recherches plus pointues devant être réalisées par l’hôpital et d’autres encore, exécutées par différents laboratoires de ‘’ France et de Navarre’’.  

Le malade a besoin de stabilité, n’oublions pas qu’il est comparable à un funambule en équilibre précaire sur son fil, le moindre incident, la moindre contrariété peuvent le rendre encore un peu plus vulnérable, en ouvrant une brèche dans laquelle le malin ne manquera pas de s’engouffrer.   

Le malade a besoin d’un emploi du temps qui soit calqué sur ses capacités à le suivre. Le meilleur moyen de faire perdre l’équilibre au funambule que je suis, c’est justement de m’annoncer quelques choses qui ne soient pas prévues au programme, et en ce lundi c’était le cas.

Au fil du temps à force de combat, mon corps s’épuisait, aussi petit à petit les médecins s’étaient adaptés à mes différentes pathologies, en tentant de soulager mes souffrances, mais aussi en tentant de me faciliter l’accès au soin de manière à me préserver autant se faire que peut, de fatigues inutiles. Parmi les ‘’ faveurs’’ que l’on voulait bien m’accorder, il y avait celle qui me permettait de ne pas me déplacer au laboratoire à chaque prise de sang, et heureusement parce qu’elles étaient nombreuses. Cela me permettait donc de ne rien changer dans le déroulement de ma journée, qui compte-tenu de ma faible résistance, débutait selon un rite et un rythme à ma convenance.   

Cette fois il fallait que je change mes habitudes, car les infirmières de l’hôpital ne se déplaceraient pas pour assurer mon confort.

Le lendemain l’impératif fut  donc de se lever dans la contrainte, faire un brin de toilette rapide, s’habiller et monter dans l’auto le ventre vide, pour rallier le laboratoire du centre hospitalier. Vous ne pouvez pas demander à une 2CV d’avancer aussi vitre qu’un gros bolide, et pourtant je dus me faire violence, car je supposais que c’était pour mon bien, aussi voulais-je mettre toutes les chances de mon côté, s’agissant d’améliorer ma qualité de vie.   

Ce déplacement qui aurait été un petit détail de la journée pour une personne en bonne santé, s’était avéré pour moi une épreuve de force, et j’étais content de pouvoir retrouver mon petit déjeuner, mon fauteuil  tous mes repères, pour me remettre le plus vite de mes émotions.

Tous les efforts que je venais d’accomplir avaient pour but de présenter un dossier solide auprès de l’endocrinologue que le CAC de l’espoir avait contacté pour moi, afin qu’il tente de trouver une solution à mon état d’épuisement récurrent. J’étais loin de me douter que la partie n’était pas gagnée d’avance, d’abord parce que les résultats de différentes analyses mettraient un bon bout de temps avant de nous parvenir, et d’autre-part parce que l’endocrinologue n’allait pas nous apporter l’éclairage que nous avions souhaité. 

 



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